Le gouvernement écossais a publié un document détaillant l’organisation de la défense et de la sécurité d’une Écosse indépendante, affirmant que la protection de sa population constitue « le premier devoir de tout gouvernement d’un pays indépendant ».
Ce rapport, intégré à la série A Fresh Start with Independence publiée le 8 octobre, propose trois piliers fondamentaux pour une future politique de défense : l’adhésion à l’OTAN, la participation à la Politique européenne de sécurité et de défense commune (PESDC), et la construction d’une « relation de défense et de sécurité collaborative et mutuellement bénéfique avec le Royaume-Uni ainsi qu’avec d’autres partenaires stratégiques ».
Le premier pilier affirme qu’une Écosse indépendante « chercherait à engager des discussions avec les dirigeants de l’OTAN dans l’objectif d’y adhérer le plus rapidement possible ». Le gouvernement écossais précise que l’indépendance signifierait un alignement sur « les principes de défense de l’OTAN », une contribution en forces conventionnelles aux opérations alliées, ainsi qu’un rôle dans la défense du stratégique « Greenland–Iceland–UK Gap ». Il s’engage également à soutenir les initiatives mondiales de non-prolifération et de désarmement dans le cadre de l’OTAN.
Le second pilier est centré sur l’adhésion à l’Union européenne. Le document indique que l’Écosse participerait pleinement à la PESDC, « rejoignant la famille des nations pleinement engagées dans le système international fondé sur des règles et le multilatéralisme ». Il souligne que les initiatives de défense de l’UE combinent des outils militaires et civils pour « relever ensemble des défis qu’aucun pays ne peut résoudre seul ».
Le troisième pilier vise la coopération avec les pays voisins, notamment le Royaume-Uni et l’Irlande. Le gouvernement met en avant la nécessité de cette collaboration en raison de la géographie, déclarant que « le partenariat de défense et de sécurité le plus durable d’une Écosse indépendante serait avec le Royaume-Uni et l’Irlande ». Il s’engage à établir « des mécanismes conjoints de préparation, de capacités et de partage du renseignement » dès l’adoption de l’indépendance afin d’assurer la sécurité durant la période de transition.
Une Écosse indépendante constituerait ses propres forces armées, comprenant des composantes terrestres, navales et aériennes, placées sous la responsabilité d’un Quartier général des forces conjointes. La structure et les capacités seront définies par une « revue complète de la défense et de la sécurité menée par des experts » prévue avant l’indépendance. Un nouvel organisme, l’Agence écossaise de sécurité et de renseignement, serait créé pour gérer le renseignement, la cybersécurité et la lutte antiterroriste, en coordination étroite avec la Police écossaise et des partenaires internationaux.
Concernant les armes nucléaires, le document est sans ambiguïté : « Les armes nucléaires n’auraient pas leur place dans une Écosse indépendante ». Le gouvernement affirme que le désarmement nucléaire deviendrait un devoir constitutionnel et qu’il négocierait « le retrait sûr et rapide » de l’arsenal nucléaire britannique présent sur le territoire écossais. Cette position, précise le rapport, ne constituerait pas un obstacle à une adhésion à l’OTAN, en rappelant que « seule une minorité des membres de l’OTAN hébergent des armes nucléaires » et que l’adhésion récente de la Finlande en 2023 démontre que ce n’est pas une condition obligatoire.