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À la suite du conflit intense de quatre jours opposant l’Inde et le Pakistan en mai 2025, baptisé Opération Sindoor et présenté comme la « Première guerre de drones », l’armée indienne a demandé à ses fabricants locaux d’équipements d’augmenter leur capacité de production de munitions tournantes. Selon des sources proches du dossier, l’armée cherche à renforcer ses capacités d’assemblage, de test, d’intégration des charges utiles et de production globale afin de répondre à une demande massive en cas d’urgence, avec des délais de livraison considérablement raccourcis.

Cette décision fait suite à des évaluations sur le terrain durant le conflit, où les munitions tournantes, qu’elles soient déjà en service ou expérimentales, se sont révélées déterminantes, tout en mettant en lumière la nécessité d’un réassort rapide face à un taux de pertes élevé. Confrontée à la menace croissante des essaims de drones, l’armée privilégie désormais des usines « prêtes à la montée en puissance », capables de fournir des équipements de remplacement en quelques semaines, et non en plusieurs mois, afin d’assurer la continuité des opérations en cas d’engagement prolongé.

Opération Sindoor, qui s’est déroulée le long de la Ligne de Contrôle (LoC) du 7 au 10 mai 2025, a marqué un tournant dans la guerre en Asie du Sud. Les systèmes sans pilote ont représenté près de 40 % des engagements. Les forces pakistanaises ont lancé plus de 200 munitions tournantes lors de la première salve, certaines ayant franchi les défenses extérieures pour frapper des positions avancées, des centres logistiques et des postes de commandement indiens. En réponse, l’armée indienne a utilisé un mélange de systèmes étrangers et indigènes, notamment les drones israéliens Harop et Harpy, ainsi que des modèles locaux comme le Nagastra-1 de Solar Industries et les munitions tournantes Warmate. Ces drones « kamikazes » ont permis des frappes précises sur des radars ennemis, des batteries de défense aérienne et des concentrations de troupes, neutralisant des cibles à haute valeur stratégique tout en minimisant les risques pour le personnel.

La nature dronique du conflit, comparable aux théâtres ukrainien et gazou, a confirmé le rôle clé des munitions tournantes comme multiplicateurs de force dans les conflits hybrides. Des systèmes peu coûteux et produits en grand nombre, semblables aux équivalents iraniens du Shahed-136, ont saturé les défenses traditionnelles, poussant l’armée à accélérer le développement de contre-mesures tout en renforçant son arsenal offensif. Dans ses évaluations post-opération, le chef d’état-major de la Défense, le général Anil Chauhan, a souligné que la maîtrise de ces technologies pouvait « façonner le champ de bataille » dans la région, estimant à 70-80 le nombre de drones indiens perdus, ce qui accentue l’urgence d’un réapprovisionnement rapide.

Les analyses détaillées après combat ont fourni aux fabricants des enseignements précieux, mettant en lumière tant les succès que les lacunes dans les performances des munitions tournantes. Le Nagastra-1, munition portable de 15 kg avec une autonomie comprise entre 15 et 30 km et guidage GPS/INS, a excellé dans les frappes à courte distance, avec un taux d’impact supérieur à 80 % contre des cibles molles. De même, le Rudrastra VTOL, récemment acquis en grand nombre, a démontré une grande endurance (jusqu’à 2 heures) et une grande polyvalence de charges utiles, réussissant à déjouer la guerre électronique pakistanaise.

L’armée est allée au-delà de son inventaire standard en déployant plusieurs munitions non encore adoptées ou prototypes afin de mesurer leur efficacité réelle en conditions de combat. Des plateformes expérimentales d’entreprises innovantes comme IG Drones et Veda Aeronautics, notamment le Sureshastra Mk1 — motorisé à réaction avec une portée entre 100 et 200 km — ont été mises en action pour des évaluations en conditions réelles. Les retours ont porté sur l’endurance dans des environnements brouillés, l’interopérabilité des essaims et la létalité des charges face à des bunkers renforcés. Il a été noté que ces systèmes non adoptés ont contribué à 25 % des frappes confirmées malgré des difficultés initiales, notamment des interférences de signal. Les fabricants ont reçu des données successives sur la fiabilité des capteurs et les mécanismes de récupération, ce qui accélère les améliorations des futures versions. Comme l’a souligné le lieutenant-général Dhiraj Seth, commandant de la Southern Army, lors d’un séminaire d’après conflit, ces évaluations ont transformé les munitions tournantes de simples outils spécialisés en « facteurs essentiels » face aux menaces asymétriques le long de la LoC et de la Ligne de Contrôle Réelle (LAC).

En réponse à ces constats, l’armée a ordonné aux principaux fabricants de mettre en place des installations de production prêtes à une montée en charge rapide. L’objectif est d’installer des chaînes d’assemblage modulaires pour une intégration accélérée des capteurs, des charges explosives (de 1 à 5 kg de munition fragmentaire) et des cellules, accompagnées par des bancs d’essai dédiés pour un contrôle qualité renforcé. Ces usines doivent être capables d’une production « juste à temps », avec une capacité de livrer 500 à 1 000 unités dans un délai de 30 à 60 jours après la commande, un progrès majeur par rapport aux délais actuels, qui s’étendent de six à douze mois.