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L’Allemagne envisage d’acquérir des avions de combat F‑35 supplémentaires fabriqués aux États-Unis, alors que le programme européen Future Combat Air System (FCAS) est confronté à une impasse. Cette possible acquisition témoigne d’une frustration grandissante face aux difficultés du programme européen et d’une dépendance accrue à la technologie américaine.

Selon des sources proches des discussions, Berlin aurait engagé des pourparlers pouvant aboutir à l’achat de plus de 35 F‑35 supplémentaires. Bien que les autorités allemandes démentent toute décision ferme, ce débat met en lumière les fractures qui s’élargissent au sein du projet FCAS, une initiative multinationale et multimilliardaire lancée en 2017 par la France, l’Allemagne et l’Espagne. Ce programme vise à développer un avion de combat de sixième génération, intégré à des drones et à des systèmes de réseau avancés.

Face à l’incertitude politique persistante autour de l’avenir du FCAS, le F‑35 apparaît comme une solution disponible immédiatement capable de combler les lacunes capacitaires dans les forces aériennes allemandes.

Évolution du programme FCAS

Le Future Combat Air System est le programme européen de référence pour créer un nouvel écosystème de combat aérien composé d’un avion de chasse de nouvelle génération, de plateformes sans pilote et d’un « combat cloud » reliant capteurs, armements et réseaux de commandement à travers différents domaines opérationnels.

Ce système doit remplacer d’ici 2040 les Rafale français ainsi que les Eurofighter Typhoon utilisés par l’Allemagne et l’Espagne, et constitue un pilier de l’autonomie stratégique européenne.

Cependant, le projet est miné par des querelles industrielles et politiques, notamment sur le partage des travaux et les responsabilités de leadership. En 2025, les désaccords ont cru, France réclamant jusqu’à 80 % de la charge de travail sur le développement de l’avion de combat, une demande perçue comme déséquilibrée par rapport aux partenaires allemands et espagnols, risquant de ralentir l’avancée du programme.

Vers la fin de l’année 2025, les tensions se sont encore accentuées, avec un député allemand allant jusqu’à proposer publiquement une rupture avec la France pour la partie avion afin d’aligner davantage le projet sur les besoins nationaux. Néanmoins, des éléments clés comme le « combat cloud » et les systèmes sans pilote devaient rester des efforts collaboratifs.

L’industrie européenne de la défense explore également d’autres options. Au début de 2026, Airbus a déclaré être prêt à soutenir une solution à deux avions si les pays participants le souhaitent, suggérant une possible reconfiguration du FCAS plutôt qu’un abandon total.