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Un F-22 Raptor a pris le contrôle en vol du drone de combat MQ-20 Avenger lors d’essais avancés menés sur le Nevada Test and Training Range, démontrant ainsi les capacités de coopération homme-machine entre plateformes habitées et non habitées.

Le 21 octobre, General Atomics Aeronautical Systems (GA-ASI), Lockheed Martin et L3Harris ont réalisé une démonstration innovante au cours de laquelle le F-22 a commandé directement le MQ-20 Avenger. Deux radios définies par logiciel de L3Harris, connectées via des interfaces à architecture ouverte fournies par Lockheed Martin, ont permis cette interaction. Le pilote du F-22 a contrôlé le drone en temps réel grâce à une tablette Pilot Vehicle Interface intégrée dans le cockpit et connectée au module GRACE de l’appareil.

Selon GA-ASI, cet essai a validé un environnement de communication gouvernemental non propriétaire compatible avec les Open Mission Systems. Le matériel utilisé a été déployé, récupéré et réutilisé sur plusieurs événements, démontrant la robustesse et la modularité de la solution. Les industriels soulignent que cette phase s’inscrit dans une série de tests financés par l’industrie afin d’illustrer comment les plateformes habitées et non habitées peuvent partager les missions et les données de ciblage.

Le rôle stratégique du F-22 est ici confirmé. L’US Air Force envisage en effet ce chasseur comme un premier « contrôleur volant » capable de diriger les futurs Collaborative Combat Aircraft (CCA), avant l’arrivée des systèmes de sixième génération.

Le MQ-20 Avenger, un drone de combat à réaction, se distingue par son rôle croissant en tant que banc d’essais pour les capacités d’autonomie et de travail en équipe dans le domaine du combat. Développé en interne depuis longtemps par GA-ASI, il succède à la lignée des drones Predator en offrant des performances supérieures en termes de vitesse et de survie. Son premier vol remonte à 2009, puis une version à autonomie étendue a été testée à partir de 2016, révélant une endurance opérationnelle pouvant dépasser 20 heures. Sa motorisation à réaction lui permet de se repositionner rapidement, de mener des missions de surveillance sur de vastes zones et de réaliser des frappes sensibles au facteur temps, à des altitudes supérieures à 15 000 mètres.

Caractéristiques techniques du MQ-20 : propulsé par un turboréacteur Pratt & Whitney délivrant plus de 2 300 kg de poussée, il peut décoller depuis des pistes de moins de 1 500 mètres et atteindre des vitesses de l’ordre de 740 km/h (environ 400 nœuds). Son compartiment d’armement interne peut accueillir environ 1 360 kg de munitions ou de capteurs volumineux, tandis que ses points d’emport externes permettent d’ajouter des charges utiles complémentaires. Sa tuyère en forme de S et ses charges internes réduisent significativement ses signatures infrarouges et radar, améliorant ainsi sa survie dans des environnements aériens hostile et contestés.

Avec des systèmes de contrôle au sol, une avionique et des matériaux en partie communs avec le MQ-9 Reaper, le MQ-20 maintient des coûts d’exploitation maîtrisés tout en apportant un profil discret, propulsé par réaction. GA-ASI présente ce drone comme un complément idéal aux plateformes rares et très sollicitées, telles que les radars longue portée et les équipements de renseignement électromagnétique. Son architecture permet également de déployer d’autres systèmes non habités plus petits depuis des distances sécurisées.