L’Allemagne réclame des garanties solides de la part des États-Unis avant de transférer des systèmes de défense aérienne Patriot à l’Ukraine.

Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a souligné mercredi que Berlin attendait des assurances claires de Washington sur la livraison rapide de systèmes antimissiles Patriot de remplacement, au cas où deux de ses batteries seraient envoyées en Ukraine.

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Der Spiegel, Boris Pistorius a insisté sur la nécessité pour les membres européens de l’OTAN d’obtenir des garanties « irréfutables » quant au renouvellement des systèmes de défense aérienne Patriot américains à destination de l’Ukraine, dans un délai de six à huit mois.

La semaine dernière, le président américain Donald Trump avait annoncé un accord avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui vient en tant que chef de l’OTAN, encourageant les pays européens à acheter des armements américains, en particulier des systèmes Patriot, destinés à Kiev pour soutenir son combat contre la Russie. Cette annonce marque un changement notable dans la position de Donald Trump, dont la patience envers Vladimir Poutine s’est visiblement épuisée face à l’impasse dans la résolution du conflit ukrainien.

L’Allemagne a déjà proposé de financer deux de ces systèmes Patriot, tandis que plusieurs autres alliés de l’OTAN ont exprimé leur volonté de financer trois autres batteries. Cependant, une inquiétude grandissante subsiste : Washington souhaite que les pays européens transfèrent en premier lieu des batteries Patriot issues de leurs propres stocks, avant de recevoir en retour des systèmes de remplacement de la part des États-Unis.

Boris Pistorius a déclaré à Der Spiegel qu’il était primordial que « les pays qui cèdent des systèmes continuent d’assurer leurs engagements envers l’OTAN sans créer de failles dans la sécurité collective ».

Des pays comme la Norvège, la Suède et les Pays-Bas ont manifesté leur disposition à financer ces systèmes, mais selon le ministre allemand « aucune décision n’a encore été prise concernant les pays qui pourraient fournir des Patriot à l’Ukraine ».

Lors d’une conférence de presse à Berlin, il a précisé que les discussions se poursuivaient afin de déterminer « quels pays européens et partenaires disposent actuellement de systèmes Patriot, et quelles quantités pourraient être mises à disposition ».

Il a ajouté : « Il y a les financements nécessaires pour ces Patriot. À présent, il faut seulement les Patriot. »

Pour rappel, l’Allemagne possédait à l’origine 12 systèmes Patriot. Elle a déjà déployé trois en Ukraine et deux en Pologne, tandis qu’une autre batterie est utilisée pour la formation, ce qui laisse actuellement six unités opérationnelles en Allemagne.