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Le Hezbollah a averti samedi qu’il n’aurait d’autre choix que de continuer à lutter après une frappe israélienne ayant tué huit de ses membres au Liban.

Le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, mais Israël affirme conserver le droit de se défendre en frappant ce groupe militant soutenu par l’Iran.

Vendredi, l’armée israélienne a annoncé avoir ciblé des centres de commandement du Hezbollah dans l’est du Liban ainsi que des objectifs liés au groupe palestinien Hamas dans le sud du pays.

Le Hezbollah a confirmé samedi la mort de huit de ses combattants, tandis que le ministère libanais de la Santé faisait état de dix morts dans l’est et de deux dans le sud.

Mahmud Qamati, un haut responsable du Hezbollah, a qualifié les événements de la veille dans la Bekaa de « nouveau massacre et nouvelle agression » lors d’un discours diffusé par la chaîne Al-Manar.

« Quelle autre option nous reste-t-il pour défendre notre peuple et notre pays ? Quel choix avons-nous d’autre que la résistance ? Nous n’en avons plus aucun. »

Le président libanais Joseph Aoun a également condamné ces attaques, survenues alors que son gouvernement vient d’annoncer le lancement de la deuxième phase de son plan de désarmement du Hezbollah dans le sud du pays.

Ces frappes interviennent dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et l’Iran, le président américain Donald Trump menaçant d’une action militaire liée au programme nucléaire iranien.

L’Iran soutient plusieurs groupes armés dans la région, dont le Hezbollah et le Hamas.

Dans la ville de Baalbek, à l’est du Liban, une cérémonie funéraire a réuni des centaines de personnes, brandissant des drapeaux du Hezbollah et scandant des slogans en soutien aux combattants, notamment le commandant Hussein Mohammad Yaghi.

Un responsable du Hezbollah, sous couvert d’anonymat, a indiqué à l’AFP que tous les huit membres tués participaient à une réunion dans la région de la Bekaa lorsqu’ils ont été frappés.

L’armée israélienne a précisé avoir visé « plusieurs terroristes du missile sol-sol du Hezbollah au sein de trois centres de commandement dans la région de Baalbek ».

Un correspondant de l’AFP dans l’est du Liban a constaté la présence d’un bulldozer dégageant des débris à Bednayel et un bâtiment lourdement endommagé entre Riyak et Ali al-Nahri, lieux où se tenait la réunion.

Selon le journaliste, les raids ciblaient des zones résidentielles.

Ces opérations surviennent quelques heures après une frappe israélienne visant le plus grand camp de réfugiés palestiniens au sud du Liban, faisant deux morts selon le ministère de la Santé. L’armée israélienne affirmait cibler le Hamas.

Dans un communiqué, le Hamas a condamné l’attaque, soulignant que le bâtiment visé appartenait à la force de sécurité conjointe chargée du maintien de la sécurité et de la stabilité dans le camp, entraînant des victimes civiles.

« Acte d’agression »

Israël maintient des frappes régulières au Liban malgré un cessez-le-feu instauré en novembre 2024 visant à mettre fin à plus d’un an d’hostilités avec le Hezbollah, ciblant majoritairement ce dernier, mais parfois aussi des militants du Hamas.

Le président Aoun a qualifié les attaques de vendredi de « flagrante agression visant à contrecarrer les efforts diplomatiques » menés par les États-Unis et d’autres pays pour établir la stabilité dans la région.

Washington fait partie d’un comité multinational chargé de superviser le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, dont la prochaine réunion est prévue la semaine prochaine.

Le député Hezbollah Rami Abu Hamdan a déclaré que le groupe « n’acceptera pas que les autorités se contentent d’être de simples analystes politiques, minimisant ces frappes israéliennes auxquelles nous sommes habitués avant chaque réunion du comité ».

Il a appelé Beyrouth à « suspendre les réunions du comité jusqu’à ce que l’ennemi cesse ses attaques ».

Le gouvernement libanais s’était engagé l’an dernier à désarmer le Hezbollah, l’armée ayant indiqué le mois dernier avoir achevé la première phase de ce plan dans la zone proche de la frontière israélienne.

Israël, qui accuse le Hezbollah de se réarmer depuis la guerre, juge ces progrès insuffisants.

Sur fond de tensions croissantes entre Washington et Téhéran, le chef du Hezbollah Naim Qassem avait averti le mois dernier que « toute attaque contre le soutien au groupe serait également une attaque contre les militants ».