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L’Armée populaire de libération chinoise (APL) poursuit la modernisation de son avion de chasse furtif J-20 Mighty Dragon, notamment en augmentant sa capacité de missiles air-air et en intégrant de nouvelles technologies. Selon le dernier rapport du Pentagone sur les développements militaires chinois, ces évolutions s’inscrivent dans une stratégie plus large combinant avions habités et drones pour relever les défis des futurs conflits aériens.

Souvent présenté comme un adversaire direct du chasseur américain F-22 Raptor, le J-20, introduit récemment dans l’inventaire de l’APL, fait l’objet d’une modernisation constante visant à combler l’écart technologique avec son homologue américain. Le Rapport annuel au Congrès : Military and Security Developments Involving the People’s Republic of China souligne que l’Armée de l’air chinoise (PLAAF) planifie des améliorations notables, dont une capacité accrue à embarquer des missiles air-air tout en conservant son profil furtif, l’installation de moteurs à tuyères à poussée vectorielle, ainsi que l’intégration des moteurs indigènes WS-15 plus puissants permettant la supercroisière.

Le rapport détaille également la flotte aérienne chinoise, composée actuellement d’environ 3 150 appareils, dont environ 2 400 sont des avions de combat. La PLAAF et l’aviation de la marine chinoise (PLAN Aviation) représentent les forces aériennes les plus imposantes de la région et se classent au troisième rang mondial, avec une capacité affichée de projection stratégique sur de longues distances.

Parmi les avancées marquantes, la version biplace du J-20 est une première mondiale chez les avions de cinquième génération. Cette déclinaison, dont le premier vol date de novembre 2021, vise à renforcer la collecte et le traitement des données tactiques, notamment en coordonnant des drones autonomes. Selon Yang Wei, architecte en chef du J-20, ce modèle ne se limite pas à un rôle d’entraînement mais pourrait jouer un rôle clé dans la gestion d’essaims de drones « wingman », offrant une synergie offensive et de renseignement sans précédent.

Dans cette optique, la Chine a récemment dévoilé le drone ailier loyal FH-97, capable de mener des opérations de guerre électronique et d’opérations en essaim, rappelant le concept américain du XQ-58A Valkyrie. Cette approche homme-animal-machine s’inscrit dans une tendance globale développée aussi par les États-Unis, visant à augmenter l’efficacité des opérations aériennes par l’intégration d’aéronefs habités et non habités.

La modernisation des moteurs illustre aussi les progrès techniques de l’APL. Le WS-15, remplaçant du moteur WS-10C, offre une poussée supérieure et autorise la supercroisière sans postcombustion, ce qui augmente le rayon d’action et la vitesse du J-20. Ces capacités pourraient placer des bases américaines dans la région, telles que Guam, le Japon et la Corée du Sud, sous la menace du chasseur chinois.

Le rapport indique qu’en parallèle de ces améliorations motorisées, le J-20 devrait être équipé pour transporter davantage de missiles air-air, notamment le PL-15, équivalent chinois de l’AIM-120 AMRAAM. Les officiers américains reconnaissent une supériorité probable du PL-15 en portée, ce qui offrirait un avantage stratégique significatif au Premier Regard et au Premier Tir aux chasseurs chinois furtifs.

Face à cette montée en puissance, les États-Unis développent le missile AIM-260 Joint Advanced Tactical Missile (JATM), un système hautement classifié prévu pour contrer cette nouvelle menace, bien que ses délais opérationnels n’aient pas encore été précisés.

Au-delà du J-20, le rapport évoque également le développement du FC-31/J-31, un chasseur furtif plus compact destiné à la marine chinoise et à l’exportation. Utilisé sur les porte-avions de la PLAN, ce modèle, plus petit que le J-20, présente des similitudes avec le F-35 mais se distingue par un design évolué et deux moteurs, le rendant adapté aux opérations embarquées.

Depuis le premier vol du prototype J-20 en décembre 2010, la Chine accélère la production de ce chasseur de cinquième génération avec l’objectif, selon plusieurs analyses, de dépasser cette année le nombre total de F-22 en service dans l’USAF. Cette montée en puissance industrielle et technique inquiète particulièrement les spécialistes américains, dans un contexte géopolitique tendu où la menace d’un conflit autour de Taïwan demeure un sujet de préoccupation majeur.