Un nouvel élan est donné au secteur nucléaire en Écosse grâce au Scotland Nuclear Skills Hub, une initiative collaborative co-présidée par Babcock et Nuclear Restoration Services, visant à pérenniser et développer les compétences nécessaires pour les programmes nucléaires civils et de défense.
Ce hub réunit l’industrie, le monde académique, les organismes de formation et le gouvernement pour soutenir le Plan des compétences nucléaires sur dix ans au Royaume-Uni. Le secteur nucléaire en Écosse est un acteur économique majeur, employant environ 7 000 personnes sur la Central Belt, les Highlands et les îles.
L’événement organisé au Parlement écossais a rassemblé des députés, dirigeants industriels, universités, collèges et partenaires spécialisés dans les domaines STIM. Il a bénéficié du parrainage de Liam Kerr, secrétaire fantôme à l’énergie du parti conservateur écossais, qui souligne les fortes opportunités pour l’emploi hautement qualifié et bien rémunéré que représente le développement du secteur.
Debbie Joce, directrice des compétences chez Babcock et co-présidente du hub, insiste sur la nécessité de garantir une main-d’œuvre qualifiée pour maintenir la réussite actuelle et répondre aux besoins futurs. Mark Rouse, directeur du Nuclear Skills Plan, ajoute que ce partenariat contribue à créer des opportunités tout en soutenant la croissance économique locale.
Le bilan fourni dans la récente mise à jour parlementaire de la Defence Nuclear Enterprise montre une croissance importante : la main-d’œuvre civile et de défense nucléaire devrait atteindre plus de 100 000 personnes en 2025, dont environ 65 000 dans la défense d’ici 2030. Plus de 2 000 diplômés et 4 000 apprentis ont été recrutés en deux ans via ce plan ambitieux.
L’Écosse, avec des infrastructures telles que la base navale de Clyde (6 000 emplois environ) qui héberge notamment le service des sous-marins, représente un centre névralgique. Par ailleurs, le site de Rosyth s’active à la décontamination et au recyclage des sous-marins désaffectés.
Cependant, un rapport du Scottish Affairs Committee met en garde contre un déséquilibre entre les besoins en formation et les capacités actuelles, risquant de pénaliser les grands programmes à venir. Enfin, côté civil, la dimension politique est complexe car le gouvernement écossais s’oppose à la construction de nouvelles centrales nucléaires, même si le démantèlement des infrastructures, comme à Dounreay, reste une activité demandeuse de compétences spécialisées pour plusieurs décennies.
