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Le directeur général de l’Aeronautical Development Agency (ADA) a clarifié les circonstances entourant le premier accident du chasseur léger indigène indien Tejas, attribuant cet incident à une défaillance dans la maintenance du moteur GE F404, et non à un défaut de conception du système.

Lors d’une interview, Dr Jitendra Jaisingh Jadav a fermement défendu le programme national du Tejas, confirmant que les difficultés rencontrées étaient liées à la maintenance critique du moteur. Il a rappelé que l’ADA, en collaboration avec Hindustan Aeronautics Limited (HAL) et General Electric (GE), avait déjà transmis des recommandations strictes pour la maintenance afin d’éviter de futurs incidents.

Le crash tragique s’est produit le 12 mars 2024, lors de l’exercice interarmées Bharat Shakti au polygone de tir de Pokhran, dans le Rajasthan. Le Tejas Mk1, venant d’achever une démonstration, s’est écrasé près de Jaisalmer peu après le décollage, contraignant le pilote à s’éjecter en toute sécurité. Les premières enquêtes ont indiqué une coupure moteur due à une défaillance de la pompe à huile, un incident inédit en 23 ans d’exploitation de la plateforme. Aucun dommage n’a été signalé au sol, mais cet accident a suscité un débat sur la maturité opérationnelle du Tejas, au moment où l’Indian Air Force (IAF) intensifie son remplacement des MiG-21 vieillissants par ce nouvel appareil.

En septembre 2025, Dr D.K. Sunil, président de HAL, a imputé publiquement l’accident aux procédures de maintenance de l’IAF, pointant « des niveaux d’huile insuffisants ou des fuites non détectées ». Il a rappelé que GE avait émis des contrôles prévol spéciaux qui, s’ils avaient été rigoureusement suivis, auraient pu éviter cette panne. Cette prise de position a provoqué des réactions vives au sein de certains cercles de l’IAF, révélant un différend public rare entre l’industriel et la force aérienne.

Le 2 octobre, Dr Jadav, qui a piloté l’obtention du Certificat d’Opérations Initiales du Tejas et dirige désormais le programme Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA) à l’ADA, a apporté un soutien clair à la version de HAL. Il a affirmé sans équivoque : « La cellule et les systèmes du Tejas ont fonctionné comme prévu. La cause principale est une anomalie liée au moteur, plus précisément à des défaillances de maintenance du F404 lors de l’entretien avant l’exercice. »

Il a précisé que l’ADA, en partenariat avec GE et HAL, avait diffusé dès la mi-2024 un ensemble de « recommandations renforcées de maintenance » portant sur les inspections des circuits d’huile, la surveillance des vibrations et les contrôles par endoscopie aux intervalles définis.

Ces directives sont nées d’analyses rigoureuses issues des essais au sol et des données de vol post-accident. « Nous avons recensé zéro échec lié à la conception après plus de 5 000 heures de vol de Tejas », a-t-il ajouté, confirmant la stabilité aérodynamique de la voilure delta et la fiabilité des commandes de vol électriques. Cette affirmation conjointe d’ADA et de HAL met fin aux spéculations sur d’éventuelles fautes partagées, recentrant le débat sur la rigueur des procédures de maintenance dans un contexte opérationnel où la moindre négligence peut conduire à une catastrophe.