Le Corps des Marines a récemment validé et publié ses exigences de formation standardisées pour les petits drones aériens, témoignant d’une montée en puissance de l’intégration des drones d’attaque attritables au sein de ses unités. Cette initiative vise à renforcer les capacités opérationnelles en multipliant la formation qualifiante pour l’ensemble des Marines.
La semaine dernière, un MARADMIN a officialisé six cours accessibles à tous les Marines :
- Cours d’Opérateur de Drone Basique (BD-O) : acquisition des compétences fondamentales pour assembler, entretenir et piloter des drones non létaux, de type Full-Acro ou stabilisés, en environnement opérationnel.
- Cours d’Opérateur de Drone d’Attaque (AD-O) : formation aux techniques d’emploi tactique des drones d’attaque létaux.
- Cours de Chef d’Escouade Drones d’Attaque (AD-L) : enseignement approfondi sur l’intégration aux plans d’appui-feu, l’évaluation des menaces, les capacités du système et la coordination avec les manœuvres et tirs d’appui.
- Cours de Spécialiste Payload (PS) : fondamentaux pour la manipulation sécurisée des explosifs et la préparation des ogives préfabriquées destinées à armer les drones létaux.
- Cours d’Instructeur Drone d’Attaque (AD-I) : apprentissage des méthodes pédagogiques nécessaires pour certifier les opérateurs BD-O, AD-O et AD-L.
- Cours d’Instructeur Spécialiste Payload (PS-I) : développement des compétences pédagogiques pour former et certifier les spécialistes PS.
Par ailleurs, des formations spécifiques liées à certaines spécialisations (MOS) sont également prévues. Le MARADMIN fournit aussi un aperçu des divers types de drones intégrés actuellement dans les unités.
Pour répondre à un besoin opérationnel immédiat et une impérative capacité de déploiement rapide, le Corps des Marines accélère le déploiement de drones d’attaque commerciaux prêts à l’emploi, notamment le Neros Archer distribué via le Marine Corps Warfighting Laboratory (MCWL). Un programme gouvernemental prévoit par ailleurs l’acquisition de plusieurs drones d’attaque à hauteur d’un milliard de dollars sur 2,5 ans, à compter de mars 2026. Ce contexte justifie l’établissement d’une doctrine claire, d’une formation standardisée et d’un renforcement des effectifs qualifiés.
Dans ce cadre, le Marine Corps Training and Education Command (TECOM) a organisé un symposium en novembre 2025 réunissant les acteurs clés pour unifier les formations sUAS (Small Unmanned Aerial Systems) sur l’ensemble du corps. Le MARADMIN détaille ainsi les formations officielles ainsi que les certifications correspondantes :
- Cours Opérateur Drone Basique (BD-O) : 10 jours de formation (~80 heures) ouverts à tout MOS, exigeant une qualification préalable et 20 heures de simulateur, dont la moitié en immersion FPV.
- Cours Opérateur Drone d’Attaque (AD-O) : 15 jours (~120 heures), accessible aux Marines certifiés BD-O, axé sur l’emploi tactique des drones létaux.
- Cours Spécialiste Payload (PS) : 5 jours (~40 heures), formation à la manipulation sûre des explosifs utilisés sur drones létaux.
- Cours Instructeur Drone d’Attaque (AD-I) : 10 jours (~80 heures), réservé aux Marines certifiés AD-O et PS, avec un seuil important d’expérience sur simulateur et vol réel.
- Cours Instructeur Spécialiste Payload (PS-I) : en cours de développement, destiné à former les instructeurs PS.
- Cours Chef d’Escouade Drone d’Attaque (AD-L) : 2 jours (~16 heures), accessible aux grades E5 et plus, portant sur l’intégration de la capacité drone dans le cadre général des manœuvres et appui feu.
Des centres régionaux ont été désignés pour soutenir ces formations pilotes, notamment les écoles de la 1ère et 2e divisions Marines, le centre d’excellence des systèmes sans pilote de la 2e division Marine, le III MEF, ainsi que des écoles d’instruction avancée (SOI) et des unités spéciales comme MARSOC.
Les formations sont financées par les unités elles-mêmes, les Marines doivent coordonner leur inscription via les sections opérations de leur unité pour vérifier les disponibilités auprès des centres régionaux.
Par ailleurs, huit certifications via le Marine Corps Training Information Management System (MCTIMS) ont été validées, couvrant les catégories suivantes :
- BD-O : Opérateur de Drone Basique
- AD-O : Opérateur de Drone d’Attaque
- AD-I : Instructeur Drone d’Attaque
- AD-IT : Formateur d’Instructeurs Drones d’Attaque
- PS : Spécialiste Payload
- PS-I : Instructeur Spécialiste Payload
- PS-IT : Formateur d’Instructeurs Spécialistes Payload
- AD-L : Chef d’Escouade Drone d’Attaque
Le système prévoit également un dispositif d’« héritage » (grandfathering) permettant la reconnaissance des qualifications antérieures aux nouvelles certifications, sur examen et approbation du commandement. Les unités sont responsables de la validation et de la saisie des certifications dans MCTIMS selon les besoins opérationnels.
Le TECOM souligne que ce cadre remplace toutes les instructions précédentes et assure un pilotage centralisé depuis le Battalion d’entraînement aux armes à Quantico, en attendant la mise en place d’une solution pérenne.
Un point important porte sur l’usage des simulateurs, pleinement intégré dans le cursus de formation. Plusieurs plateformes sont validées, à la fois développements internes (tels que DART 2.0, JVT FPV, FlowState) et solutions commerciales (Tryp, Velocidrone, Liftoff), assurant un continuum pédagogique homogène et standardisé accessible à travers la plate-forme Marine Common Virtual Platform (MCVP).
Enfin, des consignes de sécurité actualisées encadrent l’emploi de tous les drones, notamment les systèmes hors programme officiel, assurant la conformité réglementaire et la sûreté des opérations sur les espaces de tir et d’entraînement.
Cette démarche structurée illustre l’intensification du rôle des sUAS à capacités létales dans la stratégie opérationnelle des Marines, tout en mettant un accent particulier sur la formation systématique et la montée en compétence des unités engagées.