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Le Canada aurait commencé à effectuer des paiements pour des « composants à long délai » liés à 14 avions de chasse F-35 supplémentaires, malgré une révision en cours du contrat provoquée par des tensions commerciales avec les États-Unis et des préoccupations liées à la souveraineté.

Ces achats concernent des éléments clés qui doivent être commandés avant la livraison des appareils entièrement assemblés. Ils ont été réalisés afin de garantir qu’Ottawa conserve sa place dans la longue file d’attente pour ces avions furtifs, selon des sources anonymes rapportées par CBC News.

Cependant, le paiement supposé pour ces composants essentiels n’avait pas été rendu public. Le ministère de la Défense nationale a refusé de confirmer ces informations, précisant que l’acquisition de F-35 supplémentaires est toujours en cours de réexamen.

L’achat de 14 appareils supplémentaires fait partie d’un contrat de plusieurs milliards de dollars signé en 2023 pour 88 F-35, destinés à remplacer les vieillissants CF-18 canadiens. Le Canada a déjà réglé la première tranche de 16 chasseurs, dont la livraison est attendue en 2026.

Par ailleurs, le professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal, Justin Massie, a souligné que des dépenses liées aux F-35 sont prévisibles, tant que le pays n’a pas officiellement modifié sa position.

« Plus la décision est retardée, plus il sera difficile de faire machine arrière, » a-t-il déclaré.

Le contrat canadien F-35

Le Canada avait annoncé son intention d’acquérir 88 F-35 en mars 2022 et confirmé cet accord un an plus tard. La flotte intégrale devrait être livrée entre 2032 et 2034.

À la suite de l’imposition par le président américain Donald Trump de droits de douane sur des secteurs clés canadiens, ainsi que de déclarations répétées visant à transformer le Canada en 51e État américain, le Premier ministre canadien Mark Carney a ordonné en mars 2025 un examen du contrat et l’étude d’alternatives possibles.

Le gouvernement de Carney a depuis exploré plusieurs options, notamment l’achat du Gripen suédois. Ottawa évalue actuellement la proposition de Saab concernant l’assemblage de l’appareil au Canada.

Cependant, Pete Hoekstra, ambassadeur des États-Unis au Canada, a laissé entendre qu’abandonner le F-35 pourrait compromettre un accord commercial avec Washington et menacer l’alliance NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord) qui associe les deux pays, selon un rapport de l’Ottawa Citizen en décembre.