Six mois après avoir opéré en mer Méditerranée orientale pour intercepter des missiles balistiques iraniens, le destroyer lance-missiles USS Thomas Hudner est de retour en mer, cette fois dans les Caraïbes.
Arrivé dans la région en début de semaine, ce destroyer devient le dernier navire militaire américain déployé dans les Caraïbes ces quatre derniers mois, alors que la Marine américaine renforce sa présence navale dans cette zone stratégique. Selon le suivi des forces navales, il porte à douze le nombre de bâtiments de surface dans la région.
L’USS Thomas Hudner, un destroyer de classe Arleigh Burke spécialisé dans la défense antimissile balistique, a quitté la base navale de Mayport le 1er décembre. Ce navire affiche une solide expérience opérationnelle parmi ceux déployés dans cette flotte. En octobre 2023, il avait été envoyé en Méditerranée orientale au sein du groupe aéronaval du porte-avions Gerald R. Ford, l’un des deux groupes de porte-avions dépêchés d’urgence dans la région après le déclenchement du conflit Israël-Gaza.
Un mois plus tard, le Thomas Hudner était positionné en mer Rouge, figurant parmi les premiers bâtiments de la Marine américaine à intercepter et abattre des drones houthistes, alors que le mouvement yéménite intensifiait ses attaques contre des navires commerciaux dans cette zone. Le navire est retourné à son port d’attache en janvier 2024.
Préalablement, le destroyer avait déjà été déployé dans les Caraïbes plus tôt dans l’année, avant d’être envoyé en Méditerranée dans le cadre du renforcement américain face aux tensions entre l’Iran et Israël en juin. Ce mois-là, l’USS Thomas Hudner a participé à plusieurs engagements où il a intercepté des missiles lancés contre Israël. Lors de certaines de ces opérations, d’autres destroyers ont apporté leur appui, mais dans au moins une confrontation, le Thomas Hudner a été le seul bâtiment naval à intervenir, en coordination avec les défenses aériennes terrestres américaines, notamment les batteries de missiles Patriot, pour neutraliser les munitions iraniennes. Le commandant du navire, le Cmdr. David A. Cook, a souligné cette préparation alors que le navire quittait Mayport début décembre.
« Le Thomas Hudner est prêt au combat, et notre équipage est prêt à accomplir les missions assignées par la nation », a déclaré le Cmdr. Cook au moment du départ.
Plusieurs unités américaines opèrent actuellement dans la zone, dont le porte-avions USS Gerald R. Ford. En plus des bâtiments de surface, un navire mère de forces spéciales, le MV Ocean Trader, est présent dans la région. Un sous-marin d’attaque a également été signalé précédemment dans les Caraïbes. Par ailleurs, les États-Unis ont redéployé plusieurs avions de chasse et bombardiers dans la région, et la 22e unité expéditionnaire de Marines est embarquée à bord du groupe amphibie Iwo Jima, actuellement actif dans les Caraïbes.
L’arrivée de l’USS Thomas Hudner intervient la même semaine qu’une première frappe américaine depuis plus de deux semaines contre un bateau suspecté d’être impliqué dans le trafic de drogue. Cette attaque, menée le 4 décembre dans l’océan Pacifique oriental, a fait quatre victimes selon les responsables du Pentagone. Depuis le 2 septembre, les États-Unis ont mené 22 frappes aériennes contre des navires opérant dans l’océan Pacifique oriental et la mer des Caraïbes, accusés de transporter des stupéfiants, bien que peu de preuves formelles aient été rendues publiques. Ces opérations ont fait au moins 87 morts selon le département américain de la Défense.