La première compétition de l’Armée américaine dédiée aux drones militaires a rassemblé des soldats venus de toutes les unités pour s’affronter dans des courses de quadricoptères, tester de nouvelles inventions et expérimenter des tactiques offensives. Cette compétition de trois jours, organisée au Centre d’excellence de l’aviation de l’Armée et au Centre d’excellence de la manœuvre de Huntsville, en Alabama, a mis en lumière l’intégration croissante des drones dans les opérations militaires.
Inspirée par des événements prestigieux comme le Best Ranger ou le Best Sapper, cette première édition intitulée Best Drone Warfighter Competition comportait trois épreuves principales : le meilleur opérateur de drone, la meilleure équipe tactique et la meilleure innovation. Aucun critère restrictif n’a été imposé aux unités pour participer : celles-ci devaient simplement envoyer leurs meilleurs opérateurs de systèmes aéronautiques sans pilote (UAS). Les équipes sélectionnées provenaient ainsi de l’Armée régulière, de la Garde nationale et des réserves.
Les règles concernant le matériel ont été tout aussi flexibles. Les unités ont pu utiliser leurs propres drones et équipements modifiés, en lieu et place d’un modèle standard, offrant à l’Armée une vision précieuse sur les configurations les plus adaptées aux conditions du champ de bataille.
Lors de l’épreuve Meilleure équipe tactique, les soldats ont reproduit des situations de combat réalistes. Par équipes de deux, ils devaient rapidement appliquer un camouflage, charger leur équipement, traîner un mannequin lesté sur le terrain, puis déployer et piloter une escouade de drones. Le duo fonctionnait en mode chasseur-tueur : un soldat contrôlait un drone de reconnaissance pour localiser les cibles tandis que l’autre lançait des drones d’attaque autonomes pour neutraliser les menaces (les drones étaient capturés par des filets, évitant l’utilisation d’explosifs cinétiques). L’équipe gagnante fut composée du sergent-chef Angel Caliz et du spécialiste Jonah Burks, du 2e régiment de cavalerie.

Pour la compétition Meilleur opérateur de drone, les pilotes ont dû enfiler des lunettes à première personne et franchir un parcours semé d’obstacles comportant des dénivelés, des virages serrés et des vents parfois forts. La performance était évaluée sur la rapidité et la capacité à terminer ce parcours complexe. Le gagnant fut le sergent Javon Purcher, artilleur au sein de la 1re division de cavalerie.
La dernière catégorie, Meilleure innovation, offrait aux soldats l’occasion de présenter leurs propres inventions ou modifications destinées à améliorer l’usage des UAS en opérations. L’équipe de la 28e division d’infanterie de la Garde nationale de Pennsylvanie, composée du lieutenant Ryan Giallonardo, des adjudants-chefs Robert Reed et Nathan Shea, ainsi que du sergent-chef Brent Wehr, a remporté cette épreuve grâce à leur projet baptisé Project R.E.D. (Recovery Exploitation Drone), un drone équipé d’un bras robotisé et d’une pince conçu pour récupérer d’autres drones. Après avoir présenté leur idée devant un jury le premier jour, ils ont démontré son efficacité lors de la journée suivante.
Au-delà de ce nouveau rendez-vous pour les soldats, la compétition témoigne de la volonté ferme de l’Armée de renforcer l’intégration des drones dans ses tactiques et opérations. Quelques mois plus tôt, un « crucible » interarmées réunissant Armée, Corps des Marines, Marine et Force aérienne avait également permis d’évaluer des tactiques de drones et de favoriser l’échange de retours d’expérience entre services.
L’Armée américaine déploie rapidement sa force de drones, avec des plans ambitieux visant l’achat d’un million d’unités, tout en développant parallèlement des capacités de lutte contre les drones. Le colonel Nicholas Ryan, Directeur de la transformation des UAS à l’Aviation Center of Excellence, a annoncé vouloir étendre l’événement l’année prochaine en ajoutant, entre autres, des épreuves de brouillage électromagnétique.