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Malgré les zones désertiques apparemment inhospitalières, l’armée américaine fait face à un problème récurrent de visiteurs s’aventurant illégalement sur son terrain d’expérimentation en Arizona. Ce site de 3 367 km² est un lieu sensible, mêlant essais militaires et dangers liés à la présence d’engins non explosés.

La police du Yuma Proving Ground a dû renforcer les contrôles pour empêcher les intrusions sur ce vaste espace utilisé par les forces armées pour tester leurs technologies expérimentales de pointe ainsi que pour mener des exercices de tir réel. Ces activités, par nature dangereuses, rendent la présence de curieux particulièrement risquée, comme le soulignent les autorités dans un communiqué : « Les cas d’intrusion demeurent obstinément persistants ces dernières années ».

Créé il y a plus de 80 ans, ce site, dont l’existence remonte officieusement à 1850, est officiellement un terrain d’entraînement depuis la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, les troupes y étaient préparées avant leur déploiement dans les déserts d’Afrique du Nord. Après la guerre, le lieu a continué à servir de plateforme d’essais pour avions, munitions, hélicoptères armés et technologies de navigation de précision.

Aujourd’hui, les différentes armes et services effectuent des exercices réguliers sur ce terrain désertique. Il est également employé pour tester des équipements de défense modernes, tels que des armes anti-drones ou des lasers haute technologie, qui représentent un risque sérieux, notamment des blessures oculaires graves pour les intrus imprudents.

Mark Schauer, porte-parole du Army Test and Evaluation Command, responsable de la gestion du site, précise qu’une grande majorité des intrus sont des visiteurs hivernaux, souvent des passionnés de véhicules tout-terrain. Cependant, en raison de l’immensité du terrain, il est impraticable d’en clôturer l’intégralité.

Le communiqué a été diffusé avant le week-end de la fête des présidents, période durant laquelle le tourisme est particulièrement intense et la population locale de Yuma double quasiment en hiver.

Le sergent Gregory Harper, agent de police spécialisé en conservation, témoigne rencontrer « principalement des personnes honnêtes et coopératives » dont les intentions ne sont pas malveillantes. Toutefois, « cela ne les protège pas des dangers présents sur nos terrains ». Au cours de sa carrière, il a dû intervenir à plusieurs reprises pour secourir des personnes piégées dans des mines abandonnées. En 2024, il a participé à une mission de sauvetage de 12 heures pour une femme victime d’une fracture de la cheville au fond d’un puits minier de plus de 60 mètres de profondeur.

Ce dernier incident s’est produit à environ 2,5 kilomètres de la frontière officielle du Yuma Proving Ground, mais des mines abandonnées sont disséminées à travers tout le terrain.

Le Département de la Défense estime le coût du nettoyage des nombreuses zones contaminées par des munitions non explosées sur ce site à 45 millions de dollars d’ici 2045.