Article de 533 mots ⏱️ 3 min de lecture

L’Allemagne a déployé quatre avions de combat Eurofighter ainsi que 150 militaires en Roumanie afin de renforcer la mission de police du ciel de l’OTAN dans la région.

Cette décision, rendue publique par l’agence de presse dpa, intervient à la demande des autorités roumaines et s’inscrit dans le cadre d’un effort collectif visant à assurer une sécurité accrue de l’espace aérien sous l’égide de l’Alliance atlantique.

Dans le passé, l’armée de l’air allemande avait déjà contribué à la surveillance aérienne en Roumanie. Ce nouveau déploiement est perçu comme une réponse directe à la dégradation du contexte sécuritaire en Europe de l’Est, particulièrement après plusieurs incidents survenus près de la frontière roumano-ukrainienne.

En septembre dernier, Bucarest a annoncé la découverte de fragments de drones sur son sol, à proximité immédiate de la frontière avec l’Ukraine. Ces débris correspondent à des modèles similaires à ceux employés par la Russie lors de ses attaques contre les ports ukrainiens situés le long du Danube. En réaction, la Roumanie a renforcé ses mesures de protection civile dans le delta du Danube ainsi que sa présence militaire, incluant un déploiement accru de ses unités antiaériennes dans cette zone stratégique.

Soutenant cette dynamique de renforcement, les États-Unis ont également positionné quatre chasseurs multirôles F-16 en Roumanie pour assurer des patrouilles de police aérienne dans le cadre de la mission OTAN. Ce déploiement, annoncé fin septembre, illustre la solidarité et la coordination des alliés face à l’évolution des menaces sécuritaires.

Fin octobre, le président roumain Klaus Iohannis a annoncé le renforcement des systèmes radar le long de la frontière ukrainienne afin d’améliorer la détection des objets volants à basse altitude. Par ailleurs, après la découverte de multiples fragments de drones russes sur le territoire roumain, Bucarest a étendu sa zone d’exclusion aérienne proche de la frontière ukrainienne dans la région de Dobrouja, au nord.

Selon des sources militaires relayées par les médias en septembre, les trois drones retrouvés dans le district de Tulcea, au cœur du delta du Danube, seraient des modèles Shahed d’origine iranienne, utilisés par la Russie dans ses opérations contre l’Ukraine. Le président Iohannis a fermement condamné les bombardements des infrastructures ukrainiennes, les qualifiant de crime de guerre, tout en soulignant l’enjeu posé par la chute de ces fragments sur le territoire roumain : « Les drones russes n’attaquent pas la Roumanie, mais la présence de leurs débris chez nous représente un vrai problème, c’est inacceptable ».

Le ministre roumain de la Défense, Angel Tilvar, a précisé que les fragments retrouvés provenaient de drones abattus par la défense aérienne ukrainienne et qu’aucune preuve ne laissait supposer une attaque délibérée contre le territoire roumain. L’OTAN a également confirmé qu’il n’existait aucune indication d’une offensive intentionnelle de la Russie sur la Roumanie.