Les autorités talibanes afghanes ont déclaré samedi collaborer avec le Tadjikistan pour enquêter sur un affrontement frontalier survenu plus tôt cette semaine, ayant fait cinq morts dont deux gardes tadjiks.

Le Tadjikistan a annoncé jeudi que trois membres d’un groupe « terroriste » avaient franchi « illégalement » la frontière dans la province de Khatlon, en bordure de l’Afghanistan.

Les forces de sécurité tadjikes ont abattu ces trois individus, mais deux gardes-frontières tadjiks ont également trouvé la mort lors des échanges, selon le comité national de sécurité tadjik.

Le ministre afghan des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi, a indiqué samedi avoir « lancé des enquêtes sérieuses » concernant ces récents « incidents » sur le sol tadjik.

« J’ai échangé avec le ministre des Affaires étrangères du Tadjikistan et nous travaillons ensemble pour empêcher que de tels faits se reproduisent », a-t-il déclaré lors d’un événement à Kaboul.

« Nous craignons que certains cercles malveillants ne cherchent à détruire les relations entre nos deux pays voisins », a ajouté le ministre, sans fournir plus de détails.

Le Tadjikistan partage une frontière montagneuse d’environ 1 350 kilomètres avec l’Afghanistan et entretient des relations tendues avec les autorités talibanes de Kaboul, de retour au pouvoir en 2021.

Contrairement à d’autres dirigeants d’Asie centrale, le président tadjik Emomali Rakhmon, en poste depuis 1992, a critiqué les talibans et les a appelés à respecter les droits des populations tadjikes en Afghanistan.

Au moins cinq ressortissants chinois ont été tués et plusieurs blessés lors de deux attaques distinctes aux frontières tadjiko-afghanes fin novembre et début décembre, selon les autorités tadjikes.

Un rapport des Nations unies datant de décembre souligne que le groupe djihadiste Jamaat Ansarullah « déploie des combattants dans différentes régions de l’Afghanistan » avec pour objectif principal « de déstabiliser la situation au Tadjikistan ».

Douchanbé exprime également des inquiétudes quant à la présence sur le sol afghan de membres de l’organisation djihadiste État islamique au Khorasan, ajoutant une dimension sécuritaire supplémentaire aux tensions frontalières.