Les ministres de la Défense français et allemand se sont engagés à clarifier les tensions entourant le programme FCAS avant la fin de l’année. Le projet, visant à développer un avion de combat de nouvelle génération pleinement opérationnel en 2040, suscite des inquiétudes notamment quant à son calendrier et à la répartition des responsabilités entre les principaux partenaires industriels.
Le ministre français de la Défense, Sébastien Lecornu, et son homologue allemand, Boris Pistorius, ont exprimé jeudi leur soutien au programme FCAS (Future Combat Air System), malgré les désaccords apparus cet été entre les principaux acteurs industriels, notamment la française Dassault Aviation et la filiale allemande Airbus Defence. Ces différends ont mis en lumière les défis du projet, notamment la révision des contrats et la répartition des charges de travail, source de frictions entre les partenaires.
Boris Pistorius a souligné que « nous voulons clarifier la situation du FCAS d’ici à la fin de l’année. Nous devrons discuter des obstacles rencontrés. » Il a ajouté que dans des projets d’envergure, il est normal que les entreprises impliquées, fortes de leur expérience, défendent vigoureusement leurs intérêts et leur position, rappelant que cette dynamique était anticipée dès le départ.
Sébastien Lecornu a quant à lui insisté sur le fait que le programme approche « du moment de vérité », dans lequel le développement doit progresser vers la construction d’un prototype de l’avion de combat. Il a rappelé que « le FCAS engage beaucoup d’enjeux et qu’il reste de nombreuses questions à éclaircir. » Il a également mis en avant la nécessité d’une structure organisationnelle claire pour gérer les responsabilités des entreprises impliquées.
La France et l’Allemagne ont également réitéré leur soutien unifié au système principal de combat terrestre (MGCS), projet conjoint de char de nouvelle génération. Toutefois, Lecornu a tenu à distinguer clairement ce programme du FCAS, soulignant que les calendriers et les accords sont très différents entre ces deux initiatives.
Un point majeur de préoccupation, selon Lecornu, concerne la capacité du FCAS à livrer un avion de combat pleinement opérationnel en 2040, date prévue pour la mise en service. Pour l’armée de l’Air française, cet appareil devra aussi être capable de transporter des armes nucléaires, ce qui renforce les exigences en matière de performances et de sécurité.
« La complexité du projet, avec de nombreux sous-traitants, est un point faible important, car cela pourrait compromettre le respect des délais », a averti le ministre français. Il a souligné que la concurrence internationale, notamment chinoise, ne laissera pas de marge de manœuvre : « Si nous perdons du temps dans de longues discussions, une bataille décisive sera engagée. En 2040, nous devons être à la pointe ou risquer de rester à la traîne. »
Il est à noter que l’Espagne joue un rôle significatif dans le développement du FCAS, avec l’implication de plusieurs entreprises telles qu’Indra, Airbus Espagne, ITP Aero, GMV, Sener et Tecnobit.