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Lors de l’exercice conjoint Vayu Samanvay à la base aérienne d’Ambala, l’armée indienne a mis en lumière ses drones nationaux ainsi que ses technologies avancées de lutte anti-drones, témoignant d’une autonomie renforcée face à la montée des menaces aériennes. Cette démonstration s’inscrit dans un exercice interarmées destiné à valider des opérations coordonnées air-terre, mettant en avant les innovations développées dans le cadre de l’initiative Atmanirbhar Bharat, avec un focus sur le déploiement rapide et la supériorité en guerre électronique dans des environnements contestés.

Au programme, une gamme de drones portables et tactiques, incluant des munitions rôdeuses et des drones de surveillance, complétée par des systèmes anti-drones multicouches (C-UAS) capables de détecter, brouiller et neutraliser les appareils hostiles. Cette avancée arrive à un moment crucial, alors que les récents incidents frontaliers ont révélé la vulnérabilité face à des drones adverses peu coûteux, soulignant la nécessité d’une défense robuste et locale. Le programme de l’armée, baptisé Eagle in the Arm et lancé ce mois-ci, vise à rendre chaque soldat compétent en utilisation de drones, en intégrant ces capacités au sein des unités d’infanterie.

Le colonel Pushp Raj Pandey, coordinateur clé du projet, a présenté une innovation majeure : une fusée électronique adaptable à divers types de munitions pour les armements déployés par drone. « Nous avons mis au point une fusée électronique pouvant être connectée à n’importe quelle munition et larguée par drones… Son fonctionnement dépendra de la charge utile du drone », a-t-il expliqué, soulignant la polyvalence de ce système pour des frappes de précision en terrain urbain ou en haute altitude, où l’artillerie traditionnelle est moins efficace.

À côté des capacités offensives, un système anti-drone à plusieurs niveaux a été présenté par le major Varun Jeet Singh, venu spécialement avec le prototype depuis l’Assam. « Nous avons développé ce système et l’avons amené d’Assam… Il comprend un dispositif de détection des menaces permettant leur neutralisation… Le brouilleur tente d’abord de perturber les fréquences du drone adverse. Si cela échoue, une option de destruction cinétique intervient via des tirs… En dernier recours, une roquette est lancée jusqu’à 100-150 mètres pour éliminer tout drone possible », a détaillé le major Singh, décrivant ainsi une riposte graduée : brouillage sur plusieurs bandes, interceptions cinétiques, puis roquettes anti-aériennes contre les drones en haute altitude.

L’exercice Vayu Samanvay, qui réunit l’armée de terre, l’aviation et la marine, a simulé des scénarios réalistes tels que des attaques par essaims et des opérations de guerre électronique, validant l’interopérabilité de ces systèmes avec des plateformes comme les avions Tejas et les hélicoptères Apache. Selon les responsables, ces technologies indigènes, développées en collaboration avec le DRDO et des entreprises privées, atteignent plus de 70 % de contenu local, réduisant ainsi la dépendance aux importations tout en permettant des mises à jour rapides face aux menaces évolutives venant notamment de la Chine et du Pakistan.