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L’Agence de Développement Aéronautique (ADA) a pris une décision stratégique visant à optimiser et accélérer le développement du chasseur furtif indien de cinquième génération, le Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA). Pour améliorer l’efficacité du programme, la gestion de projet essentielle a été confiée à des prestataires externes, afin de s’appuyer sur l’expertise du secteur privé. Cette externalisation couvre un large éventail de tâches, telles que le suivi régulier de l’avancement, la coordination des parties prenantes, la gestion des achats d’unités remplaçables en ligne (LRU), la rédaction des comptes rendus de réunion, la gestion du cycle de vie du produit (PLM), ainsi que la planification du projet avec des tableaux de bord en temps réel actualisés chaque semaine.

Conçu pour devenir le pilier de la supériorité aérienne future de l’Armée de l’Air Indienne (IAF), l’AMCA est un avion furtif polyvalent bimoteur destiné à remplacer notamment les flottes vieillissantes de MiG-29 et de Mirage 2000. Développé sous la direction de l’ADA, un laboratoire de premier plan du DRDO, ce programme a pris de l’ampleur après l’approbation en mars 2024 d’une enveloppe de 15 000 crores de roupies pour la phase de développement des prototypes. Le premier prototype est attendu pour 2028, avec une entrée en service prévue en 2035. Cette externalisation des fonctions administratives et de supervision vise à réduire les retards souvent constatés dans les grands projets de défense en Inde.

Portée de l’externalisation : un dispositif complet de suivi de projet

Le marché public lancé par l’ADA sur la plateforme Government e-Marketplace (GeM) détaille un cadre solide pour assurer la bonne exécution du projet. Les soumissionnaires, parmi lesquels on peut envisager la participation d’acteurs reconnus tels que Tata Consultancy Services (TCS), Larsen & Toubro (L&T) ou des consultants spécialisés en aéronautique, devront fournir un support complet dans les domaines suivants :

  • Rapports réguliers de progrès et mises à jour hebdomadaires : les prestataires devront produire et diffuser des rapports détaillés soulignant les étapes franchies, les risques identifiés et les résultats obtenus. Ces rapports comprendront des tableaux de bord interactifs offrant une visualisation en temps réel de l’état d’avancement, mis à jour chaque semaine pour informer les parties prenantes.
  • Suivi et coordination des parties prenantes : gestion efficace des multiples intervenants, notamment le DRDO, l’IAF, Hindustan Aeronautics Limited (HAL), ainsi que des partenaires privés tels que Dassault Aviation et Safran (en collaboration sur les moteurs), sans oublier les collaborateurs internationaux impliqués dans l’intégration du moteur GE F414.
  • Gestion des achats des LRUs : supervision des acquisitions des unités remplaçables, composants modulaires essentiels aux systèmes avioniques, radar et armement de l’AMCA. Cette fonction couvre la sélection des fournisseurs, l’optimisation de la chaîne logistique et le respect des exigences d’« Atmanirbhar Bharat » visant à privilégier l’autonomie industrielle indienne.
  • Comptes rendus de réunion et documentation : conservation rigoureuse de tous les procès-verbaux, garantissant traçabilité et responsabilité. Cette gestion documentaire est cruciale pour les audits et la prise de décision.
  • Gestion du cycle de vie du produit (PLM) : mise en place et maintenance de systèmes PLM pour suivre l’ensemble du cycle de vie des composants de l’AMCA, depuis la conception jusqu’aux phases de tests, production et maintenance. Ce suivi est essentiel pour ce programme complexe intégrant des systèmes de mission à intelligence artificielle, des baies internes pour armement et des capacités de supercroisière.
  • Planification et gestion des risques : élaboration et suivi des plannings via des diagrammes de Gantt, méthodes du chemin critique et plans de contingence afin de respecter les délais. L’externalisation devra intégrer des méthodologies agiles pour surmonter les éventuels obstacles, tels que les retards dans le développement du moteur ou les difficultés liées aux transferts de technologie.

Le contrat, d’une valeur estimée entre 50 et 100 crores de roupies pour une durée initiale de cinq ans avec possibilités d’extension, met l’accent sur la sécurité des données, la conformité aux procédures d’acquisition de défense (DAP 2020), ainsi que l’intégration avec les systèmes ERP existants de l’ADA. Les candidats retenus devront démontrer leur expérience dans le secteur aérospatial, avec une préférence marquée pour ceux adhérant aux objectifs du programme « Make in India », visant plus de 70 % de composants indigènes dans l’AMCA.