L’Armée lance une nouvelle spécialité pour officiers dédiée à l’intelligence artificielle, offrant aux militaires la possibilité de développer une expertise pointue dans l’intégration opérationnelle de l’IA. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large du ministère de la Défense américaine visant à renforcer l’usage des systèmes d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique au sein des forces armées.

La spécialité « 49B Intelligence Artificielle / Apprentissage Automatique » a pour objectif de former des experts en uniforme chargés de l’intégration des systèmes d’IA dans les opérations militaires. Cela comprend notamment l’optimisation des réseaux logistiques et l’accélération du processus décisionnel sur le champ de bataille, selon les indications fournies par l’Armée. Ce nouveau domaine d’expertise permettra de créer un vivier de professionnels maîtrisant les technologies d’IA afin d’améliorer les fonctions de combat.

« Il s’agit d’une étape délibérée et essentielle pour répondre aux besoins opérationnels présents et futurs », a déclaré le lieutenant-colonel Orlandon Howard, porte-parole de l’Armée. « Nous formons un corps d’experts internes qui seront en première ligne pour intégrer l’IA et l’apprentissage automatique dans nos fonctions de combat. »

Cette spécialité, ouverte depuis début janvier, s’adresse aux officiers éligibles au Volunteer Transfer Incentive Program, un programme permettant de changer de spécialité professionnelle. Aucun prérequis spécifique n’a été annoncé, mais l’Armée souligne que les candidats disposant d’une expérience technique ou académique dans le domaine de l’IA et du machine learning seront particulièrement favorisés. Le nombre d’officiers qui constitueront ce premier groupe n’a pas été communiqué. Ceux qui seront sélectionnés suivront une formation avancée de niveau supérieur, axée sur la conception et le déploiement de systèmes d’intelligence artificielle appliqués aux missions militaires.

Les officiers 49B auront également la responsabilité de déployer et de superviser l’emploi de robots sur le terrain. L’Armée s’est fortement engagée ces derniers mois dans le développement et la généralisation de l’utilisation de drones autonomes, renforçant ainsi ses capacités dans ce domaine stratégique.

Par ailleurs, l’Armée a précisé que cette filière pourrait prochainement être ouverte aux adjudants, ce qui élargirait le vivier des spécialistes de l’intelligence artificielle au sein des forces.

Le mois dernier, le Pentagone a lancé sa propre version de l’intelligence artificielle générative, destinée à être utilisée par les militaires et les civils du Département de la Défense. Cette initiative commence par le déploiement de Gemini, le système d’IA développé par Google pour le gouvernement fédéral. « L’avenir de la guerre américaine est déjà là, et il s’écrit avec l’IA », a affirmé le secrétaire à la Défense Pete Hegseth lors de l’annonce. Ce dispositif sera prochainement renforcé par l’intégration d’outils supplémentaires d’intelligence artificielle.

L’Armée prévoit que le premier groupe d’officiers classés 49B sera officiellement reclassifié avant la fin de l’année fiscale en septembre, marquant ainsi une étape importante dans la modernisation technologique des forces armées américaines.