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Les autorités égyptiennes ont confirmé que le port de Damiette a été attaqué par des drones le jeudi 30 juillet, marquant ainsi la première reconnaissance officielle d’attaques sur le territoire égyptien dans le cadre du conflit régional actuel. Si Le Caire n’a pas précisé l’auteur de cette opération, cet incident ouvre la possibilité d’une extension du conflit impliquant d’autres acteurs de la région, notamment autour des voies d’approvisionnement énergétique.

L’attaque intervient alors que les Houthis envisagent d’imposer des péages au trafic maritime traversant le détroit de Bab el-Mandeb, où ils ont déjà établi un blocus contre la navigation saoudienne et ciblé ses navires ainsi que ses infrastructures énergétiques. Parallèlement, l’Iran poursuit ses tirs de missiles et d’essaims de drones dans toute la région, et les représailles ont repris après une courte accalmie.

Après avoir maîtrisé l’incendie provoqué, les autorités enquêtent sur l’événement. Les investigations préliminaires indiquent qu’un drone est à l’origine de l’attaque, a déclaré le cabinet égyptien dans un communiqué jeudi, cité par l’agence officielle Middle East News Agency. Le communiqué précise que « aucun groupe ne s’est officiellement revendiqué de cet acte ».

Selon la société spécialisée en sécurité maritime Ambrey, deux navires ont été la cible de drones dans le port de Damiette. L’un d’eux est une plateforme flottante de stockage de gaz naturel liquéfié (GNL) battant pavillon des Îles Marshall, propriété américaine et exploitée par les États-Unis. L’autre est un méthanier sous pavillon des Bermudes, propriété grecque et également géré par des Américains. Un expert en sécurité maritime a identifié la plateforme flottante comme étant l’Energos Winter et le méthanier comme le Gaslog Salem.

Si aucune revendication officielle n’a été faite, l’ancien président américain Donald Trump a laissé entendre qu’il s’agissait d’une attaque iranienne. Selon le New York Times, deux sources anonymes iraniennes, spécialistes des questions sécuritaires, ont déclaré que cet attentat par drone visait à démontrer le potentiel de perturbation majeure du transport maritime mondial et de l’approvisionnement en énergie, si l’Iran décidait d’amplifier le conflit. Ces sources n’ont pas précisé si l’attaque a été menée directement par Téhéran ou par des milices alliées, ni depuis quelle zone géographique les drones ont été lancés.

Les forces iraniennes ne sont pas les seules à viser les infrastructures énergétiques dans la région. Plusieurs alliés de Téhéran participent également à cette stratégie, qui vise à faire peser un coût sur les États-Unis et leurs partenaires.

Les autorités saoudiennes affirment que leurs infrastructures pétrolières ont été la cible d’attaques de milices soutenues par l’Iran en Irak, en plus des actions menées par les Houthis au Yémen. Cette situation a conduit à une première opération conjointe des forces américaines et saoudiennes contre des cibles de ces milices, marquant un tournant dans la coordination militaire entre ces deux alliés.

Le port égyptien de Damiette, attaqué, est situé à environ 53 kilomètres à l’ouest de l’entrée du canal de Suez.

Les Houthis, soutenus par l’Iran et responsables d’attaques contre les infrastructures pétrolières saoudiennes, ont nié toute implication dans l’attaque sur Damiette.

Le Commandement central des États-Unis, qui supervise les opérations militaires américaines au Moyen-Orient, a déféré les questions relatives à l’incident aux autorités égyptiennes.

Quelle que soit l’origine de l’attaque sur Damiette, son extension aux ports méditerranéens de l’Égypte constitue une escalade importante du conflit. Déjà, les principales voies maritimes énergétiques de la région sont fortement perturbées : l’Iran contrôle largement le détroit d’Ormuz tandis que les ports iraniens restent bloqués par des forces américaines. De leur côté, les Houthis ont interrompu la circulation saoudienne dans le détroit de Bab el-Mandeb, ce qui a provoqué un effet domino redouté par d’autres États craignant de devenir des cibles potentielles.

Face à l’aggravation des menaces iraniennes sur le détroit d’Ormuz, l’Arabie saoudite a détourné des millions de barils de pétrole par jour vers le port de Yanbu, en mer Rouge, via des oléoducs, pour pallier les difficultés d’exportation liées aux tensions dans le golfe Persique.

Cette solution provisoire a fonctionné jusqu’à l’instauration du blocus par les Houthis, à partir duquel Riyad a alors renforcé ses exportations via le canal de Suez. Selon les données de Kpler, relevées par The National News, les expéditions par cette voie ont augmenté de 106 % lors de la semaine suivant l’annonce de l’embargo, atteignant 1,06 million de barils par jour par rapport à la semaine du 13 juillet.

Le port de Damiette, lieu de l’attaque, se situe à proximité de Port-Saïd, à l’entrée nord du canal de Suez. Toute fermeture ou restriction importante du trafic dans ce canal aurait un impact considérable sur l’économie mondiale, déjà fragilisée par les incidents dans le détroit d’Ormuz et celui de Bab el-Mandeb.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a évoqué l’attaque par drone contre Damiette dans un message sur le réseau X (ancien Twitter). Il a laissé entendre une implication israélienne, tout en ne niant pas explicitement une responsabilité iranienne.

« L’Égypte est considérée comme un ami et un partenaire majeur dans la région, et sa sécurité est une priorité absolue pour nous », a déclaré Araghchi. « Nous devons rester vigilants face aux plans israéliens et aux opérations sous fausse bannière visant à saper la paix régionale. La menace est claire, commune et redoute la solidarité des musulmans ».