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L’armée indienne fait face à un revers majeur dans son programme de modernisation de l’artillerie avec la suspension de l’intégration des canons Sharang, en raison de défauts critiques affectant les métaux et composants fournis par Advanced Weapons and Equipment India Limited (AWEIL), une entreprise publique de défense. Cette décision, rapportée par The Hindu Business Line, intervient à un moment crucial marqué par l’opération Sindoor en cours et une intensification des défis sécuritaires régionaux, mettant en question la préparation opérationnelle des forces terrestres.

Lancé en 2018, le projet Sharang visait à moderniser 300 pièces d’artillerie soviétiques 130 mm M-46 en les adaptant au calibre 155 mm/45, avec un contrat valorisé à 200 crores de roupies, initialement confié au défunt Ordnance Factory Board (OFB) puis transféré à AWEIL. Cette modernisation devait faire passer la portée des canons de 27 km à 39 km, renforçant ainsi significativement la puissance de feu de l’armée indienne. À ce jour, 159 exemplaires modernisés ont été livrés, mais de graves problèmes de qualité ont conduit à la suspension de la livraison des 141 unités restantes.

Des défauts mécaniques, électriques, électroniques et métallurgiques affectent la fiabilité des canons. Des sources militaires ont indiqué que les pièces livrées présentent des défaillances affectant leur performance. « La modernisation des 159 canons a été achevée, mais avec de nombreux problèmes de qualité », a déclaré un haut responsable de la défense. « Nous avons temporairement arrêté les nouvelles livraisons jusqu’à ce que AWEIL corrige toutes les anomalies et garantisse le respect des normes de qualité pour les prochains lots. »

Un point particulièrement problématique concerne les freins de bouche, éléments essentiels pour réduire le recul et améliorer la précision de tir. AWEIL avait acquis 200 freins de bouche auprès d’un fournisseur privé, mais les unités d’artillerie ont signalé une qualité inférieure aux spécifications requises. Ces composants défectueux compromettent non seulement l’efficacité opérationnelle, mais mettent aussi gravement en danger la sécurité des canonnistes.

« Le problème est connu d’AWEIL depuis plus de deux ans », a affirmé un haut fonctionnaire. « Les retards répétés et les corrections insuffisantes mettent en péril la vie des soldats et impliquent un gaspillage des fonds publics. » Ces difficultés récurrentes ont soulevé des interrogations sur la rigueur du contrôle qualité et la supervision exercée par AWEIL, notamment dans le cadre de ses relations avec les fournisseurs privés.

Cette suspension constitue un coup dur pour la modernisation de l’artillerie indienne, un enjeu crucial pour maintenir la capacité opérationnelle face à l’évolution des tensions régionales. L’opération Sindoor en cours rappelle l’importance d’armes d’artillerie fiables et performantes pour le soutien des forces au sol. La défaillance du programme Sharang complique davantage la transition progressive vers des systèmes modernes, tels que les canons K9 Vajra et le Advanced Towed Artillery Gun System (ATAGS).

Le projet Sharang avait été conçu comme une solution économique pour accroître la puissance de feu en modernisant les équipements existants plutôt qu’en acquérant du matériel neuf. La suspension actuelle risque cependant de ralentir cette modernisation, impactant potentiellement la capacité de l’armée à opérer efficacement dans des zones sensibles.

AWEIL doit désormais résoudre les anomalies identifiées et restaurer la confiance dans ses processus de fabrication. L’entreprise publique est appelée à corriger les problèmes mécaniques, électriques, électroniques et métallurgiques affectant les canons livrés, tout en s’assurant que les prochaines livraisons respecteront les normes strictes imposées par l’armée. La résolution du problème relatif aux freins de bouche sera déterminante pour permettre la reprise des livraisons.

L’armée indienne a clairement indiqué qu’aucune nouvelle induction n’aura lieu tant que des améliorations notables en matière de contrôle qualité ne seront pas démontrées. Cela pourrait impliquer un renforcement de la supervision des fournisseurs privés, l’instauration de protocoles de test plus rigoureux et des mécanismes de garantie qualité renforcés afin d’éviter la répétition de ces problèmes.