Le Japon a exclu le constructeur naval local Kawasaki Heavy Industries des appels d’offres gouvernementaux après avoir confirmé une falsification de plusieurs décennies des données d’efficacité énergétique des moteurs de sous-marins utilisés par la Force maritime d’autodéfense japonaise (JMSDF).

Cette suspension, qui court jusqu’en mars 2026, fait suite à la révélation par Kawasaki Heavy qu’elle avait manipulé les données d’inspection de 66 moteurs de sous-marins fournis entre 1988 et 2021.

Le ministère japonais de la Défense a précisé que ces infractions n’avaient pas affecté la sécurité ni les performances opérationnelles des sous-marins, mais constituaient une violation grave des normes contractuelles.

« La société prend très au sérieux cette infraction et assure à toutes les parties prenantes qu’elle poursuivra des mesures de conformité claires et résolues afin de prévenir toute récidive », a déclaré Kawasaki.

Des fonds illicites

Cette décision s’accompagne de sanctions disciplinaires à l’encontre de 11 membres de la JMSDF impliqués dans une affaire connexe portant sur des cadeaux indus offerts par le fournisseur.

Le ministère de la Défense a indiqué que ces articles – consoles de jeux, sacs de golf, montres – avaient été achetés grâce à des « fonds occultes générés par des transactions fictives » liées à des contrats de réparation de sous-marins.

Trois marins en charge de la supervision des réparations et des fournitures ont été suspendus, tandis que huit sous-mariniers, en poste ou anciens, ont vu leur salaire réduit.

La valeur totale des biens concernés est estimée à environ 1,16 million de yens, soit près de 7 430 dollars.

Kawasaki Heavy Industries est un fournisseur majeur de moteurs de sous-marins pour la JMSDF et l’un des principaux contractants de la défense japonaise.

Le Japon exploite actuellement 25 sous-marins construits par Kawasaki, couvrant plusieurs séries, notamment les sous-marins d’attaque de la classe Taigei de nouvelle génération.