L’armée ukrainienne a intégré à son arsenal le pick-up Tata Xenon, fabriqué en Inde, qu’elle utilise comme véhicule technique équipé de deux mitrailleuses lourdes Maxim, d’avant la Première Guerre mondiale, pour des missions de lutte anti-drones. Ce déploiement inhabituel illustre la capacité d’adaptation de ce robuste 4×4 et soulève des questions sur sa chaîne d’approvisionnement vers l’Ukraine.
Bien qu’il ne soit pas confirmé que Tata Motors ait directement vendu ces véhicules, des enquêtes menées par des experts en renseignement et armement indiquent que des pièces détachées pour le Tata Xenon sont largement disponibles en Ukraine, ce qui pourrait provenir d’une réexportation depuis l’Europe ou d’achats directs auprès du constructeur indien.
Le Tata Xenon, un pick-up double cabine 4×4 reconnu pour sa fiabilité et sa robustesse, équipe depuis longtemps l’armée indienne comme véhicule logistique et de transport de troupes. Son adoption par l’armée ukrainienne comme véhicule technique – c’est-à-dire un véhicule léger armé de mitrailleuses lourdes – témoigne d’une utilisation astucieuse de cette plateforme. L’installation des deux mitrailleuses Maxim, armes historiques connues pour leur fiabilité et leur cadence de tir élevée, est particulièrement remarquable. Ces mitrailleuses anciennes ont été converties pour cibler les drones volant à basse altitude, une menace croissante dans les conflits modernes. La grande surface du plateau du Xenon permet d’accueillir les armes et l’équipage nécessaire, renforçant ainsi la mobilité tactique sur le terrain.
Cette adaptation répond à la nécessité pour l’Ukraine de contrer les essaims de drones, tactique de plus en plus utilisée par ses adversaires, comme en attestent les combats récents. Malgré leur ancienneté, les mitrailleuses Maxim offrent une solution économique pour engager des cibles de faible taille et de faible signature radar, en association avec la maniabilité du Tata Xenon sur des terrains variés.
La présence de pick-up Tata Xenon en Ukraine suscite des interrogations concernant leur provenance. Tata Motors, principal fournisseur de l’armée indienne, n’a pas officiellement confirmé de ventes directes vers l’Ukraine. Cependant, les enquêtes révèlent une disponibilité importante de pièces détachées sur place, ce qui suggère deux hypothèses :
- Réexportation depuis l’Europe : certains pays européens, qui intègrent ces véhicules dans leurs flottes logistiques ou de maintien de la paix, pourraient avoir réexporté des unités ou des pièces en soutien aux forces ukrainiennes.
- Achat direct : l’Ukraine aurait pu acquérir ces véhicules directement auprès de Tata Motors ou par leurs distributeurs agréés, via des accords privés ou dans le cadre d’aides militaires internationales.
Le contrôle strict des exportations de matériel militaire par le gouvernement indien, couplé à la politique commerciale de Tata privilégiant les marchés nationaux et les pays alliés tels que les membres de la SAARC ou de l’ASEAN, rend les ventes directes peu probables sans autorisation officielle. Néanmoins, la disponibilité des pièces détachées témoigne d’un réseau d’approvisionnement établi, probablement facilité par des intermédiaires ou des pays alliés de l’OTAN soutenant l’Ukraine.
Le Tata Xenon est propulsé par un moteur diesel 2.2L DICOR développant 112 chevaux et 300 Nm de couple, adapté aux exigences des zones de combat. Ses capacités 4×4 et son dégagement de 210 mm lui permettent de franchir des terrains boueux, des décombres urbains ou des forêts – conditions typiques du front oriental ukrainien. La version double cabine, commandée par l’armée indienne en plusieurs milliers d’exemplaires, peut accueillir jusqu’à neuf passagers, offrant ainsi un espace suffisant pour les servants des mitrailleuses Maxim et leur équipe de soutien.
Pour les opérations anti-drones, cette configuration mise sur la capacité des mitrailleuses Maxim à fournir un tir soutenu. Leur efficacité demeure toutefois limitée face aux drones rapides ou évoluant en haute altitude, comparée aux systèmes modernes comme les défenses laser ou les intercepteurs à missiles. Le rôle tactique du Tata Xenon se concentre donc sur les cibles lentes et basse altitude, principalement des drones utilisés pour la reconnaissance ou des attaques à petite échelle, une approche que l’Ukraine a perfectionnée depuis le renforcement de la guerre par drones après l’invasion russe.