Le drone de combat furtif chinois CCA a été aperçu en vol aux côtés d’un appareil Y-8 : premières images inédites révélant une avancée majeure dans la technologie des drones furtifs. Ce développement rapide pourrait surpasser les concurrents occidentaux et un déploiement en série du CCA menacerait l’équilibre des forces dans la région. Ces images offriront prochainement une meilleure compréhension du potentiel opérationnel du drone.

Pour la première fois, une vidéo a émergé montrant ce qui semble être le drone de combat furtif de nouvelle génération chinois, surnommé officieusement CCA, volant en formation avec un avion de transport Y-8 ou Y-9.

Diffusée sur la plateforme chinoise Weibo et mise en lumière par l’analyste OSINT @RupprechtDeino, la séquence offre un aperçu rare d’un essai en vol actif, indiquant que la Chine pourrait entrer dans la phase de tests opérationnels de son programme de drone « loyal wingman ». Cette évolution traduit une volonté rapide de l’Armée de l’air chinoise (PLAAF) d’intégrer des systèmes sans pilote dans sa doctrine de combat future.

Drone de combat chinois CCA en vol avec un Y-8
Crédit photo : Weibo

Le CCA (Collaborative Combat Aircraft), comme il est appelé officieusement, représente une avancée audacieuse dans la modernisation de la PLAAF par l’intégration d’un drone de combat furtif. Conçu pour accompagner les escadrons d’avions pilotés, ce drone furtif est développé probablement par le Hongdu Aviation Industry Group, acteur majeur du secteur aérospatial chinois.

Il adopte une configuration ailes en flèche (flying-wing), optimisée pour réduire sa signature radar (RCS). Son design épuré, dépourvu de capteurs externes visibles, souligne son profil furtif élevé.

La fonction principale attendue du CCA est celle de « loyal wingman », un drone opérant en soutien des avions pilotés, fournissant des données tactiques et une conscience situationnelle renforcée. Les analystes estiment également que le CCA pourrait effectuer des missions de frappes profondes, notamment des opérations de suppression ou de destruction des défenses aériennes ennemies (SEAD/DEAD), en ciblant radars et systèmes de missiles anti-aériens.

Sa polyvalence renforce l’ambition chinoise d’intégrer le CCA dans des stratégies de combat complexes, décuplant la portée opérationnelle de la PLAAF. Ces premières images du drone volant aux côtés d’un Y-8 ou Y-9 témoignent des progrès rapides chinois dans le domaine des systèmes sans pilote et placent la Chine parmi les acteurs majeurs de la guerre aérienne nouvelle génération.

La vidéo, partagée par l’utilisateur Weibo @lyman2003, a suscité un vif intérêt dans la communauté de la défense. Elle montre le drone furtif opérant en formation serrée avec un avion de transport Y-8 ou Y-9, avion polyvalent de l’Armée de l’air chinoise très utilisé pour des missions de commandement ou de contrôle.

La présence du Y-8/Y-9, probablement utilisé comme plateforme de commandement, suggère une manœuvre de test visant à évaluer l’intégration opérationnelle du CCA avec des avions pilotés. Cette collaboration vise vraisemblablement à tester les capacités de communication, de partage de données en temps réel et de coordination tactique nécessaire à des opérations complexes.

Que cette diffusion soit volontaire ou non, elle reflète la confiance de la PLA dans le développement de son programme de drone collaborative. Les analystes y voient une accélération chinoise dans le développement de systèmes sans pilote contribuant à améliorer l’efficacité au combat, de la reconnaissance aux frappes de précision.

Le CCA pourrait devenir un élément essentiel du futur de la PLAAF en s’insérant dans un réseau de combat autonome intelligent, maximisant l’efficacité sur le champ de bataille par le biais de systèmes interconnectés.

Conçu comme une plateforme multi-rôle, le CCA serait capable de missions de suppression des défenses aériennes ennemies, de brouillage électronique et de reconnaissance. Son rôle pourrait aussi inclure celui de leurre pour détourner les tirs ennemis des avions pilotés, améliorant ainsi leur survie dans des environnements contestés.

Intégré à des plateformes comme le chasseur furtif J-20 ou les avions de commandement Y-8/Y-9 – comme l’illustre la récente vidéo – le CCA agit en véritable multiplicateur de force, offrant à la PLAAF une flexibilité tactique accrue.

Au niveau international, la comparaison avec les équivalents occidentaux est inévitable. L’Australien Boeing MQ-28 Ghost Bat, destiné à soutenir les chasseurs pilotés sous le programme Loyal Wingman, ou l’Américain XQ-58A Valkyrie de Kratos pour l’USAF, mettent en avant des drones à faible coût et réutilisables. Du côté russe, le drone lourd S-70 Okhotnik-B, piloté par le Su-57, s’inscrit dans la même logique de systèmes furtifs à longue portée.

Le CCA se distingue toutefois par un développement accéléré, vraisemblablement facilité par une production décentralisée à travers plusieurs installations chinoises. Ce modèle accélère la mise en service mais soulève des questions sur le niveau d’autonomie réelle du drone et sa fiabilité en conditions opérationnelles, aspects encore peu documentés publiquement.

La genèse du programme date au moins de 2022, avec des images satellites montrant un prototype, suivies en 2023 par un second exemplaire attestant la progression du projet. Bien qu’aucune désignation officielle n’ait été révélée, ce programme semble lié à l’initiative « J-XY » associée au développement du futur chasseur chinois de sixième génération, témoignant de son importance stratégique.

La récente vidéo avec le Y-8/Y-9 marque selon toute vraisemblance le passage à la phase de tests tactiques. Parmi les acteurs probables de la production, Hongdu Aviation Industry Group et Chengdu Aerospace Corporation apparaissent comme des candidats crédibles en raison de leur savoir-faire dans les drones et la furtivité.

Cette montée en puissance rapide traduit une importante enveloppe budgétaire et une volonté politique claire. Cependant, l’absence de données publiques pose encore de nombreuses questions sur l’ampleur du programme et les délais de déploiement.

Sur le plan tactique, l’association du CCA avec un appareil Y-8 ou Y-9 pourrait inaugurer une nouvelle approche du combat aérien, centrée sur un « système de systèmes » intégrant drones, chasseurs pilotés, satellites et stations au sol. Cette architecture pourrait permettre des frappes coordonnées et un partage instantané du renseignement, optimisant la réactivité des forces chinoises.

Une doctrine probable envisagerait des vols en formation de 2 à 4 CCA, dirigés par un J-20 ou un centre de contrôle terrestre. Ces unités seraient capables d’opérations de pénétration profonde dans les lignes ennemies et de suppression des défenses aériennes, assurant la supériorité aérienne lors de conflits dans des zones contestées comme le détroit de Taïwan ou la mer de Chine méridionale. Ce renforcement tactique pourrait modifier les équilibres régionaux et faciliter la projection de puissance chinoise au-delà de ses frontières.

La prochaine étape critique consistera à observer de nouvelles images ou fuites afin de mieux comprendre la configuration, les capacités et le rôle exacts du CCA. En poursuivant son développement discret, la Chine pourrait ainsi révolutionner la guerre aérienne sans pilote, dans un contexte où le contrôle de ces technologies devient un enjeu majeur de puissance globale.