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En mai 2025, un affrontement aérien bref mais intense a opposé la force aérienne pakistanaise dotée de chasseurs chinois Chengdu J-10C à l’aviation indienne dans les cieux contestés du Cachemire. Pakistan a revendiqué la destruction de plusieurs appareils indiens, dont des chasseurs Rafale de fabrication française, marquant une victoire remarquable pour le J-10C.

Ce succès a provoqué une hausse spectaculaire de plus de 40 % du cours en bourse de Chengdu Aircraft Corporation, le constructeur chinois de l’appareil. D’un coût d’environ 40 millions de dollars l’unité, le J-10C représente une alternative compétitive face aux chasseurs occidentaux plus onéreux, renforçant l’influence chinoise sur le marché mondial des armements.

Le conflit a éclaté après des frappes indiennes en réponse à une attaque militante qui avait causé la mort de 26 personnes dans la région du Cachemire administrée par l’Inde. Le Pakistan, ripostant par des frappes de drones et aériennes, a déployé ses avions J-10C. Selon le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar, ces avions ont abattu trois Rafale et d’autres appareils indiens.

Initialement démenties par l’Inde, les pertes ont ensuite été reconnues sous forme de « pertes au combat » sans plus de précisions. Un renseignement américain fait état d’une « grande confiance » que le J-10C ait abattu au moins deux avions, dont un Rafale.

Le J-10C, surnommé « Vigorous Dragon », est une pièce maîtresse de la modernisation de l’aviation chinoise. Ce chasseur monomoteur multirôle, construit par Chengdu Aircraft Corporation, est conçu pour rivaliser avec des modèles occidentaux tels que le F-16 américain ou le Rafale français. Il se distingue par sa configuration aile delta à canards favorisant la maniabilité et une polyvalence en combat aérien rapproché et en attaque au sol.

Son radar à antenne active (AESA) lui offre d’excellentes capacités de détection, tandis que des matériaux absorbants réduisent sa signature radar. Le J-10C est armé notamment du missile air-air PL-15, capable de frapper des cibles à 300 kilomètres à une vitesse supérieure à Mach 5, rivalisant avec l’Américain AIM-120 AMRAAM.

Pakistan, unique autre opérateur du J-10C, a commencé à recevoir ces appareils en 2022. Les avions utilisent le moteur WS-10B chinois, délivrant une poussée suffisante mais avec une durée de vie plus faible que les moteurs occidentaux. Pour contourner les restrictions à l’exportation des systèmes électroniques chinois, le Pakistan équipe ses J-10CE d’un radar italien Grifo-E AESA.

Cette première mise à l’épreuve du J-10C a surpris les analystes par son intégration efficace avec les systèmes pakistanais de détection et de commandement en vol, permettant des frappes à longue portée précises, notamment grâce au missile PL-15.

Sur le plan économique, la montée en puissance du J-10C a valu un bond considérable de la valeur boursière de Chengdu Aircraft Corporation, qui a gagné 7,6 milliards de dollars en capitalisation en quelques jours. Par contraste, l’action de Dassault Aviation, fabricant du Rafale, a temporairement chuté avant de se redresser modestement.

Pour les experts en relations internationales, ce succès offre la preuve tangible de la qualité croissante des armements chinois, désormais compétitifs face aux systèmes occidentaux, selon Yang Zi, chercheur associé à la S. Rajaratnam School of International Studies. Plusieurs pays du Sud global, comme l’Égypte ou l’Algérie, pourraient envisager l’acquisition de ce chasseur économique et performant.

La Chine tire profit de son projet « Belt and Road Initiative » pour promouvoir le J-10C auprès de clients potentiels à travers le monde, notamment en Amérique latine et en Asie centrale. Par exemple, la Colombie aurait reçu une offre pour l’achat de 24 J-10CE, en concurrence avec le chasseur suédois Gripen-E.

Le développement du J-10 remonte aux années 1980, porté par la volonté de la Chine de disposer d’un avion moderne remplaçant le vieux J-7, dérivé du MiG-21 soviétique. Malgré des difficultés techniques, notamment autour du moteur, le programme a bénéficié d’un transfert limité de technologies occidentales avant les sanctions post-Tiananmen 1989.

Le débat sur « l’inspiration » du J-10 par le projet israélien Lavi abandonné est minoritaire et discrédité par des experts comme Andreas Rupprecht. Le J-10C, en service depuis 2018, matérialise des décennies d’efforts en technologie aéronautique chinoise, dotée notamment du missile PL-15 et d’un moteur WS-10B amélioré.

Toutefois, l’engagement au Cachemire a aussi mis en lumière certaines zones d’ombre sur l’intégration des J-10C aux autres systèmes pakistanais de commandement et contrôle, notamment concernant la connectivité et la coordination des tirs.

Face au Rafale, dont l’armée de l’air indienne est équipée depuis 2020 avec des missiles de croisière SCALP et des munitions guidées HAMMER, le J-10C propose une alternative moins chère et techniquement crédible. Le Rafale reste cependant supérieur en termes de maintenance et d’électronique embarquée.

Les réseaux sociaux ont amplifié cette confrontation, avec une forte mobilisation pakistanaise célébrant la « victoire de David contre Goliath », malgré des soupçons de désinformation des deux côtés. Les médias d’État chinois, tels que le Global Times, ont exalté la réussite du J-10C comme un symbole de fierté nationale et un avertissement à Taïwan.

Après un pic atteint en bourse, l’action de Chengdu Aircraft Corporation a connu une correction affaiblie par la riposte indienne, notamment l’opération Sindoor menée contre des camps terroristes au Pakistan. Les valeurs boursières indiennes liées à la défense ont, quant à elles, progressé significativement.

Pour les observateurs comme Siemon Wezeman du SIPRI, cette confrontation confirme que les armes chinoises atteignent désormais le niveau technologique de leurs homologues occidentaux. Le Pakistan, qui s’approvisionne à 80 % en équipements militaires chinois, illustre cette dynamique stratégique.

Le missile PL-15, dont des exemplaires ont été récupérés en Inde après le conflit, valide sa vitesse Mach 5 et sa précision à longue portée, renforçant sa réputation. Des discussions, non confirmées officiellement, évoquent par ailleurs l’intérêt de l’Iran pour l’acquisition de 40 chasseurs J-10C.

Caractéristique Chengdu J-10C Lockheed Martin F-16 (Block 70/72) Dassault Rafale
Prix unitaire 40-50 millions $ (armes et support inclus) ~60 millions $ 100-120 millions $ (Rafale B), jusqu’à 244 millions $ avec support
Moteur WS-10B turbofan unique, 89,17 kN sec, 135-144 kN postcombustion Pratt & Whitney F100-PW-229 ou GE F110-GE-129, ~129 kN postcombustion Deux Snecma M88-2, 100 kN sec, 150 kN postcombustion
Rapport poussée/poids ~0,98 au poids combat ~1,0-1,1 selon moteur et cargaison ~1,1, avantage du bimoteur
Vitesse max Mach 2,0 (2 460 km/h) Mach 2,0 (2 414 km/h) Mach 1,8 (1 915 km/h)
Rayon d’action combat 1 850 km ~2 000 km avec réservoirs largables 1 850 km, extensible avec ravitaillement
Radar AESA chinois (KLJ-7A ou Grifo-E à l’export), ~1 000 modules T/R Northrop Grumman APG-83 SABR AESA Thales RBE2-AA AESA, avancé avec LPI
Guerre électronique Suite limitée, système de brouillage KG600 possible AN/ALQ-211 ou similaire Suite SPECTRA, détection 360°, brouillage supérieur
Armement PL-15 (>200 km), PL-10 (court rayon), 5 600 kg charge utile AIM-120D AMRAAM (180 km), AIM-9X, 7 700 kg charge utile MBDA Meteor (150+ km), MICA-IR, 9 500 kg charge utile
Maniabilité Configuration delta-canard, agile au corps à corps Haute agilité, éprouvé en combat rapproché Delta-canard, capacité supercroisière, supérieur en combat WVR
Expérience au combat Première utilisation confirmée en mai 2025, a abattu Rafale Utilisé en conflits multiples depuis les années 1980 Utilisé en Libye, Mali, Syrie, Afghanistan
Marché export Pakistan, potentiels Égypte et Ouzbékistan Plus de 25 pays, dont Égypte, Taïwan Inde, Égypte, Qatar, total 8 pays

Ce premier combat du J-10C rappelle l’impact à l’époque du F-15 Eagle après la guerre du Liban en 1982, qui avait provoqué une hausse rapide des commandes internationales. De même, la performance du J-10C pourrait redistribuer les cartes du marché mondial des chasseurs, aujourd’hui dominé par les États-Unis et l’Europe.

Avec un coût plus faible que le F-16 (environ 60 millions $) et nettement inférieur à celui du Rafale (hors support jusqu’à 244 millions $), le J-10C se présente comme une option intéressante pour des pays au budget contraint, sans renier sur l’essentiel des capacités de combat.

Le combat au Cachemire a également mis en lumière certaines faiblesses des plateformes occidentales. Le Rafale, malgré un radar et un armement sophistiqués, a souffert contre la portée exceptionnelle des missiles PL-15 du J-10C. Selon Mauro Gilli, chercheur à l’École polytechnique fédérale de Zurich, des erreurs tactiques indiennes pourraient avoir aggravé les pertes, mais la performance du chasseur chinois a surpris les spécialistes.

Un officier militaire européen a jugé « hautement improbable » que trois Rafale aient été abattus, tout en qualifiant crédible la perte d’un appareil, alimentant le débat sur la prétendue supériorité aérienne occidentale.

Le secteur de défense chinois fait face à un tournant décisif. Le succès du J-10C consacre des décennies d’investissements dans les moteurs WS-10, les radars AESA et les armements. Néanmoins, les limites du moteur WS-10B et les restrictions liées aux composants électroniques freinent encore son essor à l’export.

Pour contourner ces blocages, la Chine privilégie une offre intégrée incluant avions de détection et ravitailleurs, comme démontré lors d’exercices conjoints avec l’Égypte. Cette stratégie tend à renforcer son attractivité auprès des acheteurs internationaux.

Pour les États-Unis, l’essor du J-10C illustre un ordre mondial en mutation. Des groupes américains tels que Lockheed Martin, fabricant du F-35, voient arriver une concurrence accrue, notamment auprès des pays ne pouvant se permettre le chasseur furtif à 100–150 millions de dollars l’unité.

Le J-10C, sans furtivité avancée, se positionne toutefois comme un avion de 4,5 génération offrant un compromis efficace entre agilité et puissance de feu, séduisant ainsi les États aux contraintes budgétaires et politiques. Il accentue aussi les liens sino-pakistanais, un facteur à surveiller dans les relations internationales, notamment avec les États-Unis historiquement fournisseurs d’armement au Pakistan.

Ce succès du J-10C est aussi le reflet de la montée en puissance de la Chine dans la course aux armements mondiale. Passée d’une dépendance aux modèles soviétiques à la production de chasseurs modernes, la Chine démontre sa capacité à rivaliser sur le plan technologique grâce à des investissements ciblés et des partenariats stratégiques.

Le conflit au Cachemire, bien que limité dans le temps, souligne les enjeux forts de ce changement, attirant l’attention des marchés financiers, des planificateurs militaires et des décideurs politiques.

Alors que le cours de Chengdu évolue et que des pays comme la Colombie ou l’Égypte considèrent leurs options, une question demeure : la Chine parviendra-t-elle à maintenir cet élan et à bouleverser durablement le marché mondial de l’armement, ou les puissances occidentales regagneront-elles leur suprématie ? Pour l’instant, le « Vigorous Dragon » a rugi suffisamment fort pour s’imposer sur la scène internationale.