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Depuis près de deux siècles, les menaces explosives (ME) constituent un danger majeur sur les champs de bataille, affectant lourdement les forces armées. Lors des opérations Enduring Freedom et Iraqi Freedom, ces menaces représentaient la principale source de pertes humaines et un risque important pour les véhicules. Aujourd’hui, ces menaces ont évolué, intégrant des systèmes plus complexes et létaux, tels que les dispositifs top-attack sophistiqués. Face à ces dangers, une réponse moderne et adaptée est devenue indispensable.

Grâce à l’intégration de technologies avancées de détection, de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique, la mission de lutte antimines de l’armée américaine entre dans une nouvelle ère, caractérisée par une meilleure survivabilité, une conscience situationnelle accrue, ainsi qu’une rapidité, une précision et une sécurité opérationnelles renforcées.

Le Centre C5ISR (Command, Control, Communications, Computers, Cyber, Intelligence, Surveillance and Reconnaissance) de l’Armée américaine se positionne à la pointe de cette transformation, où innovation en matière de détection de mines et réalité du champ de bataille se rencontrent. La collaboration entre scientifiques, ingénieurs, experts techniques et soldats offre un terrain unique pour le développement technologique sur le terrain et la rétroaction directe des militaires.

Dans l’armée, les méthodes traditionnelles de détection des mines restent souvent manuelles, exposant ainsi les soldats à des risques élevés. Cependant, grâce aux capteurs avancés, aux plateformes robotiques et aux systèmes pilotés par IA à distance, les combattants peuvent désormais détecter de manière autonome les mines et autres menaces tout en conservant une distance de sécurité importante vis-à-vis des explosifs.

« Si l’on regarde ce que le Centre C5ISR fait avec les Strykers, nous utilisons un véhicule bénéficiant d’une excellente protection blindée, mais dont la visibilité et la conscience situationnelle sont limitées. Nous y intégrons de nouveaux capteurs pour permettre aux soldats de détecter les menaces à 360 degrés autour du véhicule, de jour comme de nuit », explique Collin Bright, ingénieur en recherche au Centre C5ISR.

L’équipe Lutte Antimines du Centre a intégré des capacités de détection avancées dans des capteurs thermiques placés sur un Stryker. Cette intégration donne aux soldats une meilleure visibilité sur les dangers cachés. En exploitant des logiciels et technologies basés sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique, ces systèmes augmentent significativement le temps de réaction des soldats et, par conséquent, leur chance de survie.

« Le Centre C5ISR a équipé un Stryker de capacités thermiques, ajoute Sierra Pangilinan, informaticienne au Centre. Cela revient à offrir aux soldats un regard supplémentaire, particulièrement précieux lorsqu’ils sont fatigués. Lors d’une mission de 24, 48 heures ou plus, ces outils garantissent leur protection et leur vigilance. »

Face à la complexification des combats, souvent déroulés sur des terrains imprévisibles, la nécessité de technologies flexibles, adaptables et centrées sur le soldat s’impose. Le Centre C5ISR incarne l’innovation de l’Armée avec des logiciels et capteurs modulaires adaptés à tout type de plateforme, des algorithmes qui s’améliorent au fil des missions, et surtout, des systèmes conçus pour maximiser la survivabilité des soldats.

« L’objectif est d’abandonner les méthodes héritées de la Seconde Guerre mondiale, précise Pangilinan. Nous appliquons désormais un développement agile, des plateformes évolutives et l’apprentissage automatique pour concevoir des outils qui non seulement remportent les conflits, mais sauvent des vies. »

Le sergent-chef Christopher Miller, ingénieur de combat rattaché au Centre C5ISR, souligne l’importance des innovations technologiques du centre dans la réussite des missions. « Nous ne descendons plus du véhicule à l’aveugle, affirme-t-il. Grâce aux caméras à 360 degrés et au marquage des menaces par IA, nous savons ce qui se trouve à l’extérieur avant d’ouvrir la rampe. Cela nous donne un avantage, que ce soit pour riposter ou pour éviter les mines. Sans cette technologie, on ne peut qu’espérer que les renseignements dont on dispose sont fiables. »

Outre la sauvegarde des vies durant les combats, le centre se mobilise aussi pour protéger les populations après les conflits, puisque les mines ne disparaissent pas lorsque la guerre prend fin. La disponibilité de technologies de détection post-conflit demeure donc essentielle.

« La passion pour cette mission traverse toutes les équipes militaires, civiles et contractuelles », conclut Bright. « Du chercheur senior au stagiaire, tous croient en ce que nous accomplissons. Lorsque vous constatez que votre travail contribue directement à ce que les soldats reviennent sains et saufs, ce n’est plus un simple métier, mais une véritable vocation. »