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L’armée indienne a démontré l’efficacité de son arsenal d’intelligence artificielle (IA) lors de l’opération Sindoor en mai, un engagement à haute intensité contre le Pakistan. L’utilisation massive d’outils IA a permis de transformer des données brutes en informations tactiques précises, offrant un avantage décisif sur le champ de bataille grâce à une fusion en temps réel des renseignements, l’évaluation des menaces et la prévision météorologique pour des frappes longue portée d’une grande précision.

« L’IA a été employée à grande échelle pour la fusion de données multi-capteurs et multi-sources en temps réel pendant l’opération Sindoor… Au total, 23 applications dédiées ont été utilisées pour traiter les données et les informations », a révélé lundi le général de division Rajiv Kumar Sahni, Directeur général des ingénieurs électroniques et mécaniques (EME). Cette offensive numérique a non seulement clarifié le chaos ambiant, mais aussi permis de contrer l’appui discret de la Chine, qui a fourni au Pakistan des flux satellites en « temps réel » sur les déploiements indiens lors des affrontements du 7 au 10 mai, illustrant les avancées de l’Armée populaire de libération (APL) dans la guerre hybride alimentée par l’IA.

Malgré ces obstacles, l’Armée indienne s’inscrit pleinement dans la « mission IndiaAI » nationale, adoptant une « approche globale » en collaborant étroitement avec les grands groupes industriels et le monde académique pour égaler, voire surpasser, les avancées technologiques de ses adversaires. Le général Sahni a insisté sur la puissance de cette coopération, plaçant l’Inde au premier plan des opérations augmentées par l’intelligence artificielle.

Parmi les technologies majeures déployées lors de Sindoor, l’Electronic Intelligence Collation and Analysis System (ECAS) s’est imposé comme un logiciel clé, évoluant en temps réel pour identifier et hiérarchiser les menaces. « Il a contribué à assurer une dominance stratégique », a souligné le général, en attribuant à ECAS la capacité de filtrer les signaux électroniques au milieu du brouillage électromagnétique, ce qui a permis des frappes préventives efficaces contre les incursions de la Force aérienne pakistanaise (PAF).

Autre système phare, Trinetra, intégré au projet Sanjay, a offert une plateforme opérationnelle unifiée facilitant la coordination des troupes, l’amélioration de la conscience situationnelle et des prises de décisions précises. Cette fusion a combiné des flux disparates issus de drones et de capteurs terrestres pour créer une vision holographique du champ de bataille, donnant aux commandants la capacité de piloter des frappes d’artillerie à la précision chirurgicale. Par ailleurs, l’IA a excellé dans les modélisations prédictives et les outils météorologiques avancés, réglant avec finesse les vecteurs de tir longue portée — des systèmes de roquettes Pinaka aux missiles BrahMos — malgré l’imprévisibilité de la mousson.

« L’IA a été largement utilisée pour les modèles prédictifs et la prévision météorologique, permettant une planification et un ciblage très précis des unités d’artillerie et des vecteurs longue portée. Ces innovations ont nettement renforcé la préparation opérationnelle et la réactivité de l’armée », a ajouté le général Sahni.

Sur la lancée de ces succès, l’armée a inauguré en décembre dernier son Centre de recherche et d’incubation en IA à Bengaluru, qui agit comme un pôle central d’innovation indigène. Un « plateforme IA unifiée » est en cours de développement pour regrouper en un seul écosystème sécurisé les modules opérationnels, de renseignement, logistiques et de formation. « Ce système remplacera les outils fragmentés et permettra le déploiement validé de l’IA en moins de 24 heures, augmentant significativement la préparation au combat », a expliqué un officier de l’armée, annonçant une transition vers une machine de guerre intégrée et fluide.

L’armée mise également sur la multiplication de cellules IA spécialisées à l’échelle nationale, soutenues par des infrastructures de cloud sécurisé et de edge computing adaptées à l’intensité des combats. Les drones autonomes pour la reconnaissance et la surveillance (ISR) en essaims, ainsi que les véhicules terrestres sans pilote pour le déminage, sont parmi les prochaines innovations, tous dotés d’apprentissages automatiques capables d’adaptation en temps réel. « Nous privilégions l’IA dans des domaines où elle réduit les risques pour le personnel, améliore la prise de décision et renforce la résilience », a assuré l’officier, anticipant un futur où les algorithmes supporteront la charge principale des opérations.