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Le Comité de la Défense a publié la transcription du témoignage confidentiel de la personne qui a initialement identifié la fuite de données liée à la réinstallation des Afghans et a alerté le ministère de la Défense.

Ce témoin, désigné anonymement comme Personne A, a raconté avoir découvert la fuite, averti les autorités, puis reçu une super-injonction l’empêchant de parler publiquement de cette fuite ou même d’en reconnaître l’existence.

Le Comité a également rendu publique la correspondance des présidents des deux chambres du Parlement concernant l’impact de cette injonction sur les fonctions parlementaires.

Personne A a expliqué aux députés s’être impliqué dans l’aide aux anciens personnels de sécurité afghans lors de la chute de Kaboul en 2021, en aidant d’abord avec les démarches administratives avant de gérer des dossiers étendus au sein d’un large réseau d’unités. La fuite a été révélée quand une famille qu’ils soutenaient a vu des informations sensibles publiées anonymement sur Facebook. Selon Personne A, le posteur annonçait détenir des dizaines de milliers d’entrées issues d’une base de données interne. Immédiatement, ils ont lancé l’alerte via un contact gouvernemental.

La transcription rapporte que Personne A a déclaré : « nous leur avons dit le 14 août… nous savions que c’était grave ». Aucune réponse immédiate ne leur a été donnée. Le premier contact officiel est intervenu plusieurs semaines plus tard, lors d’une réunion où ils ont été surpris de recevoir une super-injonction. Personne A confie au Comité : « il a fallu qu’on m’explique ce que cela signifiait… cela a littéralement affecté chaque jour de ma vie ».

Les députés ont examiné les conséquences de cette fuite. Personne A a indiqué que les Afghans dont les données figuraient dans les fichiers divulgués craignaient des représailles des talibans. Ils ont décrit une panique générale lors de la levée de l’injonction et rapporté : « j’ai reçu plus de 5 000 messages… chaque Afghan paniquait ».

La séance a aussi abordé les défaillances du processus ARAP (Afghan Relocation and Assistance Policy), la gestion des décisions d’éligibilité et les effets des retards au sein du ministère de l’Intérieur britannique. Personne A a qualifié le système de « non adapté à sa mission » et a averti que les refus de relogement avaient laissé des personnes dans la misère et en danger. Ils ont affirmé avoir documenté des cas de torture et transmis des preuves au ministère de la Défense.

Le Comité a interrogé Personne A au sujet des conclusions contestées d’une évaluation gouvernementale des risques. Selon le témoin, personne connaissant la situation en Afghanistan ne croyait que la fuite représentait un risque limité. Ils ont souligné que les unités talibanes recherchaient activement les anciens partenaires afghans et que les données divulguées avaient confirmé aux militants les liens de certains individus avec le Royaume-Uni.

Les parlementaires ont également questionné la personne sur des renseignements reçus de la part d’Afghans cachés, notamment des rapports d’activités d’entraînement militant en Afghanistan. Personne A a indiqué qu’ils « n’avaient nulle part où transmettre ces informations » et qu’aucune autorité gouvernementale n’avait récupéré ces éléments depuis.

La transcription fait état d’inquiétudes sur la façon dont les dispositifs ARAP et ARR (Afghan Relocation and Resettlement) ont été administrés, pointant des décisions incohérentes et des délais prolongés pour des familles déjà approuvées en vue d’une relocalisation. Les députés ont entendu que les interprètes, partenaires des forces spéciales et leurs proches subissaient une incertitude prolongée, certains ayant même été renvoyés en Afghanistan en attendant les autorisations du ministère de l’Intérieur.

Le Comité poursuivra son enquête avec une séance de témoignages public prévue pour le 9 décembre.