Article de 471 mots ⏱️ 3 min de lecture

L’Arabie Saoudite se tourne vers l’Ukraine pour renforcer sa défense aérienne face aux menaces iraniennes, notamment les attaques par drones et missiles. Un contrat aurait déjà été signé et de négociations sont en cours pour un accord majeur qui pourrait être conclu cette semaine.

Par l’intermédiaire d’une société d’armement saoudienne, le royaume du Golfe a acquis des missiles intercepteurs ukrainiens et poursuit des pourparlers pour un important marché d’armement, selon le Kyiv Independent. Cette démarche intervient alors que Téhéran multiplie les frappes de représailles contre des bases américaines et des infrastructures dans les États du Golfe, en réaction aux attaques menées par les États-Unis et Israël contre la République islamique.

L’emploi de systèmes coûteux comme les missiles Patriot contre les essaims de drones iraniens, bon marché et efficaces, révèle une asymétrie croissante en matière de coûts et une stratégie de défense difficilement soutenable. Face à cette réalité, les États du Golfe cherchent désormais des systèmes spécifiquement conçus pour contrer ce type de menace.

L’expertise ukrainienne

Forte de son expérience au combat, notamment contre les munitions à effet de survol Shahed d’origine iranienne utilisées par Moscou, l’Ukraine propose désormais aux pays du Golfe ses intercepteurs de drones développés localement en échange de missiles PAC-3.

L’Ukraine a mis au point plusieurs technologies destinées à neutraliser les Shahed, comme un drone en immersion à 5 000 dollars et l’intercepteur à décollage et atterrissage verticaux Zerov‑8.

Drone ukrainien spécialement conçu pour éliminer les Shaheds. Photo : Commandement de l’air ukrainien Ouest

Drone ukrainien spécialement conçu pour éliminer les Shaheds. Photo : Commandement de l’air ukrainien Ouest

Cette semaine, Kyiv a dépêché trois équipes de défense aérienne respectivement au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Arabie Saoudite, ainsi que des spécialistes sur une base américaine en Jordanie, pour partager leur savoir-faire en matière de lutte contre les attaques aériennes iraniennes, rapporte Reuters.

Cependant, malgré l’opportunité d’obtenir des intercepteurs PAC-3, dont elle souffre d’une pénurie critique, l’Ukraine applique une politique d’exportation d’armes très stricte et maintient son savoir-faire dans ce domaine hautement confidentiel.

Le pays reste par ailleurs prudent quant à une coopération trop étroite avec les États du Golfe, en raison de l’influence politique et économique prégnante de la Russie et de l’Iran dans la région, explique Bohdan Popov, analyste principal chez Triada Trade Partners, cabinet ukrainien de conseil en défense et investissement basé à Kyiv.

Cependant, la rapidité et la flexibilité des transactions liées à la défense dans cette zone continuent de rendre les États du Golfe attractifs pour les entreprises ukrainiennes du secteur armement.