Les Forces aérospatiales de la Fédération de Russie (VKS) ont réceptionné, le 1er décembre, le dernier Su-30SM2 prévu pour la production en 2023. Cette livraison s’accompagne de l’envoi d’une série d’avions d’entraînement Yak-130, désormais opérationnels et prêts à intégrer le service actif de l’aviation russe. Cette information a été communiquée par des communiqués de presse diffusés par l’usine d’aéronautique d’Irkoutsk, filiale de la United Aircraft Corporation (UAC).
Après des tests approfondis, ces équipements aéronautiques ont satisfait tous les critères requis. L’usine d’Irkoutsk confirme que cette livraison marque l’achèvement des objectifs fixés pour l’année 2023. Avec ces résultats, le constructeur se prépare désormais à lancer la production pour l’année suivante.
Un communiqué officiel de l’usine d’Irkoutsk met en avant les améliorations significatives apportées au Su-30SM2. Ces évolutions concernent principalement l’avionique de l’appareil, avec une extension notable des capacités de détection et d’identification des cibles aériennes.
Par ailleurs, le Su-30SM2 bénéficie de l’intégration de nouvelles armes de haute précision, conçues pour détruire des cibles aériennes, terrestres et navales à plusieurs centaines de kilomètres de distance, renforçant ainsi son potentiel opérationnel.
Le Yak-130, développé par le bureau d’études Yakovlev, est un avion d’entraînement de combat sélectionné comme modèle principal à la fois pour la formation de base et avancée des pilotes des Forces aériennes russes. Ce vecteur moderne est conçu pour préparer les pilotes aux opérations sur avions de combat de génération 4+ et 5.
Au-delà de l’avion lui-même, le complexe de formation Yak-130 comprend un système complet de contrôle des objectifs, des classes informatiques dédiées à l’entraînement, ainsi que des simulateurs de vol et spécifiques.
Fin novembre, la UAC a également achevé plusieurs livraisons de chasseurs à la Fédération de Russie, incluant des variantes des Su-34, Su-35 et Su-57. Avec ces accomplissements, les constructeurs russes annoncent avoir atteint tous les objectifs annuels fixés pour 2023.
Des rapports récents évoquent l’utilisation d’un Su-30SM dans une opération destinée à neutraliser des drones navals ukrainiens en mer Noire. Bien que les modèles Su-30SM et Su-30SM2 forment une composante importante de l’arsenal aéronaval russe, certains experts estiment que recourir à des chasseurs pour ces missions anti-drones représente un coût financier élevé. D’après ces spécialistes, des alternatives plus économiques comme l’emploi d’hélicoptères ou de drones kamikazes pourraient accomplir ces tâches de manière plus rentable.
Le coût estimé d’une heure de vol du Su-30 pourrait atteindre entre 10 000 et 13 000 dollars, un montant considérable pour le budget russe. Même si le coût horaire d’un hélicoptère Ka-52 russe n’est pas publié officiellement, il est raisonnable de penser qu’il est nettement inférieur. De surcroît, le prix d’utilisation d’un drone d’attaque est marginal face à celui d’un Su-30, soulignant ainsi les enjeux financiers liés à ces opérations.
Le Su-30 est une évolution de la famille Sukhoi Su-27, née d’une initiative interne au sein de Sukhoi. Après plusieurs modifications, le Su-27UB biplace formant avion d’entraînement évolua en Su-27PU, un intercepteur lourd, avant d’être renommé Su-30 en 1996 par le ministère russe de la Défense.
La famille Flanker, qui regroupe le Su-27, Su-30, Su-33, Su-34 et Su-35, a donné naissance à plusieurs modèles produits à l’échelle limitée ou massive selon les besoins du ministère russe de la Défense. Les exigences divergentes liées aux exportations ont entraîné la séparation du Su-30 en deux variantes distinctes fabriquées par deux entités rivales : KnAAPO et la Corporation Irkut, toutes deux filiales du groupe aéronautique Sukhoi.
Initialement appelé SM1, le programme de modernisation des Su-30SM, équipés du radar N035 Irbis et des moteurs plus puissants AL-41F1S du Su-35S, vise avant tout à réduire les coûts opérationnels en harmonisant les caractéristiques des deux chasseurs. Ces avions seront également dotés de nouveaux armements tels que les bombes aériennes KAB-250 et le missile de croisière furtif Kh-59MK2. Le premier lot de ces appareils améliorés devait être livré fin 2020.