Depuis près de deux décennies, Israël s’est abstenu de faire des choix stratégiques clairs dans sa gestion des groupes terroristes qui l’entourent, privilégiant une politique de dissuasion destinée à minimiser leur menace tout en tolérant leur présence. Cette approche a échoué le 7 octobre dernier. Actuellement, Israël semble donner la priorité à l’objectif opérationnel de neutraliser le Hamas dans la bande de Gaza. Mais il ne peut plus éluder la question cruciale de ce que cet échec de la dissuasion implique pour sa sécurité future.
Cependant, la question stratégique la plus urgente pour Israël n’est pas celle qui concentre l’attention des capitales occidentales — à savoir qui gouvernera Gaza après le Hamas. Il s’agit plutôt de déterminer comment rétablir une dissuasion efficace contre les autres groupes soutenus par l’Iran, en particulier le Hezbollah au nord. Retarder les opérations ou poursuivre des objectifs plus limités dans le sud, tout en s’attaquant par anticipation à la menace nordique, pourrait s’avérer plus bénéfique pour la sécurité israélienne qu’une vaste offensive terrestre contre le Hamas. Cela offrirait également un délai précieux pour élaborer des options viables concernant l’avenir de la gouvernance à Gaza.
Quelle que soit la décision du gouvernement israélien, la mise en œuvre de stratégies duales nord-sud exigera une assistance américaine, allant au-delà des discussions actuelles, non seulement en matière de réapprovisionnement en matériel, mais surtout en termes de soutien politique et de messages dissuasifs adressés à l’Iran et au Hezbollah.
Une non-stratégie stratégique
L’approche « tondre la pelouse » d’Israël face au terrorisme illustre une absence de stratégie globale. Comme l’ont souligné des généraux américains à la retraite dans une étude du Jewish Institute for National Security of America sur le conflit Israël-Hamas de 2021, « la caractéristique la plus édifiante du conflit à Gaza fut le décalage stratégique entre les objectifs purement militaires et opérationnels d’Israël, visant à dégrader les capacités militaires du Hamas — soutenue par des progrès impressionnants dans l’identification et la frappe précise de cibles — et les objectifs stratégiques informatifs du Hamas. »
Pourtant, Israël n’a pas tant manqué de stratégie pour traiter avec des groupes terroristes comme le Hamas, qu’il a choisi stratégiquement une non-stratégie : tolérer la présence du groupe tout en comptant sur la dissuasion pour contrôler l’escalade. Selon l’évaluation israélienne, il n’existait « aucune stratégie viable pour remporter la victoire » contre les adversaires terroristes implantés au sud (Hamas et Jihad islamique palestinien) et au nord (Hezbollah), en raison d’une conjonction de facteurs.
Premièrement, la pluralité des menaces pesant sur Israël. Toute action dépassant la simple « tonte de la pelouse » à Gaza impliquerait de détourner des capacités et des ressources, ce qui exposerait Israël à une attaque plus dévastatrice au nord. Deuxièmement, l’absence d’options stratégiques satisfaisantes. Dans la doctrine classique de contre-insurrection « nettoyer, tenir, construire », le gouvernement israélien considère les tentatives de « tenir » et de « construire » dans des territoires actuellement tenus par des groupes terroristes comme un résultat stratégique pire que de se limiter à de courtes campagnes de « nettoyage ». Israël a échoué dans le changement de régime au Liban en 1982, a préféré se retirer unilatéralement de Gaza en 2005 plutôt que d’y maintenir une occupation, et sa guerre de 2006 au Liban a souffert de défaillances opérationnelles et d’indécisions stratégiques. Depuis, l’appétence pour reproduire ces scénarios est quasi nulle. Par ailleurs, aucun acteur crédible n’a émergé pour remplacer le Hamas à Gaza, contrairement aux Forces démocratiques syriennes, soutenues par les États-Unis, pour éliminer l’État islamique de Raqqa.
En somme, Israël a choisi, non pas une stratégie claire face aux menaces persistantes, mais une posture visant simplement à les dissuader autant que possible.
Dissuasion perdue
Avant l’attaque du 7 octobre, la dissuasion israélienne reposait sur trois piliers.
Le premier, et le plus évident, était la négation. Tsahal misait sur sa supériorité opérationnelle et de renseignement pour dégrader et détruire les capacités, infrastructures et chefs du Hamas, partant du principe que ces frappes régulières suffiraient à convaincre le Hamas de réévaluer l’intérêt d’attaquer, du moins jusqu’à ce qu’il reconstitue les capacités détruites.
Le second élément était la croyance dans la portée transitive de cette négation. Autrement dit, en « tondant la pelouse » à un groupe terroriste, les dirigeants israéliens estimaient envoyer un message dissuasif aux autres organisations. Les opérations récentes contre le Jihad islamique palestinien en août 2022 et mai 2023 avaient ainsi pour but tout autant de dégrader ses capacités que de renforcer la dissuasion à l’encontre d’Hamas et du Hezbollah par l’impact militaire et le choc opérationnel.
Le troisième fondement reposait sur une hypothèse partagée par la haute direction de Tsahal : que les adversaires terroristes étaient aussi des entités politiques, soucieuses de conserver l’appui de leurs populations, et donc sensibles aux carottes et bâtons économiques pour maintenir la paix. Après le conflit de 2021, Israël a ainsi permis à davantage de Gazaouis de travailler en Israël, donnant au Hamas un intérêt à préserver la stabilité. Des responsables du renseignement israélien estiment également que Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, pourrait hésiter à mettre en péril sa position politique au Liban par un engagement militaire massif contre Israël.
Cette approche de dissuasion fonctionna pendant quinze ans. Mais avec l’offensive surprise massive lancée par le Hamas le 7 octobre, elle s’est effondrée. Les capacités du Hamas étaient en réalité largement améliorées, et non dégradées. Les opérations israéliennes contre le Jihad islamique n’ont en rien freiné son appétit pour le conflit. Surtout, le massacre brutal d’Israéliens innocents et la volonté du Hamas de sacrifier les habitants de Gaza à ses fins brisent toute illusion d’un acteur strictement politique.
Si la théorie de la dissuasion israélienne n’a pas résisté face au Hamas, elle ne saurait inspirer confiance quant à sa validité face au Hezbollah. Israël doit désormais élaborer une nouvelle approche stratégique pour répondre, non seulement à la menace de Gaza, mais aussi à celle, potentiellement plus grave, du Hezbollah, voire de l’Iran.
Qui gouvernera Gaza ?
À Gaza, l’effondrement de la dissuasion contre le Hamas signifie qu’Israël ne peut plus tolérer la présence du groupe et espérer se contenter d’accalmies ponctuelles obtenues par des frappes aériennes et des incitations économiques. Dès le lendemain du 7 octobre, le cabinet de sécurité israélien a déclaré que l’objectif était « la destruction des capacités militaires et de gouvernance du Hamas et du Jihad islamique de manière à empêcher leur capacité et volonté de menacer et attaquer les citoyens israéliens pour de nombreuses années. »
Cet objectif est ambitieux. L’idée d’éliminer les « capacités de gouvernance » implique de chasser le Hamas hors de la bande de Gaza et de ne plus accepter sa présence à la frontière israélienne. Israël a mobilisé 360 000 réservistes et concentre ses forces en vue d’une offensive terrestre, en raison de la conviction qu’une guerre aérienne seule ne suffirait pas à anéantir le contrôle du Hamas sur Gaza.
Cette opération s’annonce longue, pénible et sanglante. L’expérience d’Israël en 2014, de la coalition américaine à Falloujah en 2004, puis à Mossoul et Raqqa en 2016-2017, rappelle la difficulté et le coût humain élevé à déloger une force non conventionnelle enracinée dans un environnement urbain dense. Engager cette offensive signifie aussi perdre quasiment toute chance de négocier la libération des plus de 200 otages détenus par le Hamas. Comme l’a exprimé le général Yaakov Amidror, ancien conseiller à la sécurité nationale israélienne, « nous continuerons l’opération comme s’ils n’étaient pas là ».
Mais cette volonté fait surgir une question cruciale : une fois le Hamas évincé, qui prendra le contrôle de Gaza ? L’absence de réponse satisfaisante à cette interrogation a freiné toute campagne terrestre extensive depuis plus de dix ans. Se limiter à nettoyer Gaza avant de se retirer ne garantit pas que le Hamas ne se reforgera pas ou qu’un autre groupe terroriste ne reprenne pas le territoire, comme ce fut le cas avec les talibans en Afghanistan. Une occupation prolongée risquerait d’alimenter radicalisation et instabilité, à l’image du camp de réfugiés d’Al Hol en Syrie.
Par ailleurs, recourir aux partenaires historiques du Hamas — Qatar, Turquie, ou l’Office de secours et travaux des Nations unies (UNRWA) — n’est guère envisageable, compte tenu de leur soutien réel ou tacite au mouvement terroriste.
Israël n’avait pas de plan satisfaisant pour la gouvernance post-Hamas à Gaza avant le 7 octobre, et en élaborer un dans l’urgence et sous la pression du conflit paraît improbable. Ce constat pousse à envisager une progression prudente de toute offensive terrestre — une position partagée à Washington où le président Biden a mis en garde contre les erreurs commises après le 11 septembre. En tout état de cause, cette incertitude constitue un argument fort pour modérer les opérations contre le sud.
Il existe, en outre, une raison opérationnelle majeure pour différer ou ralentir le nettoyage de Gaza : l’impact potentiel d’une telle offensive sur la capacité d’Israël à faire face à la menace croissante au nord.
La menace nordique
La dévastation infligée par le Hamas est sans commune mesure avec le potentiel destructeur de l’arsenal de plus de 150 000 roquettes et missiles du Hezbollah. Israël estime que le Hezbollah pourrait maintenir un rythme de tir de 6 000 à 8 000 roquettes par jour, bien au-delà des 3 000 lancées par le Hamas lors de sa frappe du 7 octobre — déjà le plus gros volume de feu que le pays ait affronté.
Après des années d’expérience en Syrie, le Hezbollah peut orchestrer des attaques transfrontalières beaucoup plus sophistiquées que celles du Hamas. Une étude du Jewish Institute for National Security of North America souligne la difficulté pour Israël d’intercepter un tel flux de projectiles, même avec ses systèmes de défense aérienne stratifiés, ainsi que l’existence de centaines de munitions guidées de haute précision détenues par le Hezbollah. L’absence de profondeur stratégique d’Israël expose le pays à des dégâts potentiellement catastrophiques en cas de conflit élargi.
Éviter une guerre au nord, ou du moins une frappe préventive du Hezbollah, est donc une priorité stratégique majeure pour Israël, même s’il doit encore gérer la menace du Hamas au sud. Or, les récentes escalades et déclarations belliqueuses du Hezbollah, ainsi que son implication dans le soutien à l’attaque du Hamas, indiquent clairement une érosion de la dissuasion à la frontière nord.
Depuis le 7 octobre, les tensions sont quotidiennes le long de la frontière israélo-libanaise, avec des échanges réguliers de tirs et des frappes aériennes israéliennes sur le Liban, tandis que 28 communautés proches de la frontière ont été évacuées. Il reste à déterminer si ces incidents sont des tentatives du Hezbollah pour détourner l’attention d’Israël du front sud, un test des défenses israéliennes, ou une simple volonté d’affirmer sa présence alors que Hamas monopolise les projecteurs. Quoi qu’il en soit, la dissuasion qui a maintenu le nord silencieux pendant 17 ans ne tient plus.
Aligner stratégies et risques
Face à cette situation, Israël devra élaborer et appliquer une nouvelle stratégie pour empêcher le Hezbollah d’étendre le conflit, tout en menant une offensive intense à Gaza. Mais la façon dont Israël combattra dans le sud conditionnera les moyens dont il disposera au nord, et donc la stratégie qu’il pourra tenir. Une campagne terrestre maximaliste à Gaza, alors que la menace au nord persiste et que la Cisjordanie s’enflamme, pourrait se révéler périlleuse.
Que cette dynamique relève d’une planification coordonnée par le réseau des proxies iraniens ou d’un concours de circonstances, la multiplication des fronts par lesquels Israël est touché depuis un an a permis la frappe dévastatrice du 7 octobre. L’absence de riposte forte face aux provocations du Hezbollah a affaibli la dissuasion, tandis que les violences croissantes en Cisjordanie ont détourné des forces israéliennes des secteurs sud.
Cette tendance continue : les heurts éclatent de plus en plus en Cisjordanie, nécessitant un renforcement des forces israéliennes. Parallèlement, les échanges sur la frontière nord exigent des déploiements lourds. Avec 360 000 réservistes mobilisés, Tsahal dispose peut-être des effectifs pour combattre sur plusieurs fronts, mais il pourrait manquer de moyens aériens et de défense antiaérienne suffisants pour mener en parallèle une guerre terrestre à Gaza et se défendre contre une offensive massive du Hezbollah.
Par ailleurs, la guerre au nord requiert la concentration rapide de vagues successives de frappes pour neutraliser les dépôts d’armes et sites de lancement du Hezbollah. L’engagement important des ressources aériennes dans le sud risquerait de priver ces opérations du soutien indispensable de la chasse et de la défense aérienne, et inversement. De même, certains systèmes antimissiles devraient être redéployés vers le nord, exposant les communautés au sud aux tirs de roquettes.
Ces risques sont inacceptables pour Israël, surtout après le choc du 7 octobre. Malgré un soutien américain impressionnant, incluant la présence de deux porte-avions en Méditerranée orientale, Israël ne peut espérer confier sa sécurité nordique à son allié seul. Les proxies iraniens cherchent d’ores et déjà à éroder cette dissuasion en attaquant des bases américaines, et un manque de riposte US pourrait être interprété comme une réticence à affronter le Hezbollah.
À long terme, Israël ne peut se reposer uniquement sur le rôle dissuasif des États-Unis. Une dépendance aux seuls porte-avions américains serait un cercle vicieux : leur départ réactiverait les attaques, imposant un envoi systématique de renforts. Washington devrait au contraire encourager Israël à renforcer ses capacités afin d’assurer seul sa défense.
Cette autonomie militaire est un atout stratégique majeur d’Israël pour lui-même et pour la protection des intérêts américains dans la région. Après le 7 octobre, reconstruire et préserver cette capacité doit être un objectif essentiel de Jérusalem et Washington. Cela implique qu’Israël prenne l’initiative face à la menace du Hezbollah, avec une stratégie proactive dépassant la simple riposte graduée.
La réputation actuelle, certes ébranlée, d’Israël en tant que force militaire la plus qualifiée du Moyen-Orient repose sur sa capacité à surprendre ses ennemis par des actions offensives répétées (frappes en Syrie, opérations clandestines en Iran). Restaurer cette dynamique sera crucial pour rétablir la sécurité, dissiper les images de faiblesse ou de complaisance, et reconstruire la dissuasion. Sans cela, l’Iran continuera à envoyer ses proxies palestiniens, libanais, ou autres, au sacrifice, et pourrait abandonner toute retenue nucléaire.
Garantir que le Hamas ne puisse plus menacer Israël est la priorité légitime des responsables politiques israéliens. Toutefois, l’ensemble des défis opérationnels et stratégiques, le déficit de dissuasion à l’égard du Hezbollah, le risque de dispersion des ressources sur plusieurs fronts, et la nécessité de restaurer la crédibilité du pays plaident en faveur d’un report ou d’une offensive terrestre graduelle dans le sud, au profit d’une stratégie de préemption au nord. Une frappe préventive, soutenue publiquement par le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant, permettrait d’atténuer le risque d’une attaque initiale du Hezbollah et de restaurer la crédibilité dissuasive d’Israël envers l’Iran et ses alliés prêts à s’engager dans le conflit.
L’aide américaine
Quelle que soit la stratégie adoptée, le succès des opérations au sud comme au nord dépendra du soutien militaire, politique et stratégique des États-Unis.
Ce soutien est déjà conséquent. Le président Biden a demandé au Congrès américain un crédit supplémentaire de 14,3 milliards de dollars pour Israël, affichant un appui inébranlable à la campagne militaire israélienne. Toutefois, sur la durée, la combinaison d’un système politique américain dysfonctionnel et la pression sur l’industrie de défense pourraient compliquer la fourniture simultanée de l’aide nécessaire à Israël et à l’Ukraine.
Plus encore que le matériel, le soutien politique américain sera crucial. Les accusations d’exactions et violations du droit international à l’encontre d’Israël ne feront que s’intensifier à mesure que le conflit se durcit. Le drame de l’explosion à l’hôpital Al Ahli de Gaza, imputée par le Hamas à une frappe israélienne mais attribuée par le renseignement israélien et américain à un tir raté du Jihad islamique, illustre l’importance d’une communication transparente et rapide pour gérer ces crises.
Par ailleurs, la pression politique en faveur d’un cessez-le-feu va monter, bien avant l’atteinte des objectifs d’Israël, surtout si le conflit s’étend au Liban ou à d’autres fronts. Défendre le droit d’Israël à se défendre, comme l’a récemment fait la représentante américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, est indispensable pour conserver l’espace politique nécessaire aux opérations. Mais cela impliquera que Washington adhère pleinement à la stratégie israélienne, tant au nord qu’au sud, sans pour autant combattre à sa place.
Côté nord, les États-Unis doivent assouplir leur insistance à prévenir tout escalade israélienne. Leur objectif doit être de renforcer la capacité d’Israël à se défendre, non de la restreindre. Si la présence des porte-avions américains en Méditerranée devient un « frein » contraignant les actions israéliennes, elle pourrait affaiblir la dissuasion. Au contraire, ces moyens doivent faciliter la stratégie israélienne, soutenir la dissuasion vis-à-vis du Hezbollah et appuyer les opérations qui en découleraient. Les États-Unis doivent aussi concentrer leur présence dans le Golfe pour stopper les attaques iraniennes en cours et dissuader toute tentative d’élargissement du conflit.
En parallèle, les États-Unis devraient accompagner la recherche d’une solution politique durable à Gaza, avant même la fin des opérations terrestres, afin d’aider Israël à se retirer tout en empêchant le Hamas de se reconstituer. Cela pourrait nécessiter le concours de partenaires arabes responsables pour assurer financement, gouvernance et sécurité. Le succès de cette démarche dépendra directement de la trajectoire militaire d’Israël et de l’engagement politique américain.
Malgré le coup porté le 7 octobre aux processus de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, la logique stratégique de ce rapprochement demeure, et pourrait s’étendre à la résolution du dossier gazoui. Riyad, à l’instar de Washington, estime pouvoir mieux garantir la sécurité et la prospérité de ses citoyens face aux influences iraniennes, russes ou chinoises. Si Israël retrouve sa stature militaire régionale en montrant sa puissance et sa détermination à vaincre ses ennemis, et si les États-Unis étendent leur posture dissuasive pour protéger leurs partenaires du Golfe, ces derniers pourraient consentir à investir politiquement et financièrement pour stabiliser Gaza. Ils pourraient même considérer qu’un Gaza débarrassé du Hamas représente une opportunité pour concurrencer l’Iran dans le monde musulman. Le soutien des autres acteurs internationaux sera nécessaire, mais avec l’adhésion d’États arabes clés, il sera plus aisé de rallier des bailleurs de fonds à une nouvelle vision pour Gaza.
En fournissant une assistance militaire, politique et stratégique à Israël, les États-Unis contribueront à garantir que Jérusalem élabore une stratégie en mesure de faire face aux menaces au sud et au nord, réduisant ainsi les risques pour ce partenaire américain privilégié et renforçant la stabilité régionale.
Blaise Misztal est Vice-Président chargé des politiques au Jewish Institute for National Security of America (JINSA).