L’Allemagne envisage un vaste plan d’acquisition de défense estimé à près de 25 milliards d’euros, visant à acquérir plusieurs milliers de véhicules blindés et chars de combat. Cette initiative a pour but de répondre aux objectifs de génération de forces de l’OTAN et de renforcer la dissuasion face à la Russie.

Selon plusieurs sources gouvernementales et industrielles, le ministère allemand de la Défense étudie des propositions pour l’achat de jusqu’à 2 500 véhicules de combat d’infanterie GTK Boxer ainsi que 1 000 chars de combat principaux Leopard 2. Si ce projet est validé, il accompagnerait la création de sept nouvelles brigades de combat, que Berlin s’est engagé à former pour l’OTAN au cours de la prochaine décennie.

Cette décision intervient dans un contexte d’inquiétudes croissantes au sein de l’OTAN concernant le risque d’un conflit élargi en Europe, plusieurs alliés alertant sur la possible fermeture de la fenêtre de dissuasion d’ici cinq ans. Le chancelier allemand Friedrich Merz, entré en fonction plus tôt cette année, s’est engagé à faire de la Bundeswehr la force terrestre la plus puissante d’Europe face aux tensions grandissantes avec la Russie.

Le Boxer et le Leopard 2, deux plateformes phares du secteur allemand, sont produits localement par un consortium d’entreprises de défense allemandes, notamment Rheinmetall et KNDS Deutschland (anciennement Krauss-Maffei Wegmann). Le char Leopard 2 est déjà largement déployé en Ukraine, où il a été confronté à un combat à haute intensité depuis le début des livraisons en 2023.

Le GTK Boxer, un véhicule blindé modulaire 8×8, est également en service dans plusieurs armées de l’OTAN et a été choisi pour des acquisitions conjointes par plusieurs pays européens. L’expansion significative de la flotte allemande permettrait probablement de maintenir les chaînes de production jusqu’aux années 2030, consolidant ainsi la place de l’Allemagne comme un centre névralgique pour les forces terrestres de l’Alliance.

Selon Bloomberg, le ministre de la Défense Boris Pistorius et les hauts responsables de la Bundeswehr finalisent actuellement les détails de ce potentiel contrat. Bien que l’annonce officielle ne soit pas encore intervenue, l’ampleur de ces acquisitions souligne la volonté croissante de l’Allemagne de se réarmer rapidement, rompant avec des décennies de sous-investissement.

Cette initiative s’inscrit dans un effort paneuropéen plus large pour renforcer le flanc est de l’OTAN et améliorer la préparation collective. Les forces allemandes commandent déjà des groupements tactiques de l’OTAN en Lituanie et en Slovaquie, et la formation des nouvelles brigades leur permettra d’adopter une posture permanente et à haute disponibilité au sein de l’Alliance.

Par ailleurs, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a exhorté Washington à maintenir son soutien à l’Ukraine après qu’une pause ait été observée dans certains transferts d’armes par le Pentagone, en raison de préoccupations sur le niveau des stocks américains. Les alliés européens, dont l’Allemagne, ont exprimé leur volonté de compenser ces déficits ou d’accélérer leurs livraisons à Kyiv.

Si elle est validée, cette commande allemande représenterait l’une des plus importantes acquisitions de véhicules blindés en Europe depuis la fin de la Guerre froide.