Les soldats de l’armée américaine déployés dans 14 pays relevant des zones de responsabilité du Commandement central (CENTCOM) et du Commandement Afrique (AFRICOM) entre octobre 2023 et juin 2025 sont désormais autorisés à porter des insignes de combat. Cette nouvelle politique, annoncée cette semaine, étend la période de déploiement en zone de combat et élargit les critères d’éligibilité pour le port de ces badges.

Les soldats « affectés ou rattachés à des unités soutenant des opérations dans les pays listés par le CENTCOM et l’AFRICOM » peuvent ainsi arborer le Shoulder Sleeve Insignia for Military Operations in Hostile Conditions (SSI-MOHC), plus connu sous le nom de badge de combat. Ce mémorandum, signé par le chef d’état-major de l’armée américaine, le général Randy George, a largement circulé sur les réseaux sociaux et parmi les communautés militaires en ligne.

Ce document d’autorisation concerne les soldats déployés dans les pays suivants : Bahreïn, Égypte, Irak, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Pakistan, Qatar, Arabie Saoudite, Syrie, Émirats Arabes Unis et Yémen.

La période concernée s’étend du 7 octobre 2023 au 24 juin 2025, englobant des événements majeurs tels que l’attaque du Hamas contre Israël déclenchant la guerre en cours à Gaza, ainsi que les bombardements américains de sites nucléaires iraniens le mois dernier, suivis d’une attaque de représailles sur la base aérienne al Udeid au Qatar. Cette période couvre également les deux phases des combats contre les Houthis au Yémen, les nombreuses attaques menées par des milices pro-iraniennes contre les forces et bases américaines — dont l’attaque meurtrière sur la tour 22 en Jordanie en janvier 2024 — ainsi que plusieurs opérations de défense aérienne contre des missiles et drones iraniens dirigés vers Israël.

Cette directive s’applique aux soldats de l’armée régulière, de la Réserve et de la Garde nationale remplissant les critères. L’armée précise qu’aucune durée minimale en zone d’opération n’est exigée pour l’attribution du badge, porté sur le bras droit sous le drapeau américain, et attestant d’un déploiement en situation de combat.

Le général George a aussi approuvé une dérogation aux règles habituelles, supprimant l’obligation que les soldats soient éligibles aux indemnités pour tirs hostiles, danger imminent et exonération fiscale liée aux zones de combat, afin de porter cet insigne sur leur uniforme.

« Ces changements reconnaissent les risques et défis inhérents auxquels sont confrontés les soldats dans ces zones et durant ces périodes », précise l’armée dans son communiqué. « La remise du badge de combat illustre l’engagement de l’armée à reconnaître les contributions et sacrifices de tous les soldats déployés dans ces environnements opérationnels. »

Certains pays listés n’ont pas subi d’attaques hostiles directes pendant la période mentionnée. Notamment, la Somalie n’est pas incluse, en dépit des opérations aériennes et de la mort de deux membres des Navy SEALs au large de ses côtes en janvier 2024.

La nouvelle politique relative aux badges de combat s’inscrit dans une série d’initiatives visant à honorer les militaires ayant participé ou soutenu des missions de combat durant cette période. Par exemple, les équipages navals engagés contre les Houthis ont reçu le Unit Combat Action Ribbon, tandis que les soldats déployés dans ce cadre peuvent obtenir les médailles Global War on Terrorism Service et Expeditionary. Ceux engagés en Irak et en Syrie peuvent quant à eux recevoir la médaille de la campagne Inherent Resolve.