L’Aeronautical Development Establishment (ADE), laboratoire de premier plan de l’Organisation indienne de recherche et développement pour la défense (DRDO), réalise des avancées majeures dans le développement d’un drone à décollage et atterrissage vertical (VTOL) de nouvelle génération. Ce programme vise à concevoir un véhicule aérien sans pilote polyvalent, capable de répondre aux exigences opérationnelles variées des forces armées indiennes.
Selon les récentes publications de l’ADE, le projet a franchi plusieurs étapes importantes grâce à une série de tests en vol approfondis portant sur des prototypes à ailes fixes, multirotors et hybrides VTOL. Ces essais ont été menés dans plusieurs sites à travers l’Inde, notamment à Bengaluru, sur la piste d’essais aéronautiques de Chitradurga (ATR), ainsi que dans les régions de Jammu, Leh et Pokhran. Ces évaluations sont essentielles pour développer un UAV indigène adapté à des missions allant de la surveillance en haute altitude au renseignement tactique à déploiement rapide.
L’objectif principal du programme VTOL est d’examiner les performances, la stabilité, la maniabilité et la fonctionnalité des systèmes embarqués. Les essais se déroulent dans des environnements diversifiés, garantissant ainsi l’adaptabilité du drone aux conditions particulièrement exigeantes des zones opérationnelles indiennes :
- Bengaluru (installations de l’ADE) : Ces premiers essais au sol et en vol à basse altitude ont permis de valider l’intégration des systèmes ainsi que les dynamiques de vol basiques, en conditions contrôlées. La structure, la propulsion et l’avionique ont été testées avec succès.
- Aeronautical Test Range (ATR), Chitradurga : Ce centre d’essais spécialisé a accueilli des vols autonomes incluant décollages, navigation par points de passage et atterrissages. Ces tests ont vérifié les capacités du drone à évoluer en vol subsonique élevé et à fonctionner de manière totalement autonome, s’appuyant sur l’expérience acquise avec le démonstrateur de technologie d’aile volante autonome SWiFT testé en 2022 et 2023.
- Jammu et Leh : Les essais en haute altitude dans ces régions ont permis d’évaluer les performances dans des conditions de faible oxygène et météorologiques extrêmes. La capacité VTOL, éliminant le besoin de piste, s’est révélée particulièrement utile dans le terrain accidenté de Leh, où les infrastructures aéroportuaires sont rares.
- Pokhran, Rajasthan : Les tests dans le désert ont mis à l’épreuve l’endurance, la stabilité et la capacité de charge utile du drone sous de fortes températures et en milieu poussiéreux, recréant des conditions typiques de surveillance frontalière ou d’opérations antiterroristes.
Ces essais ont permis de collecter des données essentielles sur la vitesse, l’altitude, l’attitude et les commandes de vol. Ils ont ainsi permis à l’ADE d’optimiser la conception du drone pour améliorer sa maniabilité et sa fiabilité en conditions opérationnelles. La configuration hybride VTOL, combinant l’endurance des ailes fixes et l’agilité des multirotors, a démontré une performance supérieure sur différents profils de mission, allant de l’intelligence, surveillance et reconnaissance (ISR) à l’engagement de cibles.
Le programme a également porté une attention particulière à l’intégration harmonieuse des sous-systèmes, comprenant l’avionique, les systèmes de contrôle de vol, les charges utiles (telles que les capteurs électro-optiques/infrarouges et le radar à synthèse d’ouverture) et les systèmes de propulsion. Les ingénieurs de l’ADE ont veillé à leur installation correcte et à leur interopérabilité, tout en surmontant plusieurs défis :
Anomalies des systèmes de contrôle de vol : Des écarts inattendus de tangage ou de lacet ont été identifiés pendant les tests. Ces anomalies ont été corrigées via des mises à jour logicielles et la recalibration des algorithmes de contrôle. Des simulations MATLAB et SIMULINK ont été utilisées pour modéliser et optimiser les systèmes, garantissant la stabilité lors des phases VTOL et des transitions en vol fixe.
Problèmes de calibrage des capteurs : Des erreurs dans les mesures des capteurs de pression et de température ont été rectifiées grâce à une calibration rigoureuse, utilisant notamment des outils comme le capteur DHT11 pour la surveillance environnementale, assurant ainsi la fiabilité des données de navigation et d’imagerie.
Défis d’intégration des systèmes : Des difficultés rencontrées lors de l’intégration de l’avionique avec la propulsion ont été résolues en analysant l’architecture du bus de données et en appliquant des algorithmes de fusion de capteurs, améliorant la précision et la cohésion des sous-systèmes en conditions réelles.
Les solutions ont été développées de manière itérative grâce à des boucles de rétroaction entre les équipes de test et les concepteurs. Par exemple, les inefficacités du système de propulsion ont été diminuées en adoptant des rotors coaxiaux pour les phases VTOL, ce qui réduit la traînée et améliore le rapport poussée/poids, conformément aux conceptions de drones hybrides similaires.