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Alors que l’Inde approche de la phase d’assemblage de son cinquième avion de combat génération, l’Aeronautical Development Agency (ADA) vient de lancer un appel d’offres international pour des modal shakers, des dispositifs vibratoires high-tech indispensables aux essais du prototype de l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA).

Diffusé récemment via la plateforme Government e-Marketplace (GeM), ce marché constitue une étape clé avant les essais vibratoires au sol (Ground Vibration Tests – GVT). Ces tests rigoureux révèlent les caractéristiques structurelles du chasseur avant qu’il ne prenne son envol. Dans un programme dont l’entrée en service est prévue vers 2035, ces équipements sont essentiels pour garantir que l’AMCA puisse évoluer à Mach 2 sans compromettre sa tenue de vol.

L’appel d’offres, référencé COM:IND:E319:2025-2026/SU, illustre la volonté de l’ADA de contrôler la validation indigène : du fuselage furtif à la fusion des capteurs, chaque vibration doit être parfaitement maîtrisée. Dans un contexte géopolitique tendu avec Pékin et Islamabad, ces essais vibratoires ne sont pas de simples protocoles, mais le socle d’une future force aérienne sud-asiatique renouvelée.

Concrètement, l’ADA recherche un « modal shaker et son kit associé » capables d’exciter avec précision l’avion lors des essais GVT. Il ne s’agit pas d’équipements basiques, mais de systèmes électrodynamiques puissants, généralement d’une force comprise entre 1 et 10 kN, capables de reproduire les contraintes aérodynamiques, depuis les rafales subsoniques jusqu’aux harmoniques supersoniques. Le kit comprend des stingers (tiges de transmission de force), des accéléromètres pour le suivi des réponses dynamiques, ainsi que des logiciels spécialisés pour extraire les paramètres modaux, le tout adapté à la structure composite prédominante de l’AMCA.

« Le modal shaker et son kit associé seront utilisés lors des essais vibratoires au sol (GVT) du prototype de l’AMCA afin d’étudier les caractéristiques dynamiques de la structure », précise le cahier des charges. Cette excitation permettra d’obtenir les réponses nécessaires pour alimenter des modèles par éléments finis, qui prévoient les limites de flutter, les points sensibles à la fatigue et les phénomènes aérodynamiques complexes. Au-delà de la cellule entière, ces instruments serviront aussi à la « caractérisation dynamique des composants aéronautiques et de leurs unités démontables (LRU) », comme les nacelles radar, les baies avioniques ou les canards, garantissant leur fiabilité en conditions opérationnelles.

Les fournisseurs ont jusqu’au début décembre pour soumettre leurs offres. L’ADA privilégie des solutions disponibles sur étagère, notamment auprès de fabricants renommés tels que The Modal Shop ou Crystal Instruments, avec la possibilité d’intégrer des clauses de transfert de technologie (ToT). Le budget, non divulgué, pourrait s’aligner sur les coûts habituels des bancs GVT pour prototypes de cinquième génération, généralement compris entre 5 et 10 millions de dollars, ce qui reste modeste face aux quelque 15 000 crores de roupies (environ 1,8 milliard d’euros) alloués au développement global de l’AMCA.