Le chasseur chinois JF-17, en service au sein de la Pakistan Air Force, a fait une apparition remarquée au Royaume-Uni avec un camouflage saisissant. Des photos de l’appareil atterrissant au Royaume-Uni pour participer au RIAT 2025 circulent actuellement sur les réseaux sociaux.

L’appareil pakistanais arbore une queue verte décorée du drapeau national. Le fuselage est peint de nuances gris clair et gris foncé, agrémenté d’une bande blanche évoquant un éclair sur les ailes du chasseur. Cette symbolique n’est pas fortuite : le JF-17 porte le surnom de « Thunder » (Tonnerre).
Le mot “Thunder” est inscrit sous le poste de pilotage, tandis que la zone contenant le radar de l’avion est mise en avant par une teinte gris foncé plus prononcée.

Il s’agit vraisemblablement d’un modèle de démonstration de la Pakistan Air Force, destiné aux apparitions internationales. Ce type de camouflage est inhabituel dans les forces aériennes pakistanaises, où les JF-17 sont généralement peints dans un camouflage militaire gris standard ou, parfois, dans des teintes de vert.

Aux éditions précédentes du RIAT, la Pakistan Air Force avait surtout présenté des appareils de transport, notamment le Lockheed C-130 Hercules, aussi bien en démonstrations statiques que volantes.
Pour RIAT 2025, le JF-17 Block III de la PAF devrait constituer l’une des attractions majeures, marquant sa première participation à ce salon aérien. Selon des sources officielles et des publications sur X, l’appareil participera à la fois à des présentations statiques et à des vols de démonstration.

Cette présence permettra de mettre en valeur la maniabilité, la vitesse et les capacités opérationnelles du chasseur, en soulignant notamment les améliorations apportées sur la dernière version Block III, comme le radar à antenne active à balayage électronique (AESA) et l’avionique modernisée.

Les démonstrations mettront en lumière la précision et les technologies embarquées, fruits d’une coopération sino-pakistanaise. La participation du transporteur militaire Lockheed C-130H, souvent décoré de manière artistique lors des salons, indique également des démonstrations de capacités logistiques.

Le JF-17 Thunder pakistanais, connu en Chine sous le nom Chengdu FC-1 Xiaolong, est un emblème majeur de la coopération militaire et technologique sino-pakistanaise.

Cet avion monomoteur léger de quatrième génération a été développé conjointement par la Chengdu Aircraft Corporation (CAC) chinoise et le Pakistan Aeronautical Complex (PAC) pour remplacer des chasseurs obsolètes dans l’arsenal pakistanais, tels que le Nanchang A-5, le Chengdu F-7 et le Mirage III/V.

Le projet, initié à la fin des années 1980, a pris forme en 1999 avec un accord de développement conjoint. Le premier prototype a volé le 25 août 2003, et l’appareil est entré en service en 2007. Le JF-17 a été conçu comme une plateforme abordable mais performante, capable d’accomplir une large gamme de missions : combat aérien, attaque au sol, opérations anti-navires et reconnaissance.

Son design priorise la polyvalence et les technologies modernes tout en maintenant des coûts de production et d’entretien réduits. L’appareil reprend certains principes du MiG-21 soviétique, mais avec d’importantes améliorations aérodynamiques, avioniques et en armement, ce qui en fait un chasseur totalement distinct.
Sa voilure delta est associée à des extensions aux racines des ailes (LERX), augmentant la maniabilité à hauts angles d’attaque et facilitant les manœuvres complexes.

La structure est principalement en alliages d’aluminium, les modèles récents intégrant aussi des matériaux composites pour alléger et améliorer les performances. Le JF-17 mesure environ 14,93 mètres de long, avec une envergure de 9,46 mètres, et possède un poids maximal au décollage de 13 500 kg.

Son rapport poussée/poids est élevé grâce au moteur RD-93, une version russe du RD-33 utilisé sur le MiG-29, délivrant un maximum d’environ 81,4 kN de poussée avec postcombustion, pour un ratio atteignant 0,91.
Cela lui permet une vitesse maximale proche de Mach 1,6 (environ 1 900 km/h) et une capacité à opérer jusqu’à 16 700 mètres d’altitude.

Le JF-17 se distingue également par sa conception modulaire, permettant l’intégration facile de divers systèmes et armements selon les besoins de l’opérateur. Les versions récentes disposent d’un système de commande de vol numérique (fly-by-wire) améliorant la stabilité et la maniabilité dans des conditions extrêmes.

Le cockpit du pilote est doté d’une interface moderne, avec trois écrans multifonctions couleur, un affichage tête haute holographique large champ de vision (HUD) et un système Hands On Throttle And Stick (HOTAS), facilitant la gestion des tâches en combat.
La dernière version Block III intègre un casque avec système d’affichage et de visée monté sur la tête (HMD/S), permettant au pilote de cibler par le regard, particulièrement efficace en combat rapproché.

Du côté de l’avionique, les versions initiales (Block I et II) utilisaient un radar à balayage mécanique chinois KLJ-7, capable de suivre 10 cibles simultanément et d’en engager deux.
Le Block III est équipé d’un radar AESA KLJ-7A amélioré, avec une portée et précision accrues, capable de suivre 15 cibles et d’en engager 4 en même temps. Ce radar AESA offre une meilleure résistance aux brouillages électroniques et rivalise avec les radars des chasseurs occidentaux de même catégorie.

L’avion intègre aussi un système de guerre électronique avancé, un avertisseur d’approche missile infrarouge ainsi qu’un système intégré de communication et d’échange de données, le rendant apte aux opérations centrées sur le réseau (network-centric warfare).

Son armement reflète sa nature multirôle. L’appareil possède sept points d’emport (deux aux extrémités des ailes, quatre sous les ailes et un sous le fuselage) pouvant porter jusqu’à 3 630 kg de charges.

Le canon principal est un type 23-2 à double canon de calibre 23 mm, copie du soviétique GSh-23L, efficace en combat rapproché et en attaque au sol.
Le JF-17 peut être équipé de missiles air-air chinois PL-5, PL-7, PL-10 et PL-12, ainsi que de modèles occidentaux.

Le Royal International Air Tattoo (RIAT) est l’un des plus grands et prestigieux salons aéronautiques militaires internationaux, organisé chaque année à la base RAF Fairford en Gloucestershire, Royaume-Uni.
Cet événement rassemble des avions militaires et civils de dizaines de pays, mettant en avant les dernières avancées technologiques par des démonstrations en vol et des présentations statiques.

Le RIAT attire plusieurs centaines de milliers de visiteurs, dont des professionnels de l’industrie aéronautique et des passionnés, et constitue une plateforme majeure pour la coopération internationale et la valorisation des acquis historiques et technologiques dans l’aviation militaire.

Pour le Pakistan, la présence du JF-17 à ce salon prestigieux illustre ses progrès technologiques et sa puissance militaire, tout en soulignant la réussite de la coopération sino-pakistanaise dans le développement d’une plateforme de combat moderne.
Le JF-17, en tant que chasseur multirole abordable et performant, symbolise aussi l’ambition pakistanaise de s’imposer comme un acteur significatif de l’industrie mondiale de la défense.

Sa démonstration au RIAT, notamment par des vols de présentation, traduit la confiance de la Pakistan Air Force dans ses capacités et sert à attirer l’intérêt international, alors que le JF-17 est activement promu sur le marché de l’exportation.

Au-delà du domaine militaire, cette participation constitue une marque de prestige national, montrant que le Pakistan peut concevoir et exploiter des technologies militaires modernes comparables à celles des grandes puissances aéronautiques.

D’un point de vue géopolitique, la présence du JF-17 au RIAT s’interprète comme un signe discret du renforcement du partenariat stratégique sino-pakistanais, dans un contexte de rivalités régionales et internationales.

Exposer cet appareil sur une scène occidentale, dominée par les pays de l’OTAN, permet de mettre en avant l’indépendance pakistanaise vis-à-vis des fournisseurs occidentaux d’armement et d’affirmer une alternative technologique fondée sur les développements chinois.

Le choix de présenter la version Block III, dotée de systèmes avancés comme le radar AESA et l’avionique améliorée, vise probablement à positionner le JF-17 comme un concurrent des chasseurs occidentaux de même catégorie, tels que le F-16 ou le Gripen.

Cette participation illustre les ambitions militaires du Pakistan tout en servant d’outil diplomatique pour renforcer les liens avec d’autres nations présentes, envoyant un message de force régionale et d’autonomie technologique.