L’Armée indienne s’apprête à introduire une nouvelle dimension technologique dans la lutte contre les infiltrations et les opérations offensives le long de la Ligne de Contrôle (LoC) en déployant des drones kamikazes à vue à la première personne (FPV) pour des frappes ciblées contre les équipes d’action frontalière pakistanaises (BAT). Ces unités spécialisées, réputées pour leurs attaques transfrontalières soudaines et bien planifiées, représentent un défi constant pour les forces indiennes. Cette initiative marque un tournant significatif dans la manière dont l’armée prévoit de contrer ces incursions à haut risque.
Depuis un an, l’Armée indienne mène des essais approfondis de drones kamikazes FPV équipés de charges anti-personnel, conçues pour cibler avec précision des objectifs mobiles et rapides. Des versions initiales ont déjà été testées lors d’exercices et de déploiements opérationnels limités, dont les résultats ont convaincu les hauts responsables militaires. Le processus d’intégration progresse rapidement grâce aux contributions croissantes des startups et des industriels privés de la défense, qui fournissent des modèles opérationnels plus performants, robustes et capables de voler à grande vitesse tout en naviguant dans des zones boisées étroites et des terrains accidentés.
Contrairement aux méthodes d’attaque conventionnelles, ces drones kamikazes allient renseignement en temps réel, surveillance et reconnaissance à une capacité de frappe précise. L’opérateur guide le drone en vision directe via la caméra embarquée jusqu’à l’impact. Pour l’armée, cela représente une capacité inédite de traquer et neutraliser les intrus dans des conditions sensibles au facteur temps. Les équipes BAT exploitent souvent les angles morts et le couvert naturel le long de la LoC, rendant les méthodes d’engagement traditionnelles plus difficiles et risquées. Un drone capable de patrouiller discrètement, d’identifier des déplacements et de frapper en quelques secondes pourrait inverser avantageusement la situation tactique.
Ce qui rend ces drones particulièrement efficaces, c’est leur faible coût et leur simplicité d’utilisation. Contrairement aux systèmes d’artillerie ou aux missions de tir depuis hélicoptères, qui comportent des risques plus élevés et des délais de réaction plus longs, les drones FPV peuvent être lancés par une petite unité à partir d’avant-postes avancés. Ils sont ainsi parfaitement adaptés aux ripostes rapides ou à la neutralisation préventive d’infiltrateurs avant qu’ils ne puissent regagner la frontière. Ces drones peuvent également opérer par mauvais temps ou de nuit, comblant ainsi une lacune que le Pakistan a souvent tenté d’exploiter.
L’intégration de ces drones dans les opérations de première ligne traduit une évolution de la doctrine indienne de lutte contre les infiltrations. Les équipes BAT sont fréquemment appuyées par des unités de l’armée pakistanaise et opèrent avec une précision chirurgicale, cherchant à tendre des embuscades, poser des engins explosifs improvisés (IED) ou cibler des positions isolées. L’introduction des drones kamikazes rendra ces opérations beaucoup plus risquées pour l’adversaire. Plutôt que de s’appuyer uniquement sur le tir d’infanterie, les tireurs d’élite ou les armes lourdes, les troupes indiennes disposeront désormais d’un outil capable d’éliminer directement des combattants ennemis dissimulés sous une végétation dense ou dans un terrain accidenté, sans exposer inutilement les soldats.
Cette démarche symbolise également une tendance plus large à la modernisation des forces armées. L’Armée indienne collabore de plus en plus étroitement avec l’industrie privée, les startups et les innovateurs en technologie de défense pour adopter de nouveaux concepts de guerre par drones qui transforment les champs de bataille modernes à l’échelle mondiale. Les petits drones de frappe autonomes jouent déjà un rôle dominant dans le conflit russo-ukrainien et au Moyen-Orient, démontrant leur efficacité dévastatrice contre l’infanterie et les véhicules blindés légers. La décision de l’Inde d’étendre leur usage opérationnel s’inscrit ainsi dans une évolution naturelle.