Le carnet de commandes du chasseur F-16 Block 70 atteint désormais 148 appareils, se rapprochant de celui du F-35, qui s’élève à 156 unités, approchant la capacité maximale de production de Lockheed Martin.
La société a annoncé vendredi le vol réussi du premier F-16 Block 70 destiné à la Slovaquie, marquant une première pour un pays européen.
Ce F-16 Block 70 est le premier des 14 exemplaires commandés par la Slovaquie. « Six pays ont choisi le F-16 Block 70/72. En plus du carnet officiel de 126 appareils, la Jordanie a signé l’an dernier une lettre d’accord (LOA) pour 12 avions, et la Bulgarie une LOA pour huit supplémentaires. Une fois ces commandes finalisées, le carnet de commandes montera à 146 », a précisé Lockheed Martin dans un communiqué.
Parallèlement, la demande pour le F-35 reste soutenue. En juillet 2023, Israël a commandé 25 F-35 supplémentaires, portant sa flotte à 75 exemplaires. Le Département d’État américain a approuvé la vente de 24 F-35 à la République tchèque, qui remplaceront ses chasseurs Saab JAS-39C Gripen loués.
Plusieurs pays européens, dont la Finlande, la Suisse, l’Allemagne et la République tchèque, prévoient de commander au total 159 chasseurs F-35, dépassant la capacité annuelle de production de Lockheed Martin, fixée à 156 appareils d’ici 2025. La Pologne avait déjà commandé 32 F-35 en 2020, et la Grèce manifeste un intérêt pour 20 à 24 appareils, avec d’autres pays attendus à suivre.
Des pays européens tels que la Belgique, le Danemark, l’Italie, la Norvège et le Royaume-Uni exploitent déjà le F-35, tandis que des États hors Europe comme le Japon, la Corée du Sud et Singapour étendent leurs flottes. Le Canada avance également son programme d’acquisition avec 88 appareils prévus.
Engagements américains et défis de production
Les forces armées américaines se sont engagées à acheter 83 F-35 durant l’exercice fiscal 2024 et prévoient d’en acquérir 48 chaque année jusqu’en 2028, avec un objectif total de 1 763 avions.
La production fait face à plusieurs contraintes, notamment des ressources limitées, une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et des difficultés dans la chaîne d’approvisionnement, le fuselage central de l’appareil constituant un goulot d’étranglement. La participation de la Turquie au programme F-35 a été suspendue en 2019 suite à l’acquisition par Ankara des systèmes russes de défense antiaérienne S-400.
Lockheed Martin s’est associé à l’industriel allemand Rheinmetall pour la fabrication des fuselages centraux du F-35, soutenant ainsi la commande de 35 avions par l’Allemagne. Certains F-35 récemment produits bénéficient de la mise à jour TR-3, offrant des armements améliorés et des capacités accrues de guerre électronique.
Malgré ces défis, la demande mondiale pour le F-35 continue de croître, posant des difficultés pour répondre pleinement aux exigences de production.