L’Armée néo-zélandaise s’appuie sur les technologies locales pour explorer le domaine en pleine expansion de la guerre par drones, en particulier les systèmes FPV (vue à la première personne) capables de mener des frappes offensives.
Les drones, ou systèmes aériens sans pilote (UAS), sont devenus ces dernières années un élément indispensable des capacités de renseignement, surveillance, acquisition de cibles et reconnaissance (ISR) de l’Armée de Nouvelle-Zélande. Ils jouent un rôle clé au sein de son système global de combat.
« Les UAS sont désormais omniprésents dans les opérations militaires modernes, que ce soit lors d’interventions humanitaires ou dans des combats de haute intensité », souligne le capitaine Richard Adams, responsable des UAS pour l’Armée néo-zélandaise.
« Nous devons nous adapter en urgence pour fournir à notre personnel les équipements nécessaires.
Selon les rapports provenant d’Ukraine, environ 70 % des pertes sur le champ de bataille moderne sont causées par des drones. La capacité à utiliser efficacement ces systèmes, tout en se protégeant contre eux, est donc cruciale. »
Si les drones tendent à devenir aussi courants que les fusils, ils ne constituent cependant qu’une composante d’un système plus large. L’Armée néo-zélandaise travaille ainsi à leur intégration en parallèle avec des systèmes traditionnels et d’autres technologies émergentes, précise le capitaine Adams.
L’Armée de Nouvelle-Zélande participe activement à la Coalition ukrainienne pour les capacités en drones, un programme soutenu par le gouvernement néo-zélandais à hauteur de 8 millions de dollars jusqu’à présent.
« Notre engagement au sein de cette coalition est essentiel pour suivre l’évolution rapide de ces technologies », ajoute le capitaine Adams.
La semaine dernière, dix pilotes de drones qualifiés ont été formés aux plateformes FPV lors d’un stage organisé au camp militaire de Burnham, sous la direction du 2e bataillon/1er bataillon, Royal New Zealand Infantry Regiment (2/1 RNZIR).
Les entreprises néo-zélandaises Kiwi Quads et Fenix ont fourni des drones pouvant être imprimés en 3D et assemblés directement sur place.
Le sergent instructeur Lachlan McDonald souligne que ces drones sont abordables, simples à construire et apportent une dimension offensive à leurs capacités ISR, en pouvant frapper des cibles directement.
« C’est une période passionnante, avec des technologies qui émergent rapidement à travers le monde et transforment les modalités du combat moderne. Nous cherchons à suivre ce rythme d’innovation pour constituer les unités les plus performantes possibles », indique-t-il.
Le capitaine Adams confirme que si l’Armée néo-zélandaise n’opère pas encore de système FPV, leur impact sur les conflits contemporains est manifeste.
« Nous sommes en train d’introduire activement ces systèmes. Le travail mené par le 2/1 RNZIR est une étape cruciale pour identifier les soldats aptes à exploiter cette technologie. »
Le mois prochain, des soldats de l’Armée néo-zélandaise testeront leurs compétences en pilotage de drones lors du tournoi international militaire de courses de drones, qui regroupe 14 nations au Royaume-Uni, avec une équipe tri-armée.
Ce type de compétition permet au personnel militaire de perfectionner ses compétences sur diverses plateformes.
« Offrir une formation adaptée pour développer ces savoir-faire nous place dans les meilleures conditions pour adopter rapidement cette capacité », conclut le capitaine Adams.