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Le chef de l’armée française, le général Pierre Schill, a salué l’efficacité sur le terrain des systèmes d’armes indiens lors de l’Opération Sindoor, soulignant l’intérêt de Paris pour l’acquisition de roquettes à longue portée, de munitions à effet de prédation et de solutions anti-drones conçues en Inde.

Ces déclarations, tenues lors d’un dialogue bilatéral de haut niveau à New Delhi, confirment le renforcement du partenariat militaire franco-indien, alors que l’Europe cherche des alternatives éprouvées et économiques dans le cadre de ses programmes de réarmement. L’Opération Sindoor, une opération antiterroriste calibrée en 2025, a mis en lumière les innovations du DRDO et du secteur privé indien en conditions réelles, ouvrant ainsi la voie à de potentielles exportations françaises tout en soutenant l’initiative Atmanirbhar Bharat de New Delhi et en consolidant une alliance face à des menaces communes.

Déclenchée en mai 2025 en réponse aux incursions terroristes parrainées par le Pakistan, l’Opération Sindoor marque une évolution doctrinale dans la guerre sub-conventionnelle indienne. Cette opération de 88 heures a combiné frappes aériennes de précision et incursions terrestres au-delà de la Ligne de Contrôle (LoC), neutralisant neuf camps terroristes avec des dégâts collatéraux limités, grâce à l’usage d’équipements indigenes pour un contrôle chirurgical du terrain. Le Royal United Services Institute (RUSI) a d’ailleurs qualifié Sindoor de « force calibrée », mêlant retenue et létalité pour dissuader toute escalade majeure tout en évitant une guerre totale.

Le succès de l’opération reposait sur des technologies locales : des barrages d’artillerie à roquettes longue portée, des essaims de drones suicides, ainsi que des réseaux anti-drones multicouches qui ont neutralisé les incursions de drones pakistanais. Des observateurs français, intégrés via des exercices communs comme Garuda, se sont dite « impressionnés par l’intégration fluide et l’adaptabilité en temps réel », selon des sources proches des discussions. Le général Schill a qualifié ces innovations de « facteurs de rupture dans le domaine asymétrique », saluant la transition de l’Inde d’une posture réactive à une stratégie proactive de refus d’accès.

L’intérêt du général Schill se concentre sur trois piliers de l’innovation indienne, tous éprouvés lors de l’Opération Sindoor :

  • Roquettes à longue portée : le système Pinaka Multi-Barrel Rocket Launcher (MBRL) en version portée étendue (ER), capable d’atteindre 70 à 90 km, a frappé avec précision des cibles profondes, surpassant les systèmes traditionnels en densité de salves. Les munitions guidées Pinaka du DRDO, incorporant guidage GPS/INS, ont obtenu un CEP inférieur à 10 mètres lors des essais, une performance idéale pour les brigades françaises à haute mobilité impliquées dans des duels d’artillerie comparables au conflit en Ukraine.
  • Munitions à effet de prédation : des plates-formes comme les UAV Nagastra-1 et Switch, développées par Solar Industries et ideaForge, ont joué des rôles « chasseur-tueur », survolant les zones pendant plus de 60 minutes avant une frappe suicidaire sur des militants de haute valeur. Leur conception portable et leurs capteurs EO/IR résistent au brouillage, rappelant les capacités du drone israélien Harop à une fraction du prix.
  • Systèmes anti-drones : les réseaux Akashteer et Indigenous Anti-Drone System (IADS), combinant brouilleurs radiofréquences, effecteurs laser et classifieurs basés sur l’intelligence artificielle, ont neutralisé plus de 20 drones hostiles lors de Sindoor, déjouant des missions ISR et des attaques suicides. Les solutions de Bharat Electronics Limited (BEL), avec des portées de 5 à 10 km, offrent des capacités modulaires de lutte contre les drones (C-UAS) adaptées aux opérations urbaines, répondant notamment aux vulnérabilités françaises après les Jeux Olympiques de Paris.

Ces équipements, testés en conditions réelles sur des terrains variés allant des crêtes du Cachemire aux dunes du Rajasthan, s’intègrent parfaitement au programme français Scorpion visant à renforcer la létalité interconnectée des forces. L’intérêt exprimé par le général Schill pourrait accélérer les coentreprises et les transferts technologiques envisagés dans le cadre de la Feuille de route Défense Inde-France 2024.

Cette reconnaissance intervient alors que les plateformes françaises déployées lors de Sindoor sont également examinées : si les Rafale se sont distingués dans les missions de suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD), ils ont dû faire face à une campagne de désinformation chinoise visant à freiner leurs ventes. Le ministère des Armées français a engagé un dialogue avec New Delhi pour « mieux comprendre » les performances des Mirage 2000 et Rafale, afin de contrer la narrative de Pékin. Cette réciprocité s’appuie sur les contrats Rooftale (36 Rafale pour l’armée de l’air indienne, 26 pour la marine) et les sous-marins Scorpène, témoignant d’une progression vers une coopération d’approvisionnement mutuelle.