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L’Autriche a finalisé l’acquisition de douze avions Leonardo M-346FA, comblant ainsi le vide capacitaire laissé par le retrait des Saab 105 en 2020. Ces appareils seront basés à Linz Hörsching à partir de 2028, avec un coût unitaire estimé à environ 80 millions d’euros, soit un investissement total proche de 1,5 milliard d’euros.

Cette acquisition permettra aux forces armées autrichiennes de mettre en œuvre pour la première fois leur stratégie de double flotte, conçue depuis plusieurs années. Cette approche combine les Eurofighter pour la surveillance de l’espace aérien et un système plus léger dédié à la formation, aux missions à faible intensité et au soutien de la flotte haute performance.

La formation des pilotes sera intégralement rapatriée en Autriche, après plusieurs années passées en Italie et en Allemagne. Ce recentrage devrait augmenter la disponibilité opérationnelle, réduire les coûts à long terme et renforcer la souveraineté militaire nationale.

Ce contrat, conclu dans le cadre d’un accord gouvernement à gouvernement (G2G), est valorisé à environ 1 milliard d’euros et vise également à stimuler l’industrie de défense à travers une coopération bilatérale.

Outre les 12 avions, le package comprend :

  • 1 simulateur de mission complet (FMS)
  • 1 dispositif d’entraînement au niveau unité (ULTD)
  • 8 kits d’équipement pour missions de combat
  • 12 systèmes d’affichage montés sur casque (HMD)
  • Systèmes IFF, stations pour formation, planification et débriefing informatisés
  • Capacités de formation virtuelle et simulée (LVC)
  • Intégration avec les missiles IRIS-T et le système Link 16
  • Paquets d’armes incluant modules canon de 20 mm, lance-roquettes LAU-32 et modules de guerre électronique SPEAR AECM

La ministre de la Défense, Klaudia Tanner, et le ministre de l’Économie, Wolfgang Hattmannsdorfer, considèrent cet achat à la fois comme une mesure de sécurité et un moteur industriel. L’avion d’entraînement améliore la préparation opérationnelle tout en dynamisant l’économie nationale.

Un accord industriel conclu en parallèle avec l’Italie pourrait générer environ 400 millions d’euros de commandes pour l’industrie autrichienne. Les projets envisagés couvrent l’aéronautique, les industries de la chaîne d’approvisionnement, la digitalisation ainsi que la recherche dans des domaines comme les matériaux, la simulation et les capteurs.

Le dispositif contractuel protège les intérêts de sécurité de l’Autriche tout en respectant la réglementation européenne. Seules les entreprises proposant les meilleures solutions techniques bénéficieront de ce programme.

Le gouvernement autrichien cherche à réinvestir une large part de cet investissement public dans la valeur ajoutée nationale. Cette coopération industrielle vise à renforcer la souveraineté technologique, stabiliser les chaînes d’approvisionnement et garantir le maintien des emplois.

Les investissements dans les technologies liées à la sécurité devraient aussi soutenir la recherche et le développement ainsi que les industries fournisseurs au-delà du secteur strictement militaire. Ce modèle s’inscrit dans une continuité comparable aux approches adoptées par d’autres États membres de l’UE disposant de structures industrielles similaires.

Wolfgang Hattmannsdorfer souligne que « grâce à cette coopération, l’Autriche bénéficie d’un volume d’investissements d’environ 400 millions d’euros. Cela renforce l’industrie, facilite de nouveaux projets de recherche et assure l’emploi ».

De son côté, la ministre Klaudia Tanner insiste : « Le M-346FA est un atout autant comme plateforme opérationnelle que comme avion d’entraînement. L’approche intergouvernementale garantit la transparence, et cette acquisition constitue un pilier du plan de développement 2032+ ».

L’industrie autrichienne de sécurité et défense joue déjà un rôle majeur dans l’économie nationale, employant directement environ 11 000 personnes et 20 000 autres dans les sociétés fournisseurs. Le secteur génère un chiffre d’affaires annuel d’environ 3,3 milliards d’euros avec près de 150 entreprises actives et un taux d’investissement en recherche de 7,5 %.

Les récents projets témoignent de l’ampleur de la création de valeur locale : plus de 90 % des travaux de modernisation des casernes sont confiés à des entreprises régionales, et l’achat des véhicules blindés Pandur a permis un taux de création de valeur de plus de 70 % au niveau national.