Bien que les Eurofighter Typhoon ne puissent rivaliser avec la furtivité et la fusion de capteurs des F-35 israéliens, leur entrée en service renforcerait néanmoins la flexibilité opérationnelle et la capacité de dissuasion régionale de la Turquie. Cet accord d’achat signé avec l’Allemagne suscite des inquiétudes en Israël, notamment chez les responsables politiques de l’opposition.

Le pacte conclu entre Ankara et Berlin pour l’acquisition de 40 avions de combat Eurofighter Typhoon représente une étape importante dans la modernisation continue des forces armées turques. Bien qu’il ne constitue pas une menace directe à la supériorité aérienne israélienne, un haut responsable israélien l’a qualifié de « casse-tête », soulignant son impact potentiel sur l’équilibre militaire régional.

Développé conjointement par le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, l’Eurofighter Typhoon est considéré comme l’un des chasseurs de quatrième génération les plus avancés. Son intégration dans la force aérienne turque renforcerait sensiblement les capacités de combat aérien de la Turquie.

« Ce n’est pas une menace cruciale pour notre force aérienne », a déclaré le responsable israélien. « Le Typhoon est un avion performant, mais pas supérieur à nos chasseurs. Néanmoins, c’est un signal clair et préoccupant : la Turquie accélère son accumulation d’armements d’une manière qui pourrait, à terme, remettre en question notre domination militaire dans la région. »

Les Eurofighter Typhoon, dits de « 4.5 génération », sont très maniables, équipés de radars avancés et polyvalents, aptes à des missions de supériorité aérienne comme d’attaques au sol. Même s’ils ne disposent pas des capacités furtives et de fusion de données comparable aux F-35 d’Israël, ces avions amélioreraient de manière significative la souplesse opérationnelle et le potentiel de dissuasion de la Turquie dans la région.

Parallèlement, Ankara poursuit activement les négociations pour obtenir des avions F-16 d’origine américaine, voire potentiellement des F-35, après avoir été exclue du programme F-35 en 2019 en raison de l’achat des systèmes S-400 russes. Ces initiatives sont source d’inquiétudes pour Jérusalem, surtout face aux rapports signalant une expansion concomitante des capacités navales et de drones turques.

Eurofighter Typhoon

Yair Lapid, chef de l’opposition israélienne, critique le gouvernement pour sa passivité

Yair Lapid, leader de l’opposition, a vivement critiqué cette semaine le gouvernement israélien, l’accusant de n’avoir pas empêché la vente des Eurofighter à la Turquie.

« Si Israël disposait d’un ministère des Affaires étrangères opérationnel ou d’un gouvernement normal, il serait déjà intervenu diplomatiquement pour bloquer cet accord d’armement », a déclaré Lapid. « L’Allemagne et le Royaume-Uni équipent la Turquie d’avions de combat puissants qui, avec le temps, pourraient changer l’équilibre des forces dans la région. »

Il a averti que la Turquie possède déjà la plus grande marine du Moyen-Orient et qu’elle cherche désormais à atteindre la parité aérienne avec Israël. « C’est dangereux, et notre gouvernement, par son inaction, a laissé faire sans lever le petit doigt », a-t-il insisté.

À ce jour, les discussions d’Ankara avec le Royaume-Uni et l’Allemagne pour l’acquisition des Eurofighter se poursuivent et avancent favorablement.