Le général de corps d’armée James Rudd a été nommé à la tête de la National Security Agency (NSA) et du Cyber Command des États-Unis. Cette nomination suscite des avis partagés quant à l’adéquation de son profil avec les enjeux spécifiques du renseignement électronique et de la guerre informatique. Toutefois, son expérience opérationnelle et stratégique pourrait apporter une perspective nouvelle à ces deux entités clés de la défense américaine.

Le général Rudd ne vient pas du monde du renseignement ni du cyberespace, et ne possède pas d’expérience directe en renseignement d’origine électromagnétique (SIGINT) ou en opérations cyber. Dans un contexte où ces agences jouent un rôle essentiel dans la protection nationale, cette absence de spécialisation soulève des questions sur la priorité accordée par les États-Unis à leurs capacités de guerre de l’information.

Cependant, James Rudd bénéficie d’une solide expérience au sein du Joint Special Operations Command (JSOC) ainsi que dans le commandement indo-pacifique américain (PACOM). En tant qu’utilisateur final du renseignement, il comprend directement les attentes vis-à-vis de la production de ces agences et est conscient de la menace croissante dans la région Pacifique. De plus, en tant que général des forces spéciales de l’armée américaine (ARSOF), il pourrait mieux appréhender l’importance du volet « Cyber » au sein du triptyque très en vogue des opérations SOF-Cyber-Espace chez ses pairs.

Il est particulièrement attendu qu’il comprenne que les opérations dans le spectre électromagnétique (EMSO) constituent la véritable priorité, au-delà du simple terme à la mode « cyber ». On peut espérer qu’il saisisse également la nécessité de disposer des autorités et compétences adéquates pour mener à bien ces missions, et pourquoi il est pertinent de s’appuyer sur les spécialistes situés à Dover. En fait, dans le cadre des activités cyberélectromagnétiques (CEMA), les spécialistes de ce domaine ne nécessitent pas d’interventions superficielles, mais bien une intégration experte – à l’instar d’une allusion humoristique tirée du film Madagascar, où les manchots n’ont pas besoin de pouces car ils possèdent déjà leur propre expertise. Les forces spéciales gagneraient à renforcer leur présence dans ces spécialités au sein de leurs unités.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur le général Rudd, son parcours impressionnant témoigne d’une riche expérience opérationnelle et stratégique.