Face à la nécessité de moderniser sa flotte blindée dans un contexte de menaces croissantes sur le champ de bataille, l’Armée indienne envisagerait de convertir ses chars de combat principaux T-72 vieillissants en véhicules blindés sans pilote pour des missions à haut risque. Cette proposition, relayée par des sources spécialisées, s’inscrit dans une stratégie visant à prolonger la durée de vie opérationnelle de ces engins, tout en répondant aux défis posés par l’évolution des menaces, notamment les drones et les munitions à attaque verticale.

L’Armée indienne dispose d’environ 2 400 chars T-72, introduits à la fin des années 1970 et fabriqués sous licence à la Heavy Vehicles Factory (HVF) d’Avadi depuis 1984. Surnommés « Ajeya », ces blindés ont joué un rôle clé dans la force mécanisée indienne, faisant leurs preuves lors de conflits comme la guerre de Kargil en 1999 ou au cours d’opérations de lutte contre l’insurrection. Cependant, beaucoup de ces chars ont dépassé leur durée de vie utile initiale de 30 ans, ce qui soulève des inquiétudes face aux progrès des missiles antichars guidés, des munitions à longue attente (loitering munitions) et des drones kamikazes, des menaces mises en lumière notamment lors de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Dans la perspective du retrait progressif des T-72 après 2030, l’Armée travaille actuellement à la modernisation des versions plus récentes de ces blindés avec des systèmes avancés, tout en explorant la conversion des modèles les plus anciens en plates-formes autonomes. Cette initiative innovante pourrait permettre d’engager ces chars sans mettre en danger les équipages, en particulier dans des zones fortement contestées où l’adversaire bénéficie d’un avantage tactique.