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L’Arabie saoudite a lancé un appel d’offres urgent pour l’achat de 54 avions de combat Rafale français, demandant que la proposition soit soumise avant le 10 novembre, témoignant ainsi d’une forte volonté d’acquisition rapide.

Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a indiqué qu’il y avait eu des « discussions » entre Dassault Aviation, le fabricant du Rafale, et les autorités saoudiennes concernant une vente potentielle, sans toutefois entrer dans les détails.

La France a exporté plus de la moitié de sa production de Rafale à l’étranger. Parmi les clients internationaux figurent notamment l’Indonésie, la Grèce, l’Inde, le Qatar et l’Égypte.

Les ONG critiquent régulièrement la France pour ses ventes d’armes à des régimes qualifiés d’autoritaristes. Cependant, selon un rapport publié l’an dernier par le ministère des Armées, Paris respecte toujours ses engagements internationaux et soumet ses exportations d’armement à des règles strictes ainsi qu’à des contrôles rigoureux.

Cette démarche saoudienne d’acquérir des Rafale intervient à la suite d’un embargo allemand sur les ventes futures d’avions Eurofighter Typhoon à l’Arabie saoudite, imposé dans un contexte politique tendu. Le chancelier allemand Olaf Scholz avait déclaré le 12 juillet, lors du sommet de l’OTAN à Vilnius, qu’« il n’y aura pas de décision sur la livraison d’avions Eurofighter à l’Arabie saoudite dans un avenir proche ».

Auparavant, Riyad envisageait d’acheter deux escadrons supplémentaires d’Eurofighter Typhoon pour renforcer sa flotte actuelle, mais cette perspective a été bloquée par l’embargo allemand. Ce dernier est déterminant car, bien que le Royaume-Uni soit favorable à la poursuite des ventes d’Eurofighter, celles-ci nécessitent l’accord de l’Allemagne, qui s’y oppose fermement.

Par ailleurs, la production des Eurofighter est prévue pour s’achever en 2030, après la fabrication des 38 appareils destinés à l’armée allemande. Les partenaires du consortium – l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne – ont pour objectif de privilégier désormais le chasseur furtif F-35 ainsi que le futur système de combat aérien SCAF/FCAS de sixième génération, développé de manière collaborative entre plusieurs nations européennes. Maintenir une chaîne de production Eurofighter uniquement pour une commande saoudienne serait économiquement injustifiable.

Enfin, les relations tendues entre l’Arabie saoudite et les États-Unis écartent toute possibilité de nouvel achat de F-15SA. Riyad avait reçu le dernier des 84 F-15SA commandés en 2020.