Alors que les images de drones transformant des chars en braseros peuvent alimenter les vidéos virales, la véritable évolution des forces blindées s’annonce bien différente de ces représentations simplistes.
Certains observateurs doutent que les progrès récents en matière de munitions à guidage de précision, de drones et d’armes anti-blindés, observés dans les conflits récents — comme au Haut-Karabakh, dans la guerre russo-ukrainienne, ou lors des affrontements entre Israël et le Hamas — n’aient condamné le char et les formations blindées à devenir des reliques coûteuses et inefficaces. Si ces critiques soulignent justement les difficultés rencontrées par quasiment toutes les forces en présence pour utiliser efficacement leur blindé, elles omettent la fonction essentielle que le char et les formations blindées doivent et peuvent encore jouer sur le champ de bataille moderne. En tant que responsables du IIIe Corps blindé, nous affirmons que la force blindée restera un élément indispensable. Mais pour cela, elle doit s’adapter aux défis contemporains. Dans le cadre de l’initiative « Transformation en Contact » de l’armée américaine, il est impératif d’intégrer de nouvelles capacités technologiques, de repenser les formes organisationnelles et d’adapter l’entraînement afin que les forces blindées continuent de combattre efficacement au sein d’une équipe interarmes.
En tant que défenseurs de la force blindée future, nous cherchons à tirer les bonnes leçons de l’emploi récent des blindés pour guider le développement d’une force plus létale et performante. Par ailleurs, ces enseignements devront également être évalués à la lumière du conflit redouté, mais auquel les États-Unis doivent se préparer : un affrontement contre la Chine.
Le rôle indispensable des blindés
Avant d’aborder les conflits récents, rappelons le rôle crucial que jouent les blindés dans le combat terrestre. Les formations blindées — agissant en synergie avec l’infanterie, l’artillerie, le génie, l’aviation d’attaque et les moyens de protection — permettent à l’équipe interarmes de saisir, conserver et exploiter l’initiative sur le champ de bataille. Grâce à leur combinaison unique de mobilité, protection, puissance de tir et effet de choc, les véhicules blindés redonnent de la mobilité aux champs de bataille statiques lorsqu’ils accompagnent l’infanterie et le génie dans l’assaut contre des positions défensives préparées. Ce constat est confirmé par de nombreux exemples historiques et récents.
Certains critiquent la vulnérabilité des blindés face aux dernières armes anti-char, leur coût et leurs limites opérationnelles. Pourtant, seules les formations blindées — quand elles agissent en équipe interarmes — disposent de la masse, du rythme, de la portée et de l’endurance nécessaires pour conquérir des positions clés capables de menacer les valeurs essentielles de l’ennemi. En terrain complexe, où les grandes manœuvres sont limitées, des éléments blindés plus petits, coordonnés avec des unités plus légères, neutralisent les points d’appui adverses ou assurent des contre-attaques mobiles. Les forces blindées sont aussi la meilleure formation capable d’affronter et de défaire les formations blindées des puissances rivales, y compris la Chine, qui possède la plus grande flotte de chars au monde. De plus, suite à la décision des Marines américains de se séparer de leurs formations blindées, l’armée de terre demeure aujourd’hui le seul fournisseur de capacités blindées pour la force conjointe américaine. Toutes ces raisons soulignent l’enjeu majeur que représente la transformation des forces blindées de l’armée américaine, afin qu’elles restent dominantes sur terre, quel que soit le théâtre d’opération et malgré l’évolution rapide de la guerre.
Les défis contemporains auxquels font face les formations blindées
Les enseignements tirés de ces conflits ne peuvent cependant pas être appliqués mécaniquement à toutes les situations, en particulier pas à un conflit de haute intensité à grande échelle comme un affrontement dans la zone indo-pacifique avec la Chine. Ces exemples se déroulent dans des contextes régionaux limités, avec des acteurs aux compétences techniques et au niveau de professionnalisme militaire très variables. Ils se situent également principalement dans le domaine terrestre, sans démontrer la complexité de l’intégration multidomaine nécessaire dans un théâtre maritime. Néanmoins, ils offrent des pistes précieuses pour l’adaptation de la force blindée américaine.
Le refus d’adaptation des armées arméniennes au Haut-Karabakh
Le conflit de 2020 au Haut-Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan a montré à quel point un refus de reconnaître l’évolution du caractère de la guerre pouvait être fatal. L’usage efficace par l’Azerbaïdjan de drones, notamment les Bayraktar TB2 turcs et les munitions en vol stationnaire israéliennes Harop, a mis en lumière la vulnérabilité des formations blindées traditionnelles. Les chars arméniens, souvent cantonnés dans des positions défensives statiques, étaient systématiquement ciblés et détruits avant même d’entrer en bataille. La diffusion constante d’images de blindés subissant ces frappes a renforcé l’idée que les unités blindées étaient devenues obsolètes face aux drones et aux munitions guidées.
Cependant, une analyse approfondie révèle que c’est le manque d’adaptation des forces arméniennes qui explique ces échecs. Le blindé arménien opérait sans masquage adéquat, ni défense aérienne ou moyens de guerre électronique, exposant ainsi totalement ses véhicules aux attaques de drones. Leur mise en œuvre a aussi souffert d’une faible coordination, d’un manque d’appui d’infanterie et de tactiques dépassées. Cette défaite souligne l’importance d’intégrer le blindé dans un réseau de capacités élargi pour en faire une force de combat efficace.
Pour l’armée américaine, la leçon à retenir est claire : ignorer l’évolution du conflit conduira à la défaite. Même des puissances moyennes comme l’Azerbaïdjan utilisent désormais des technologies avancées dans un complexe de reconnaissance et de frappe pour neutraliser les défenses aériennes et épuiser les forces de manœuvre ennemies jusqu’à les rendre inefficaces. La Chine, leader dans ce domaine, dispose de moyens similaires, mais en bien plus grandes quantités et à des niveaux technologiques supérieurs, qu’elle utilisera avec des effets dévastateurs.
Face à ce défi, l’armée doit impérativement développer un réseau de contre-drones en couches, ainsi que des tactiques adaptées pour protéger les moyens blindés contre les menaces aériennes à tous les échelons. Au-delà de la protection, la force blindée doit intégrer des moyens avancés de reconnaissance et de guerre électronique afin d’améliorer sa capacité à détecter et frapper l’ennemi en profondeur.
Les échecs coûteux russe et ukrainien en matière d’interarmes
Le conflit en Ukraine, souvent analysé au prisme des batailles statiques et de la prolifération accélérée des systèmes sans pilote, enseigne aussi beaucoup sur les difficultés à employer des formations blindées contre une armée industrielle moderne à grande échelle. Lors de l’invasion initiale, les forces russes, malgré un déploiement massif d’armements blindés, n’ont pas réussi à exploiter leurs moyens, faute de coordination et de soutien. Si les drones ukrainiens et les armes anti-blindés occidentales ont infligé de lourdes pertes, nombre de difficultés russes tiennent à une conception inadéquate des unités, à un défaut d’entraînement au combat de grande envergure et à une mauvaise discipline. Les groupes tactiques de bataillon russes étaient conçus pour des combats limités, avec des lignes de ravitaillement courtes. Ce modèle n’était pas adapté à une offensive prolongée en territoire ennemi. De surcroît, les exercices russes prévoyaient une défense active sur leur propre sol, sans préparation suffisante pour un conflit prolongé et à grande échelle. Sur le terrain, des unités mal entraînées et mal commandées n’ont pas réussi à mener à bien des fonctions essentielles comme la reconnaissance, la coordination inter-unités ou la logistique, affaiblissant leur capacité de combat dans la durée. Ce cumul de faiblesses a entraîné la défaite et la désorganisation des formations blindées russes, permettant à l’armée ukrainienne de prendre l’avantage.
De la même manière, les forces ukrainiennes ont rencontré de sérieuses difficultés à mobiliser efficacement leurs blindés lors de leur contre-offensive de 2023 face à des défenses russes profondément enracinées. Les forces russes ont exploité un dispositif défensif dense combinant couches d’armes anti-blindés, guerre électronique et complexe de reconnaissance-tirs tactique, infligeant des pertes lourdes aux colonnes blindées ukrainiennes. Ces dernières étaient insuffisamment équipées, entraînées et appuyées pour ce type de combat. Manquant de soutien d’infanterie, de défense aérienne ou de couverture aérienne, les unités blindées ukrainiennes ont souffert d’attaques répétées de missiles guidés, d’hélicoptères d’attaque et de drones. La guerre électronique russe a perturbé les communications et la compréhension de la situation, rendant la coordination entre blindés, artillerie et génie inefficace. Le rythme de l’offensive s’est effondré sous l’effet des interruptions adverses, permettant aux Russes de reconfigurer leurs forces et d’affaiblir davantage les unités ukrainiennes, qui ont dû renoncer à leurs objectifs au vu du coût trop élevé.
Malgré ces difficultés, aucun des deux camps ne remet en cause l’utilité des formations blindées dans ce conflit. Au contraire, ils s’emploient activement à les déployer, quoique à une échelle réduite liée à l’usure et aux limites en formation. La mobilité, la protection et la puissance de feu des unités ukrainiennes ont été décisives tant dans leur contre-offensive à Kharkiv que lors des premières phases de l’incursion à Koursk. Pour la force blindée américaine, ce conflit souligne l’importance de moderniser doctrines, équipements et entraînement pour s’adapter à des champs de bataille en mutation rapide. Il est essentiel de repenser la conception organisationnelle des unités blindées afin de les intégrer pleinement aux moyens de reconnaissance avancée, de commandement et contrôle, ainsi qu’aux systèmes de guerre électronique et de défense aérienne, indispensables pour survivre et gagner face à un adversaire technologiquement avancé comme la Chine. La principale leçon commune aux deux belligérants est que les opérations interarmes sont complexes à conduire en conditions réelles. Cela nécessite un haut niveau de compétences professionnelles, des leaders aguerris à chaque échelon et des soldats disciplinés. Sans ces qualités, même les technologies les plus récentes ne suffiront pas à garantir le succès. L’armée américaine excelle dans l’entraînement intensif et à grande échelle dans ses centres de formation, mais doit continuer d’adapter ces exercices aux évolutions du conflit et repousser ses chefs à maîtriser parfaitement l’interarmes.
Les colonnes blindées israéliennes dans la bande de Gaza
Bien que les enseignements sur la préparation aux futurs conflits majeurs soient limités, le récent affrontement entre Israël et le Hamas fournit des indications précieuses sur la pertinence des blindés dans la guerre urbaine et hybride. Tirant les leçons de son expérience au Liban en 2006, l’armée israélienne a démontré l’efficacité d’une intégration étroite entre blindés, infanterie, artillerie, génie et appui aérien dans un environnement complexe. Face à un ennemi asymétrique recourant à des tunnels, engins explosifs improvisés et lancements de roquettes pour contrer la supériorité conventionnelle israélienne, l’armée a pu exploiter ses colonnes blindées interarmes pour percer les défenses, protéger les fantassins dans les zones urbaines et fournir un appui feu mobile capable de dominer les points forts adverses. Les systèmes avancés de protection active comme Trophy installés sur les chars Merkava ont joué un rôle crucial en interceptant les missiles anti-blindés et en maintenant les chars opérationnels lors des offensives prolongées. Cette expérience confirme que les forces blindées, munies de technologies modernes et de tactiques adaptées, conservent une importance capitale dans une large gamme d’opérations militaires.
Bien que les menaces ne soient pas du même ordre de grandeur ni de sophistication technologique que dans les cas ukrainiens ou arméniens, plusieurs enseignements demeurent pertinents pour l’armée américaine. Il s’agit notamment d’investir dans les systèmes de protection active, de renforcer la formation à la lutte urbaine et d’assurer une coordination fluide entre blindés, infanterie et moyens aériens afin de préserver l’efficacité des formations blindées. D’autres tactiques ou capacités spécifiques au conflit israélien ne peuvent toutefois être transposées directement au contexte américain.
Enjeux et perspectives, en particulier pour l’Indo-Pacifique
Depuis sa création en 1916, la force blindée a constamment su évoluer en fonction des transformations du champ de bataille, même lorsqu’elle a été annoncée « morte » par ses détracteurs. Trois points majeurs ressortent de l’examen des récents emplois des blindés. D’abord, les forces blindées américaines doivent impérativement intégrer de nouvelles capacités — lutte anti-drones, guerre électronique, commande et contrôle — sous peine de perdre leur efficacité en combat futur. Ensuite, elles doivent revoir leurs structures organisationnelles afin de maintenir leur efficacité intrinsèque, basée sur la combinaison de mobilité, protection, puissance de feu et effet de choc nécessaire pour détruire l’ennemi dans un combat rapproché durable. Enfin, pour réussir les opérations interarmes, il importe de multiplier les entraînements à grande échelle qui intègrent tous les fonctions de combat et simulent la confrontation avec un adversaire technologiquement avancé.
Ces exercices de grande ampleur doivent être menés au sein d’une force conjointe, car la brigade blindée ne pourra être déployée sur un théâtre terrestre dans la zone Pacifique qu’en coordination étroite avec les capacités conjointes de logistique, renseignement, appui-feu, manœuvre et commandement multidépartement. Les exercices tels que Talisman Sabre 23 ou Pacific Fortitude 24 ont servi de terrains d’apprentissage initial, mais il faudra poursuivre ces efforts par de nombreux essais et manœuvres pour consolider l’intégration des formations blindées dans le contexte régional. Par ailleurs, la nature géographique du théâtre impose que les formations blindées soient configurées, équipées et entraînées pour s’intégrer aisément avec des unités de manœuvre terrestres plus légères ou conjointes, qui devraient progresser en avant sur les zones d’opération.
Le défi principal reste la puissance militaire chinoise, nettement plus avancée technologiquement que tous les précédents ennemis. Conçue pour rivaliser avec l’armée américaine dans tous les domaines, elle dispose d’une grande quantité de systèmes avancés, notamment des drones à base d’intelligence artificielle, ainsi que d’un complexe intégré reconnaissance-frappe opérationnel à des niveaux élevés. Dans ce contexte, les lacunes techniques identifiées plus haut constituent un enjeu majeur qui demande une réponse rigoureuse et itérative. Il n’existe pas de solution miracle permettant à la force blindée d’annuler brutalement les atouts chinois. La réponse résidera dans une méthode dite « lead bullet », c’est-à-dire une mise au point continue et simultanée de multiples technologies aboutissant à une capacité globale et résiliente dans les domaines de la lutte anti-drones, du commandement et contrôle, et de la reconnaissance-frappe, pour que les blindés conservent leur mission fondamentale : combiner mobilité, protection, puissance de feu et effet de choc pour saisir l’initiative et détruire l’ennemi en combat rapproché.
Quelle voie pour demain ?
Pour maintenir l’avantage opérationnel fourni par la mobilité, la protection et la puissance de feu des blindés dans les conflits à grande échelle, l’armée américaine doit investir dans la transformation de ses forces blindées. À court terme, l’initiative Transformation en Contact offre une opportunité précieuse de tester de nouvelles conceptions organisationnelles, technologies et tactiques, appuyées sur les enseignements tirés des guerres récentes. Cela inclut l’intégration d’une diversité de moyens drones, de contre-drones en couches, de guerre électronique et de capacités de commandement et contrôle adaptées aux manœuvres blindées. Une fois ces systèmes intégrés, les unités testeront leur emploi pour écourter les cycles de tir, supprimer l’adversaire, améliorer la conscience situationnelle, masquer les signatures détectables et préserver la puissance de feu aux moments-clés des combats. Les chefs à tous les niveaux devront expérimenter de nouvelles tactiques et informer les adaptations doctrinales, ce qui déterminera comment les forces blindées peuvent réaliser l’interarmes et vaincre des adversaires modernes.
Par ailleurs, Transformation en Contact permettra d’accélérer la mise à niveau des plateformes actuelles, avec par exemple l’intégration de ciblage assisté par intelligence artificielle, de systèmes de protection active et d’améliorations en efficience énergétique. Cette démarche itérative aboutira à un modèle organisationnel et un cadre d’équipement affûtés pour faire face aux exigences du combat moderne. Si les chars Abrams et véhicules de combat Bradley sont toujours parmi les plus redoutables et solides, ils doivent impérativement évoluer : leurs versions actuelles ne répondent plus pleinement aux conditions envisagées sur les futurs champs de bataille.
Dans le cadre d’une transformation plus large, l’armée doit continuer à accélérer le développement d’une nouvelle génération de véhicules de combat terrestres, pouvant être pilotés, semi-autonomes ou autonomes, avec des besoins logistiques réduits grâce à une meilleure consommation et une plus grande mobilité via un poids inférieur. Surtout, la force blindée doit encourager une culture d’innovation et d’adaptation, qui a toujours caractérisé son histoire. Le caractère actuel des conflits réclame des chefs capables de conduire une transformation rapide et continue en contact avec l’adversaire. À tous les échelons, il faut profiter de cette dynamique pour tester en permanence doctrines, organisations et innovations.
Pour préserver l’avantage interarmes de l’armée américaine, la formation doit également être renforcée, prenant en compte les enseignements des conflits récents et la menace posée par des adversaires comme la Chine. Cela concerne notamment les tactiques anti-drones, la lutte urbaine et la capacité à soutenir des opérations interarmes sur grande échelle. Les unités doivent apprendre à opérer réparties sur de larges zones puis à se regrouper à temps pour profiter des opportunités et générer la masse de feu suffisante pour submerger les forces ennemies. L’armée américaine accorde déjà une grande importance à une formation rigoureuse et au développement professionnel, garantissant que ses équipages et chefs de blindés figurent parmi les meilleurs au monde. Les rotations au National Training Center préparent les soldats à des scénarios de combat complexes et intenses, développent leur adaptabilité et leur résilience. Ces exercices doivent continuer à refléter au mieux les défis actuels qui façonnent le champ de bataille. La force blindée doit poursuivre la priorité donnée à un entraînement rigoureux à domicile, multi-échelons, axé sur le tir et la manœuvre, et former des leaders adaptatifs, créatifs et critiques.
Conclusion
Les conflits récents en Ukraine, Israël et au Haut-Karabakh mettent en lumière les vulnérabilités des forces blindées lorsqu’elles sont mal employées ou obsolètes, mais fournissent également des enseignements précieux pour la guerre future. L’armée américaine, avec son entraînement supérieur, ses principes interarmes et sa capacité d’adaptation rapide, est idéalement placée pour relever ces défis et maintenir l’efficacité de ses formations blindées. Cela exigera un engagement professionnel et une collaboration intellectuelle soutenue de la part des soldats et chefs des blindés.
Celleux qui concluent à la disparition du rôle des blindés en se fondant sur des erreurs d’emploi ou des vulnérabilités réduisent à tort l’importance de ces formations et laisseraient l’armée désarmée face à l’avenir. Bien au contraire, les leçons tirées des conflits actuels sont un signal fort pour s’adapter dès aujourd’hui aux nouvelles réalités. En incarnant les principes d’adaptabilité, d’innovation et de résilience, l’armée américaine peut garantir que les formations blindées non seulement survivent, mais demeurent une pierre angulaire de la puissance militaire moderne et une force décisive dans les conflits à venir.
Le lieutenant-général Kevin D. Admiral est le général commandant du IIIe Corps blindé. Fort de 31 ans d’expérience à la tête de formations blindées, d’infanterie et de cavalerie, il a notamment commandé la 1re division de cavalerie, été chef blindé, et 76e colonel du 3e régiment de cavalerie.
Nicholas Drake est officier de l’armée américaine et responsable de la transformation des brigades blindées au sein du IIIe Corps blindé. Il possède 18 ans d’expérience à la tête de formations blindées et de cavalerie dans des brigades blindées, Stryker ou d’infanterie.
Les opinions exprimées dans cet article reflètent uniquement la pensée des auteurs et ne représentent pas celles de l’armée américaine, du département de la Défense ni d’aucune autre entité gouvernementale.