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Dans une démarche ambitieuse visant à renforcer la préparation opérationnelle de toutes ses unités, l’Armée indienne a instauré un nouveau régime universel de condition physique. Le nouveau Combined Physical Test (CPT) devient ainsi obligatoire pour l’ensemble des 1,3 million de soldats, des jeunes recrues Agniveers aux officiers généraux, attestant que l’âge ne doit plus constituer un frein à la performance physique optimale.

Selon des sources officielles, le CPT fusionne les anciens Battle Physical Efficiency Test (BPET) et Physical Proficiency Test (PPT) en une évaluation unique et complète, adaptée aux exigences du combat moderne. Cette consolidation répond aux défis multiples rencontrés sur le terrain, tels que les menaces hybrides, les déploiements en haute altitude et les engagements prolongés, où l’endurance physique est un facteur déterminant du succès. « Dans une ère d’opérations multidomaines, chaque soldat doit incarner l’éthique du guerrier, quel que soit son grade ou son ancienneté », souligne un haut gradé, soulignant ainsi la volonté de promouvoir une culture de vitalité constante.

Une évaluation biannuelle pour tous jusqu’à 60 ans

Le nouveau protocole impose la passation du CPT deux fois par an pour tout le personnel jusqu’à l’âge de 60 ans, une extension significative par rapport aux critères précédents : le BPET s’appliquait jusqu’à 45 ans, tandis que le PPT concernait les moins de 50 ans. Les lieutenants-généraux, les officiers les plus hauts placés après le Chef d’État-Major de l’Armée, prennent généralement leur retraite à 60 ans, ce dernier restant en fonction jusqu’à 62 ans. En incluant tous les échelons de la hiérarchie, le CPT s’assure que même les stratèges travaillant au bureau conservent l’endurance nécessaire pour diriger sur le terrain, illustrant la philosophie selon laquelle la condition physique est un impératif tout au long de la carrière militaire.

Un test inspiré des réalités du combat

Le CPT intègre des exercices basés sur des simulations concrètes de combat : courses chronométrées, parcours d’obstacles, marches avec charge, et épreuves de force reproduisant les contraintes du champ de bataille. Bien que les critères précis soient en cours de finalisation, des standards adaptés à l’âge permettront de tenir compte des capacités physiologiques, sans toutefois offrir d’exemptions, même aux officiers supérieurs. Cette approche égalitaire reflète l’esprit du programme Agnipath, qui valorise la vigueur des jeunes soldats tout en responsabilisant les cadres expérimentés. Elle devrait aussi contribuer à réduire les blessures et à renforcer la cohésion des unités.

Mise en œuvre progressive à travers tout le pays

Le déploiement commencera par des phases préparatoires dès le 15 octobre 2025 dans les nombreuses unités de l’Armée, réparties du glacier de Siachen aux étendues désertiques du Thar. Des modules de formation, des améliorations des infrastructures et des campagnes de sensibilisation accompagneront ce déploiement complet prévu pour le 1er avril 2026. Chaque unité adaptera les exercices au terrain local, faisant du CPT un outil vivant de renforcement de la résilience. « Il ne s’agit pas simplement de réussir un test, mais de forger une force inébranlable prête à toute éventualité », indique une source. Le programme s’insèrera également dans des initiatives de bien-être telles que le yoga et le suivi nutritionnel.

Cette réforme intervient à un moment crucial, alors que l’Armée indienne intensifie ses efforts physiques face aux tensions frontalières et aux missions de sécurité intérieure. Des études récentes, notamment menées par le corps médical de l’Armée, démontrent qu’un maintien rigoureux de la condition physique entraîne une diminution de 20 à 30 % de l’attrition et accélère les temps de récupération. En démocratisant la condition physique, le CPT pourrait inspirer des mesures similaires dans la Marine et l’Armée de l’Air, renforçant ainsi l’intégration tri-service sous l’autorité du Chef d’État-Major de la Défense.