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L’administration Biden s’apprête à livrer une quantité non précisée de missiles ATACMS (Army Tactical Missile System) à l’Ukraine, confirmant ainsi une demande formulée à plusieurs reprises par Kiev. Cette aide vise à renforcer significativement les capacités de frappe à longue portée des forces ukrainiennes.

D’après plusieurs sources au sein de la défense américaine et un élu du Congrès, le président Joe Biden aurait informé son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky de cette décision. Ces missiles, capables d’être lancés depuis des systèmes de roquettes à haute mobilité HIMARS déjà fournis à l’Ukraine, peuvent atteindre des cibles à plusieurs centaines de kilomètres.

Cet envoi représente une avancée majeure pour l’Ukraine, qui revendique ces armements depuis 2022. Les missiles fournis seront équipés d’une ogive à fragmentation. Selon la version exacte, leur portée peut atteindre jusqu’à 190 miles (environ 300 km), ce qui offrirait à Kiev la capacité de frapper en profondeur le territoire russe. Récemment, l’Ukraine a démontré son ambition stratégique en utilisant des missiles Storm Shadow pour viser le centre de commandement de la flotte russe en mer Noire, situé dans le port de Sébastopol, en Crimée occupée.

Historiquement, les États-Unis avaient limité l’arsenal ukrainien en modifiant les HIMARS pour empêcher le tir de missiles ATACMS, une mesure rapportée en décembre 2022. Le détail des opérations techniques qui permettront de lever ces restrictions n’a pas encore été rendu public, ni le délai nécessaire pour que les missiles deviennent pleinement opérationnels sur le théâtre ukrainien.

Le système HIMARS est déjà un pilier de la défense ukrainienne : sa mobilité et sa puissance de feu ont permis des frappes précises et destructrices contre les forces russes. Ces dernières cherchent à neutraliser ces lanceurs, tandis que l’Ukraine multiplie des mesures de camouflage et l’utilisation de leurres pour en préserver l’efficacité.

Cette semaine, Kyrylo Budanov, chef du renseignement de défense ukrainien, a indiqué que le pays nécessiterait un nombre important de missiles ATACMS. Il estime que « si 100 missiles étaient fournis, cela ne changerait rien à la situation », précisant ensuite que Kiev aurait besoin « d’au moins plusieurs centaines » pour avoir un impact réel.

Le soutien militaire ne se limite pas aux systèmes d’armes : il inclut également une logistique importante en munitions. Les stocks américains d’obus d’artillerie de calibre 155 mm, notamment utilisés par les obusiers M777 fournis à l’Ukraine, ont été particulièrement sollicités. Face à cette tension sur les ressources, le ministère de la Défense américain a reconnu l’an dernier que la guerre avait épuisé de nombreux stocks et s’est engagé à accélérer la production. Début juin, le sous-secrétaire à l’acquisition du Pentagone a annoncé que les États-Unis visent désormais une production de 100 000 obus par mois d’ici 2025.