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Le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a déclaré que le pays devrait examiner ouvertement la place de la dissuasion nucléaire dans sa politique de sécurité. Cette prise de position intervient alors que plusieurs pays réévaluent leur stratégie nucléaire face à l’évolution du contexte sécuritaire mondial.

Koizumi a notamment évoqué les récentes évolutions en Europe, où plusieurs gouvernements reconsidèrent leurs politiques de dissuasion nucléaire. Il a cité l’exemple de la Finlande, qui a adopté en juin une législation autorisant le déploiement d’armes nucléaires sur son territoire, ainsi que la France, dont le président Emmanuel Macron a annoncé en mars un plan d’augmentation de la taille de l’arsenal nucléaire national.

Officiellement, le Japon rejette toute arme nucléaire selon les principes des Trois Non Nucléaires qui interdisent au pays de posséder, produire ou autoriser le transit d’armes nucléaires sur son sol. Cette politique est également renforcée par les engagements du Japon dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

La question demeure particulièrement sensible pour le Japon, seul État à avoir subi une attaque nucléaire, avec les bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki en août 1945.

Les propos de Shinjiro Koizumi interviennent alors que le Japon réévalue sa politique de défense à long terme face à une dégradation du contexte sécuritaire régional. En décembre, un responsable ayant participé à l’élaboration de la stratégie de sécurité du Premier ministre Sanae Takaichi a estimé que le pays devrait envisager d’acquérir des armes nucléaires, suscitant de vives critiques de la part des partis d’opposition ainsi que de plusieurs gouvernements étrangers.

Ce débat s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des politiques de défense traditionnelles du Japon. En octobre dernier, un comité consultatif soutenu par le gouvernement a recommandé au ministère de la Défense d’étudier la possibilité d’équiper les futurs sous-marins de la Force maritime d’autodéfense japonaise avec une propulsion nucléaire. C’était la première fois qu’un panel officiel évoquait l’examen des sous-marins à propulsion nucléaire.